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Politique

Sommet de la Ligue arabe: le CIJ veut un mécanisme judiciaire crédible et indépendant face aux violations des droits de l'Homme

BEYROUTH | Le 29 mars 2019 à 13h57

Alors que les dirigeants s’apprêtent à se réunir pour le sommet de la Ligue des États arabes qui doit débuter le 31 mars à Tunis, la Commission internationale de juristes les a appelés à faire des droits de l'Homme, et de la responsabilité face à leurs violations, leur priorité numéro 1.

En particulier, la CIJ a exhorté le Sommet à prendre des mesures immédiates pour réviser le Statut de la Cour arabe des droits de l'homme conformément aux normes internationales pour que les victimes de violations des droits de l'homme dans la région puisse y accéder.

"Nous avons assisté à une flambée des violations flagrantes des droits de l'homme dans la région arabe, avec notamment des exécutions extrajudiciaires, des disparitions forcées, des détentions arbitraires, ainsi que des actes de torture et autres mauvais traitements," déclare dans un communiqué Said Benarbia, directeur du programme MENA de la CIJ.

"La région a cruellement besoin d'un mécanisme judiciaire crédible et indépendant pour que justice soit rendue des violations des droits de l'homme, dont la grande majorité ne sont actuellement pas réglées, » ajoute-t-il.

La CIJ a appelé les participants extérieurs à donner la priorité aux droits de l'homme dans leurs discussions avec les États membres de la Ligue lors du Sommet.

De nombreux États de la région assistent à des violations généralisées et systématiques, affirme le CIJ, donnant pour exemple l'Egypte et ses cas de torture, de disparitions forcées et de détentions arbitraires. Mais aussi l'Arabie saoudite, où ont lieu de fréquentes attaques contre des défenseurs des droits de l’homme et des journalistes (avec notamment le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khasshogi). Toute la région est marquée par le harcèlement judiciaire de défenseurs des droits des militants, souligne le CIJ, qui rappelle que les populations civiles ont été les plus touchées par les violations et les crimes perpétrés lors d'opérations militaires menées par des gouvernements et des groupes armés au Yémen, en Syrie et en Libye, ainsi que dans le contexte du conflit israélo-palestinien.

Les dirigeants internationaux ne doivent pas sombrer dans ce désastre ni se conformer aux agendas des États violant les droits de l’homme lors de ce sommet, qui va sans doute tenter de renforcer leurs régimes autoritaires au détriment des victimes, martèle Benarbia.

"Au contraire, ces dirigeants devraient exhorter les États membres de la Ligue arabe à garantir la responsabilité face aux violations des droits de l'homme dans la région, notamment en révisant puis en rendant opérationnel le Statut de la Cour arabe," dit-il.

La CIJ affirme aussi que le processus de révision ne devrait être mené qu'avec la participation d'un large éventail de parties prenantes, allant de la société civile aux juges, en passant par les universitaires, les associations du barreau et les victimes de violations.

Parmi les participants au sommet de la Ligue arabe, on attend notamment le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, la haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères et la sécurité, Federica Mogherini, le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat, mais aussi le secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique, Yousef bin Abdul Al- Othaimeen.

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