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Politique

Hariri de Riyad explique avoir démissionné pour provoquer un "choc positif", annonce son retour à Beyrouth "d’ici quelques jours"

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 13 novembre 2017 à 11h27

Le Premier ministre Saad Hariri a déclaré qu'il serait de retour au Liban d’ici quelques jours, expliquant qu'il avait démissionné pour provoquer un « choc positif »

Dans une interview en direct avec la journaliste Paula Yacoubian de la « Future TV », depuis sa résidence à Riyad, Hariri a ajouté qu'il pourrait retirer la démission si le Liban respecte pleinement la politique de distanciation et si les interférences dans les affaires régionales cessent.

Hariri a déclaré que sa priorité était le Liban et qu'il a prévenu tout le monde que ce qui se passe est dangereux pour le Liban, qui est soumis à des sanctions économiques et autres.

Il a mentionné l'intervention du Hezbollah et de l'Iran à Bahreïn et au Yémen et a déclaré que le Liban devrait respecter la politique de distanciation.

Il a ajouté: « Je suis fier de l’entente à laquelle nous sommes parvenus, et je veux qu'elle réussisse. Les partis politiques sont autorisés, mais sont-ils autorisés à jouer un rôle à l’étranger et à en faire porter le poids aux Libanais ? »

Commentant les informations selon lesquelles il serait retenu en otage ou assigné à résidence, il a dit que sa relation avec l'Arabie saoudite est excellente, que le roi Salman le considère comme un fils et que le prince héritier Mohammed Ben Salman le respecte.

Le Premier ministre Hariri a dit: « Je veux sauver le pays. Je ne me soucie pas de ma vie mais je me soucie du pays. Rafic Hariri est mort et il s’inquiétait pour le pays. Ma mission est de préserver le pays».

“J'ai prévenu plusieurs fois mais je n'ai eu aucune réponse”

Il a ajouté qu'aujourd'hui « le pays est assassiné et qu'il y a une menace pour ma sécurité, mais je veux protéger le Liban. Le Royaume d'Arabie saoudite aime le Liban mais il ne va pas aimer Beyrouth plus que Riyad. S'il y a un parti au Liban qui essaie d'entraver la stabilité du Golfe, les pays du Golfe vont-ils aimer Beyrouth? Il y a deux ou trois mois, une rumeur circulait concernant ma démission et je l'ai niée. J'ai démissionné maintenant et je retournerai bientôt au Liban et je prendrai les mesures constitutionnelles nécessaires pour officialiser ma démission ».

Il a dit: « Tous les Libanais veulent savoir ce qui se passe. Je sais que j'ai démissionné de manière inhabituelle, mais j'ai dû prendre quelques mesures afin de pouvoir rentrer au Liban ».

A la question de savoir s'il a lui-même rédigé sa démission, il a dit: « J'ai écrit la déclaration parce que je voulais provoquer un choc positif. Nous ne pouvons pas dire que nous appliquons la distanciation et en même temps voir un groupe interférer au Yémen, ou être entraîné vers des relations avec le régime syrien, ce que je ne ferai pas. J'ai prévenu plusieurs fois mais je n'ai eu aucune réponse. Au cours des deux dernières années, j'ai tout fait à mes dépens. Un danger menaçait le Liban et je voulais prendre des mesures supplémentaires et créer un choc positif ».

“Ces deux dernières années j’ai tout fait à mes dépens”

Interrogé quant à la disparition du danger, le Premier ministre Hariri a dit que la menace existe toujours: « Le régime syrien ne veut pas de moi. J'ai toujours tenu tête à Daech, Nosra et Al Qaïda, et nous avons affronté et sommes toujours confrontés à de grands défis avec le Hezbollah. Il y a beaucoup de partis qui ne veulent pas de Saad Hariri, c'est pour cela que je prends des mesures, je tisse un filet de sécurité, je revois ma sécurité. Tout le monde sait aussi que j'ai connu des difficultés financières et maintenant je suis en train de revoir les choses. J'augmente aussi ma sécurité et nous discutons avec la Branche des renseignements et des réunions auront lieu entre ma sécurité personnelle et l'armée lorsque je serai de retour au Liban.

