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Politique

Syrie: pourparlers intersyriens jusqu'à mi-décembre, situation humanitaire dramatique dans la Ghouta orientale

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 02 décembre 2017 à 19h35
L’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura. Photo ONU.

L'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, a annoncé jeudi soir lors d'un point presse que les pourparlers inter-syriens qui se déroulent à Genève continueront jusqu'au 15 décembre.

Les pourparlers, suspendus vendredi soir, reprendront mardi. Une pause qui doit permettre aux délégations du gouvernement et de l'opposition de consulter leurs bases respectives, selon l'ONU.

Devant les journalistes, M. de Mistura a qualifié de « professionnelle et sérieuse » l'atmosphère dans laquelle se déroule cette 8e série de pourparlers qui a débuté mercredi. L'Envoyé spécial a insisté aussi sur le fait que l'opposition et les représentants de Damas se sont rapprochés physiquement lors des consultations organisées jeudi dans l'enceinte de l'Office des Nations Unies à Genève.

Au Palais des Nations, les deux parties ont discuté avec l'émissaire de l'ONU dans deux salles séparées seulement de quelques mètres, M. de Mistura et son équipe faisant la navette entre ces deux pièces, pour s'entretenir avec la délégation de Damas dirigée par l'ambassadeur syrien à l'ONU, Bachar Jaafari, et l'opposition regroupée sous la Commission syrienne des négociations dirigée par Nasr Hariri.

« Aujourd'hui, nous avons eu pour la première fois une rencontre de proximité, parallèle, très proche, avec les deux parties », a expliqué le médiateur onusien. « Je suis toujours en faveur d'un contact personnel physique entre les interlocuteurs d'une négociation. Mais ce n'est pas ma priorité de voir si les deux côtés se saluent ou se parlent, mais plutôt si on peut obtenir d'un côté comme de l'autre des contacts du point de vue des sujets ».

Lors de ces entretiens, M. de Mistura a rappelé aux délégations de Damas et de l'opposition l'objectif de cette 8e série de pourparlers : la rédaction d'une nouvelle Constitution pour le pays et l'organisation d'élections sous l'égide de l'ONU. Deux questions qui font partie des quatre thématiques aux côtés de la question de la mise en place d'une « gouvernance crédible, inclusive et non-sectaire » et des discussions sur le terrorisme.

Au cours de ce nouveau cycle de pourparlers, l'ONU n'entend accepter de conditions préalables d'aucune des deux parties. « L'opinion est une chose et la précondition en est une autre », a déclaré M. de Mistura. « Nous ne demandons pas de conditions préalables même si à ce stade, rien n'est convenu tant que tout n'est pas convenu », a-t-il insisté.

Plus tôt dans la journée, l'équipe de l'Envoyé spécial avait indiqué que le « le moment est venu de faire de réels progrès en ce qui concerne le processus politique, dans l'intérêt du peuple syrien ». Mercredi, M. de Mistura, avait appelé les délégations à s'abstenir de faire des déclarations visant à « délégitimer » les autres parties. Une façon pour le médiateur onusien de souligner qu'il n'appréciait guère « les déclarations malvenues faites ces derniers jours » devant les caméras.

Urgence humanitaire dans la Ghouta orientale

Cette 8e série de pourparlers à Genève intervient alors que la situation humanitaire dans la Ghouta orientale est devenue dramatique. La situation dans cette région rebelle assiégée en périphérie de Damas a été évoqué dans le cadre des consultations de l'équipe de M. de Mistura avec le Groupe de travail sur l'accès humanitaire créé par le Groupe de soutien international à la Syrie.

A l'issue de ces consultations, Jan Egeland, Conseiller spécial de l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, a témoigné de la « frustration des organisations humanitaires en raison des difficultés d'accès dans certaines provinces syriennes » comme c'est le cas présentement dans la Ghouta orientale.

« Les combats ont pris fin cette année à Homs, Alep, Raqqa, ils pourraient prendre fin dans la région de Deir Ezzor, et elles se sont déplacées dans la Ghouta orientale, désormais dans l'œil du cyclone », a déclaré M. Egeland, lors d'un point de presse à Genève.

Plus de 400.000 personnes vivent dans les localités assiégées dans la Ghouta orientale. « Cette région est actuellement l'épicentre du conflit et est passée désormais au stade d'urgence humanitaire », a mis en garde le Conseiller spécial de l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie. « Les enfants souffrent de malnutrition sévère », a-t-il ajouté.

M. Egeland a appelé la communauté internationale à aider à organiser l'évacuation de 500 personnes, dont 167 enfants, de la Ghouta orientale. « Pas un seul n'a pu être évacué au cours des deux derniers mois. Pas un seul », a-t-il souligné, précisant que neuf d'entre eux sont décédés.

S'ils ne sont pas rapidement évacués, « beaucoup d'entre eux vont mourir, et nous n'avons toujours pas reçu de feu vert. Nous sommes convaincus que nous pouvons procéder aux évacuations si nous recevons le feu vert du gouvernement », a assuré le Conseiller spécial, précisant que les hôpitaux se tenaient prêts à recevoir les malades.

De façon générale, M. Egeland a insisté sur le fait que la moitié des habitants du pays seraient déracinés, avec 1,8 million de personnes déplacées depuis le début de l'année dont 440.000 rien qu'au mois d'octobre. « Actuellement, près de 7.000 personnes sont contraintes quotidiennement au déplacement », a-t-il conclu.

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