iloubnan.info
( Publicité )
Politique

Budget de l'Etat: à Beyrouth, les manifestants demandent la fin du gaspillage et de la corruption

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 19 mars 2017 à 20h25
Une photo de la manifestation, circulant sur les réseaux sociaux. Crédit: Hanna Saleh.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblés dimanche Place Riyad Solh, dans le Centre-ville de Beyrouth, afin de protester contre l'imposition de nouvelles taxes sur les classes populaires.

Les manifestants, notamment des activistes de la société civile et les représentants de syndicats et de contractuels dans l'administration publique, sont venus exprimer leur refus de voir la grille des salaires financée "de la poche des pauvres", et appeler au contraire à assurer le niveau de cette nouvelle grille en stoppant "le gaspillage des fonds publics".

Le Premier ministre Saad Hariri s'est rendu place Riyad el Solh : "Il est vrai qu'il y a du gaspillage de l'argent public et de la corruption dans le pays," a-t-il dit aux manifestants, "et je voulais venir ici pour vous dire que nous allons y mettre fin et nous continuerons le chemin avec vous. Nous sommes venus par la confiance du peuple et nous continuerons nos efforts pour mettre fin au gaspillage et à la corruption."

Vendredi soir, à la fin de la réunion du cabinet au Grand Sérail, il avait justifié une hausse des taxes pour financer le budget. "Notre situation financière n'est pas bonne. Nous avons des problèmes sociaux et financiers et une dette énorme. Toutes ces questions devraient être résolues et quand nous voulons augmenter les dépenses dans le pays, en particulier pour la grille des salaires, il devrait y avoir des réformes et des augmentations des taxes", avait-il affirmé.

Mais pour certains analystes, le vote de nouvelles taxes pour financer le budget n'est pas la bonne solution. Dans une interview accordée au quotidien francophone L’Orient le Jour cette semaine, le politologue Sami Nader, tout en reconnaissant que le budget de l'État ne peut supporter un déficit supplémentaire, a estimé qu’au lieu d’imposer de nouvelles taxes, "il aurait fallu réfléchir autrement, voir par quels moyens accroître l'économie et assurer des rentrées pour couvrir les dépenses. (…) La logique aurait voulu qu'un programme clair et une vision économique précèdent la discussion autour du budget. (…) Il aurait mieux valu réfléchir aux moyens de couper les dépenses là où cela est possible, mettre fin à la dilapidation des fonds là où elle a lieu", avait-il souligné, citant à titre d'exemple, le secteur de l'électricité, "qui nous coûte deux milliards de dollars par an sans aucun résultat probant". Exprimant probablement dans cette interview le sentiment de nombreux citoyens, il ajoute dans les colonnes du quotidien: "Quand un gouvernement fait de la lutte contre la corruption l'un de ses grands objectifs (…) on aurait pensé que le vote du budget serait une parfaite occasion pour prouver ses bonnes intentions, au lieu de prendre des mesures qui auront un impact énorme sur les plans économique et social."

Au cours de la manifestation de dimanche, des heurts, attribués notamment à des casseurs, ont eu lieu avec les forces de l’ordre.  Deux personnes ont été blessées.

Après la fin de la manifestation, le Premier ministre Hariri s'est exprimé sur Twitter, comme c’est l’usage désormais chez de nombreux politiques. En moins de 140 caractères, il a appelé les manifestants à "former une commission qui soumette leurs revendications au gouvernement", afin de les discuter dans un esprit d'ouverture.

Tags
#Société_civile, #Société_civile_libanaise
Donnez votre opinion
1 Commentaires
houari
21 mars 2017 à 02h33
Hariri et Aoun sont vos plus précieux combattants.
Ils ont besoin de votre confiance. Ils ont besoin de votre courage. Ils ont besoin de vous tous. Pour réussir leur mission.
Vous ne savez pas à quel point que leur vie est fragile. Ils la donneront sans états d'âme pour le peuple libanais.
Protégez les ! Le devenir du Liban est entre vos mains.
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
                        
© COPYRIGHT 2017 Par Proximity Agency