Il a ajouté qu'il est libre dans le Royaume et pourrait partir demain s'il le voulait.

« Mon devoir est de protéger tous les Libanais mais je dois aussi me protéger et conserver les relations avec les Arabes. Je dis à toutes les parties libanaises que nous devons protéger le Liban et sa stabilité. La stabilité, la démocratie et la liberté du Liban sont importantes pour le roi et le prince héritier » a-t-il dit.

Interrogé sur les menaces de sanctions économiques contre le Liban, il a dit que « les menaces ne viennent pas du vide; il y a un groupe au Liban qui fait des choses. Quand l'Arabie Saoudite a-t-elle menacé le Liban? »

“Il y a une nouvelle Arabie saoudite”

Interrogé sur une « nouvelle Arabie saoudite », il a déclaré: « Bien sûr, il y a une nouvelle Arabie Saoudite aujourd'hui et la différence est qu'il y a des Saoudiens qui sont en train de mourir et que des reproches sont faites au Liban et à un groupe libanais. Les roquettes tombent sur les territoires saoudiens et je ne permettrai à personne de lancer des guerres régionales pour des calculs régionaux sur le Liban. J'ai une position claire concernant cette question ».

Interrogé sur des articles dans la presse israélienne affirmant que l'Arabie Saoudite pousse Israël à frapper le Liban, il a dit: « N'avons-nous pas appris les jeux israéliens? Soyons logiques, l'Arabie Saoudite a aidé le Liban pendant la guerre israélienne de 2006 contre le Liban. Il y a une nouvelle Arabie saoudite qui diffère de l'ancienne qui n'a pas souffert de l'ingérence iranienne dans ses affaires. Aujourd'hui, le problème est que l'Iran s'ingère dans les affaires arabes et l'Arabie saoudite a dit qu'elle voulait les meilleures relations avec l'Iran, mais qu'elle devait cesser de s'ingérer dans les pays arabes ».

Interrogé pour savoir s'il reviendra au pays pour présenter sa démission, il a dit: « Je vais retourner au pays parce que la maison Hariri réunit tous les Libanais. Je suis prêt à faire des sacrifices mais dans certaines conditions, les autres doivent aussi faire des sacrifices. J'ai perdu au niveau de ma popularité quand j'ai fait une première et une deuxième initiative. Quand je fais un compromis, je voudrais le préserver et nous devrions tous le préserver. L'intérêt du Liban est-il de saboter nos relations avec le monde entier ou de préserver ces relations? Si nous voulons la stabilité au Liban, nous devons préserver nos relations avec les pays arabes, occidentaux et asiatiques. C'est le B-A-BA de la politique et j'ai présenté ma démission pour tirer une sonnette d’alarme ».

Il a ajouté: « Mon point faible, ce sont les gens. Et je remercie tous ceux qui veulent que Saad Hariri revienne et nous devrions penser « Liban d'abord » ».

En ce qui concerne la relation avec le président Michel Aoun, le Premier ministre Hariri a expliqué que « le président Aoun respecte la constitution et il y a des questions constitutionnelles qui devraient être respectées et nous devrions tous respecter la loi et la constitution. Le président Aoun a raison de penser que je dois retourner au Liban et présenter ma démission. J'ai une excellente relation avec lui et j'en suis fier, et j'aurai une longue discussion avec le président lorsque je rentrerai au Liban. Nous devrions corriger les choses pour mettre en œuvre la politique de distanciation qui a été approuvée dans la déclaration ministérielle ».

Interrogé sur la manière dont ils obtiendront l'approbation du Hezbollah sur cette question, il a dit: « Le président peut jouer un rôle dans ce dossier et je peux aussi jouer un rôle mais nous devrions avoir un dialogue clair et honnête. Tout ce que je dis, c'est que je veux protéger les Libanais et je dis à ceux qui me demandent de revenir que je reviendrai parce qu'il y a de l'espoir que nous soyons ensemble ».

