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Politique

Véto russe à une résolution de l'ONU contre le Damas suite à l'attaque chimique de Khan Cheikhoun

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 13 avril 2017 à 08h15
Le conseil de sécurité de l'ONU le 12 avril. Photo ONU/Manuel Elias

Le Conseil de sécurité de l'ONU a rejeté mercredi un projet de résolution présenté par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni réclamant une enquête sur l'attaque chimique  de Khan Cheikhoun, en Syrie, en raison du veto de la Russie, membre permanent du Conseil.

Le projet de résolution a reçu 10 votes pour, deux votes contre (Russie et Bolivie) et trois abstentions (Chine, Ethiopie et Kazakhstan).

Ce véto russe intervient après l'initiative américaine de frapper la semaine dernière l'infrastructure aérienne du régime de Bachar el Assad en représaille après l'attaque chimique (que certaines institutions en occident persistent à qualifier de "présumée").

Lors d'un exposé devant le Conseil de sécurité le 7 avril, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires politiques, Jeffrey Feltman, a indiqué que le 4 avril des informations inquiétantes ont fait état d'une attaque chimique présumée, à proximité de Khan Cheikhoun, dans le gouvernorat d'Idlib, lancé selon certaines sources par voie aérienne. L'attaque a apparemment causé la mort de 86 personnes et fait plus de 300 blessés.

Vendredi 7 avril, deux navires de guerre américains déployés en mer de la Méditerranée orientale ont lancé un total de 59 missiles de croisière contre la base aérienne militaire d'Al-Shayrat, située dans le gouvernorat de Homs. Les États-Unis ont déclaré que c'était en réaction à l'attaque chimique, dans la mesure où le gouvernement syrien aurait utilisé des armes chimiques à partir de cette base aérienne.

Les pourparlers de Genève restent d'actualité, selon Staffan de Mistura

Intervenant plus tôt mercredi matin devant le Conseil de sécurité de l'ONU, l'Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, a déclaré de son côté que les pourparlers de paix à Genève restaient d'actualité et a dit espérer qu'ils débouchent un jour sur des négociations réelles.

M. de Mistura a souligné la nécessité d'un consensus entre les parties en vue d'appuyer le processus politique de transition en Syrie. Il a indiqué que le cinquième cycle de négociations à Genève, qui a eu lieu du 23 au 31 mars, avait été marqué par des progrès « objectifs », même s'il n'y a pas eu de « percée ».

Les discussions, qui ont abordé le fond du dossier syrien, se sont déroulées dans un climat satisfaisant, a-t-il noté. Il a ajouté que tous les acteurs avaient convenu de participer au sixième cycle et précisé que les quatre questions – gouvernance, questions constitutionnelles, élections, lutte antiterroriste et sécurité - avaient été abordées en vue de préserver l'indépendance et l'intégrité de la Syrie.

M. de Mistura a jugé nécessaire que la base de la transition en Syrie soit constitutionnellement solide, notant qu'il y a eu à Genève un approfondissement des discussions à ce sujet.

Ces progrès « fragiles » ont néanmoins été supplantés par l'intensification des combats et un accès humanitaire toujours entravé, a-t-il regretté. Il a lancé un appel aux garants du processus d'Astana pour qu'ils rétablissent la crédibilité du cessez-le-feu.

Les déclarations politiques faites après les pourparlers de Genève sont préoccupantes, a affirmé l'Envoyé spécial, en mentionnant l'intention du gouvernement syrien de reconquérir tout le territoire syrien plutôt que de se concentrer sur le cessez-le-feu et un processus négocié. Certaines voix de l'opposition ont également mis l'accent sur des reconquêtes militaires et mis en doute les pourparlers de Genève, a alerté M. de Mistura.

L'Envoyé spécial a dénoncé les « horreurs » causées par l'utilisation d'armes chimiques à Idlib la semaine dernière et il a mentionné les 59 missiles Tomahawk lancés par les Etats-Unis contre une base militaire syrienne en représailles. Il a appelé à la retenue et souligné l'importance d'une stratégie et d'une certaine « imagination » pour trouver une solution politique en Syrie.

Ceux qui ne veulent pas d'une solution négociée, les fauteurs de troubles comme nous les appelons, veulent que nous tombions dans leur piège, a-t-il mis en garde. Il a espéré le dépassement de la phase préparatoire pour aller au cœur des négociations en vue d'une transition négociée. « Je reste à mon poste et prêt à convoquer de nouveaux pourparlers en mai », a-t-il dit

M. de Mistura s'est félicité, « à un moment aussi critique », des contacts diplomatiques de haut-niveau entre les Etats-Unis et la Fédération de Russie, dont la visite du Secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson à Moscou. Ces deux pays ont de profonds différends mais aussi des responsabilités et des intérêts communs, a-t-il déclaré.

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#Russie, #Syrie
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