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Politique

Controverse sur la naturalisation des réfugiés syriens au Liban: un "malentendu"?

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 25 septembre 2017 à 11h35
Le président libanais Michel Aoun avec son ministre des Affaires étrangères (et gendre) Gebran Bassil, à la 72e Assemblée générale de l'ONU le 19 septembre 2017. - Photo: DALATI & NOHRA

Le discours du président Trump à l’assemblée générale de l’ONU a déclenché de vives réactions dans la classe politique libanaise, qui a accusé le dirigeant américain d’émettre la possibilité à une naturalisation des réfugiés syriens au Liban.

Les naturalisations d'immigrés sont un sujet extrêmement sensible au Liban, qui a plusieurs fois au cours de son histoire été déstabilisé par des afflux de réfugiés sur son territoire. Le pays est petit, sa population est une mosaïque de confessions, le maintien de l’équilibre culturel et religieux est une obsession.

En 1994, un décret de naturalisation avait accordé la nationalité libanaise à environ 200 000 personnes, dont davantage de musulmans que de chrétiens, ce qui avait provoqué une profonde controverse.

Michel Aoun, dans son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, et dans plusieurs interviews accordées à la presse dans ce contexte, Michel Aoun a martelé de son côté que les réfugiés syriens au Liban (1,5 millions sur les quelque 4 millions d’habitants du pays) ne serait jamais naturalisés. 

Nous sommes revenus sur ces prises de position avec le politologue Julien Théron, spécialiste des conflits et enseignant à Sciences Po. Pour lui, dans ce cas précis, il s'agit d’une “incompréhension générale. Le président Trump fait allusion à une décision du G20 qui induirait un ‘resettlement’ de réfugiés et qui signifierait - selon lui - que les réfugiés doivent être ‘aussi près de leur pays d'origine que possible’. Or d'une part je ne vois pas vraiment à quelle décision du G20 mentionnant cette idée Donald Trump fait allusion, et d'autre part ce n'est pas du tout la définition que l'UNHCR donne du resettlement, à savoir le transfert d'un réfugié d'un premier pays d'accueil où il a cherché protection, à un pays tiers, généralement afin d'alléger la situation dans le premier pays. Ceci induirait plutôt l'inverse de ce que semble dire le président américain, c'est à dire un transfert des Syriens présents dans les pays du Moyen-Orient vers des pays tiers dans le monde, finalement plus éloignés de leur pays d'origine. Ce que conteste le président libanais, c'est encore autre chose, à savoir que les Syriens présents sur le territoire puissent être naturalisés par l'Etat libanais, ce que le président américain, me semble-t-il, ne dit aucunement dans cette histoire.”

Bref, pour cette fois, beaucoup de bruit pour rien? La question du retour des réfugiés en Syrie sera en tout cas abordée par le président Aoun lors de ses discussions avec les autorités françaises au cours de sa visite officielle à Paris, qui commence aujourd’hui.

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#RéfugiésSyriens, #Réfugiés_au_Liban
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