En réponse à une autre question, il a dit: « L'Arabie Saoudite n'a jamais interféré dans les affaires intérieures libanaises. Il y a eu de tentatives de placer le Liban dans des axes. N'est-ce pas Rohani qui a dit il y a quelques semaines que ce qui se passe au Liban, en Syrie, en Irak ou au Yémen découle d'une décision iranienne? Qu'est-ce que ça veut dire? Quant à ma rencontre avec Velayati, j'ai clairement parlé des interférences iraniennes inacceptables dans les pays arabes et que nous ne pouvons pas continuer alors que l'Iran et un parti politique interfèrent dans les pays arabes. Je dis au Hezbollah que nous soutenons son rôle politique. Il est dans notre intérêt de nous unir pour le bien du Liban. L'Arabie Saoudite aide le Liban économiquement et sur le plan humanitaire, mais qu'ont offert les autres au Yémen et à la Syrie?

Il a ajouté: « Le Liban a été libéré en 2000 et les Libanais étaient unis autour de la résistance et contre Israël, et quand Israël a attaqué le Liban en 2006, l'Arabie Saoudite nous a aidé et a toujours dit que l'intérêt du Liban devrait être une priorité et nous devrions mettre en œuvre la politique de distanciation. Nous sommes dans l'œil du cyclone, nous sommes face à Daech, Nosra, AlQaïda et le régime syrien… et nous voulons intervenir dans d'autres endroits? Pourquoi? »

Il a déclaré: « Le choc positif était dans l'intérêt du Liban et du peuple libanais. Il y a entre 300 et 400 000 Libanais qui vivent et travaillent dans le Golfe et d'autres qui vivent en Europe. Si nous nous plaçons dans des axes, qu'arrivera-t-il à ces Libanais? Je suis responsable d'eux en tant que Premier ministre ».

Il a réitéré son intention de retourner au Liban et de prendre toutes les mesures constitutionnelles concernant sa démission, puis d'entamer des négociations avec tous les partis politiques. Il a ajouté: « Afin de revenir sur la démission, nous devrions respecter la politique de distanciation et cesser d'interférer dans la région parce que le Liban ne peut pas se le permettre ».

Est-il candidat à la présidence du conseil des ministres ? « Nous avons des élections en mai », réitérant qu'il a présenté sa démission pour provoquer un choc positif dans le pays, et qu'il veut un dialogue positif pour l'intérêt de le peuple libanais et des Arabes.

Par ailleurs, Hariri a dit qu'il se trouve dans sa résidence depuis son arrivée à Riyad.

En ce qui concerne son voyage aux EAU, il a dit qu'il est allé expliquer sa position au Prince héritier cheikh Mohammed Ben Zayed. « C'était une rencontre fraternelle et une très bonne réunion ».

Interrogé sur son message aux Libanais, il a déclaré: "Mon message est que l'intérêt du Liban et sa stabilité devraient être la priorité. J’ai pris une telle mesure pour provoquer un choc positif, j'espère que les Libanais le comprendront. Je l'ai fait pour protéger le Liban. La politique de distanciation est fondamentale. Notre intérêt supérieur était menacé et je devais le protéger ».

Hariri a dit que sa relation avec le prince héritier Mohammed Ben Salman est excellente et enviée par ceux qui répandent des rumeurs à ce sujet. «Toutes nos réunions étaient excellentes et nous nous considérons comme des frères ».

Commentant le fait que sa démission ait coïncidé avec de grandes arrestations en Arabie saoudite, Hariri a refusé d'intervenir dans les « affaires intérieures saoudiennes », ajoutant que « nous devrions également arrêter les personnes corrompues au Liban ».

Il a nié avoir été interrogé en tant que témoin dans les affaires liées aux arrestations pour corruption, ajoutant qu'il n'avait rien à voir avec cela et que cela n'avait jamais été soulevé avec lui.

