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Politique

Hassan Diab : sérieux doutes sur sa culpabilité dans l’attentat de la rue Copernic, les appels à sa libération se poursuivent

MONTREAL | iloubnan.info - Le 09 juillet 2017 à 22h51
Par Yves Loiseau
Des militants appellent à la libération d'Hassan Diab. Photo tirée du site http://www.justiceforhassandiab.org/

Le moins que l’on puisse dire c’est que les juges ont des doutes… Ils ont ordonné six fois la libération d’Hassan Diab avec assignation à résidence et bracelet électronique. Mais, au bout de quelques jours de liberté, le parquet et la cour d’appel de Paris ainsi que les représentants des victimes obtiennent à chaque fois qu’il retourne en prison. Détention provisoire…

C’était il y a 36 ans: le 3 octobre 1980, rue Copernic à Paris, quatre personnes sont tuées devant une synagogue. Des dizaines sont blessées. L’enquête part sur une piste d’extrême-droite avant de s’orienter vers un commando palestinien du FPLP-OP, dont un certain Hassan Diab serait le chef. La police italienne transmet le passeport d’un Palestinien, de nationalité libanaise et canadienne, dont elle s’est saisie à Rome. 17 ans après les faits, en 2007, des documents viennent d’Allemagne et confirment l’identité du commando ainsi que le nom de son chef. Le 13 novembre 2008, on arrête donc un homme du nom de Hassan Diab, à Gatineau au Québec. L’homme est professeur d’Université à Ottawa, au Canada. Il enseigne la sociologie et il a acquis son diplôme aux Etats-Unis, à l’université de Syracuse. Il a la double nationalité libanaise et canadienne. Il est marié et père de deux jeunes enfants. Une enquête diligentée par la justice canadienne commence à Ottawa. Très vite, on se rend compte que les déclarations du professeur ne correspondent pas avec les pistes de la justice française. Il apparait que le professeur d’université n’a rien d’un dangereux terroriste comme en témoignent des dizaines de confrères aux Etats-Unis et au Canada. L’emploi du temps qu’il dit être le sien ne correspond pas du tout non plus avec celui qu’ont esquissé les juges anti-terroristes français. Pourtant, à la demande insistante de la France, il est extradé en novembre 2014.

Il y a bien des charges dans le dossier. D’abord des témoignages qui « reconnaissent » le poseur de bombe dans celui qui est arrêté au Canada. D’autres témoignent que Hassan Diab était bien, au Liban déjà, membre du FPLP avant de vouloir « changer de vie ». La pièce la plus lourde est bien évidemment le passeport transmis par les Italiens.

Hassan Diab a toujours nié toute implication dans cet attentat ou toute activité terroriste.

Au fur et à mesures des auditions, en France, et des nouvelles convocations qui en découlent, les juges acquièrent la quasi certitude -pour ne pas dire plus- que la personne qui se trouve devant eux était bien à Beyrouth au moment des faits et ne pouvait donc pas se trouver à Paris lors de l’attentat. Son ex-femme et six autres personnes affirment que « oui, Hassan Diab était bien à Beyrouth au moment de l’attentat. ». Et puis, on découvre que Hassan Diab a déclaré la perte de son passeport aux autorités libanaises six mois avant Copernic, document qui a été remplacé en avril 1981 par ces mêmes autorités. « Ces éléments permettent sérieusement de douter… qu’il soit le poseur de la bombe » relève le juge d’instruction.

Alors, du coup, ici au Canada, on s’énerve…

L’avocat canadien de Hassan Diab parle de son client comme d’un « prisonnier politique ». Il évoque l’Affaire Dreyfus pour préciser que Hassan Diab, « musulman, est un bouc émissaire. Il est le Dreyfus de 2017 ».

Le journal « La Presse » a délégué une de ses meilleurs journalistes pour parler de l’affaire. Amnesty International mobilise ses troupes: l'organisation a tenu le 21 juin une conférence de presse lors de laquelle elle estime que la France, en maintenant Hassan Diab en détention, agit en violation des droits de l'Homme. Amnesty a écrit à la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrysthia Freeland, pour exprimer son inquiétude « sur un refus persistant et en apparence arbitraire » de libérer sous caution le Canadien. L’Association canadienne des professeures et professeurs d’université -70000 membres- ont exigé sa mise en liberté sous caution.

Le porte parole des Affaires mondiales du Canada affirme: « Le gouvernement du Canada suit de très près le déroulement » de cette affaire. «Ottawa Citizen », un autre quotidien local, lui répond: « Le Canada peut faire mieux que de maintenir ce silence gêné… Dans les pays démocratiques, nous ne gardons pas les gens indéfiniment en prison sans procès ».

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#Canada, #France
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1 Commentaires
houari
12 juillet 2017 à 20h10
Chaque jour la liberté est grignotée en France au nom de la lutte antiterroriste. Nous assistons à une remise en cause de toutes les libertés à cause de quelques personnes violentes. C'est de la folie ! Les terroristes ont gagné ! Car c'est leur objectif : Mettre à terre notre système démocratique.
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