Interrogé sur les arrestations saoudiennes, il a répété qu'il s'agissait d'une affaire intérieure saoudienne: « Le prince Mohammed Ben Salman sait ce qu'il fait, le roi lutte contre la corruption, un comité a été formé et chacun a le droit de se défendre ».

Hariri a dit qu'il serait de retour au Liban d’ici deux ou trois jours pour poursuivre sa voie.

A propos du président Aoun, il a dit: « C’est un homme affectueux, la relation qui est née entre nous est fondée sur l'honnêteté et continuera. Je reviens, nous parlerons et nous nous mettrons d'accord sur l'intérêt du Liban, car je sais qu'il veut un Liban libre, indépendant et souverain, doté d'une économie prospère. Nous avions des différences mais nous sommes d'accord maintenant sur la plupart des choses et nous devons nous concentrer sur la politique de distanciation».

Interrogé sur le Courant du Futur, Hariri a dit: « C'est le courant de l'indépendance et du Liban d'abord. Je dis aux membres que je serai bientôt de retour et nous poursuivrons la voie ensemble ».

Hariri a remercié le Mufti Deriane pour les réunions qu'il a tenues et pour sa sagesse durant cette période, ajoutant que Dar el-Fatwa rassemble tous les Libanais.

Il a noté que le pays qui veut le plus la stabilité du Liban est l'Arabie Saoudite.

Pourquoi son ton dans l'interview est différent de celui de son discours de démission ? Hariri a dit qu'il y a une différence entre un discours et une interview, ajoutant que le but du discours était de provoquer un choc.

Au sujet des armes du Hezbollah, il a dit qu'il devrait y avoir un dialogue sur cette question, décidé par le président Aoun, qui devrait également discuter des interférences régionales du Hezbollah.

Il a salué l'ouverture saoudienne envers le Liban, en recevant des figures telles que le patriarche maronite Bechara Rai, ajoutant que certaines personnes parlent, mais le roi Salman et le prince Mohammed parlent et agissent en conséquence.

Il a rappelé que les sanctions saoudiennes contre le Hezbollah ont commencé seulement après son implication dans la guerre du Yémen.

Hariri a répété que l'intérêt du Liban est dans la politique de distanciation et la construction du Liban, ajoutant: « Vous avez probablement entendu parler du projet NEOM. Il y a deux semaines, j'ai eu une longue discussion avec le prince Mohammed qui était très enthousiaste parce que les Libanais ont l'expertise et peuvent faire partie de ce projet. Mais quand vous découvrez d'autres choses, vous vous retrouvez ailleurs ».

Comment appliquer la politique de distanciation alors que le Hezbollah reçoit un financement direct de l'Iran ? Hariri a dit: « À un moment donné, j'ai insisté pour avoir un dialogue avec le Hezbollah pour discuter de toutes les questions liées à l'intérêt du pays et nous avons pu atteindre la stabilité mais cela ne signifie pas que ces interférences extérieures sont dans l'intérêt du Liban. Je dis au Hezbollah que si nous voulons préserver le Liban, notre intérêt est d'arrêter de nous ingérer dans les affaires d'autres pays ».

Avec qui est-il en contact ? Hariri a dit: « Je parle avec des gens, mais je suis en période de méditation et je travaille beaucoup ».

Que va-t-il se passer après ce choc positif? Hariri a répondu: « Je reviens au Liban et nous recommençons à travailler. Mais il devrait y avoir une solution véritable et définitive avec le Hezbollah sur la question régionale. Ce choc était pour comprendre que nous avons des amis arabes que nous devrions garder. Vous me verrez à Beyrouth dans les prochains jours pour poursuivre cette voie, celle de Rafic Hariri ». 

En mars 2011, après la chute de son gouvernement provoquée par le Hezbollah, Saad Hariri avait quitté le Liban pour des raisons de sécurité, et s’était installé entre Paris et Riyad. Il n’était pas rentré à Beyrouth avant le mois d’août… 2014. 

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