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Politique

Une commission d'enquête internationale confirme des "crimes de guerre" à Alep

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 02 mars 2017 à 12h03
Un enfant à Alep. Photo: OCHA

Les frappes aériennes sur la partie est de la ville d'Alep ont délibérément visé des hôpitaux et des convois humanitaires et constituent des crimes de guerre, révèle un rapport de la Commission internationale indépendante d'enquête sur la Syrie publié mercredi, dénonçant également les attaques aveugles des groupes armés qui ont terrorisé les civils.

Le rapport s’appuie sur 291 entretiens, menés notamment avec des résidents de la ville, ainsi que sur l'examen d'images satellitaires, de photographies, de vidéos et de dossiers médicaux.

La Commission d'enquête a ainsi documenté au quotidien les attaques aériennes syriennes et russes qui ont frappé sans relâche la partie est d'Alep pendant des mois. Le rapport note que les attaques ont détruit des infrastructures civiles vitales ciblant délibérément des hôpitaux et des cliniques. Les conséquences de ces frappes furent désastreuses pour les civils, tuant et mutilant nombre d'entre eux et réduisant la partie orientale d'Alep à l'état de décombres.

Le rapport indique également que les forces gouvernementales et leurs alliés ont empêché la population civile de la partie est d'Alep d'avoir accès à la nourriture et aux fournitures de base, utilisant ainsi des tactiques brutales de siège pour forcer les redditions rappelant les guerres médiévales.

Lorsque les forces progouvernementales sur le terrain ont pris le contrôle de l'est d'Alep à la fin novembre 2016, il ne restait plus d'hôpitaux fonctionnels ni d'autres installations médicales. Le ciblage intentionnel de ces installations médicales équivaut à des crimes de guerre, a conclu la Commission mandaté par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies.

Dans son rapport, la commission constate également que des groupes armés ont bombardé indistinctement des zones habitées avec des armes improvisées, causant de nombreuses victimes civiles. Un certain nombre de ces attaques ont été menées sans objectif militaire clair et n'ont eu d'autre but que de terroriser la population civile.

"La violence à Alep documentée dans notre rapport devrait amener la communauté internationale à se concentrer sur le mépris continu, cynique des lois de la guerre par les parties belligérantes en Syrie", a déclaré le président de la Commission, Paulo Pinheiro. "Le ciblage délibéré de civils a entraîné la perte immense de vies humaines, y compris celles de centaines d'enfants".

Cibler délibérément des travailleurs humanitaires équivaut à des crimes de guerre

Dans l'une des attaques sur laquelle la Commission a enquêté, l'armée de l'air syrienne a délibérément ciblé un convoi humanitaire des Nations Unies et du Croissant-Rouge arabe syrien à Orum al-Kubra, dans la partie rurale d'Alep. L'attaque a tué 14 travailleurs humanitaires, détruit 17 camions transportant de l'aide et mené à la suspension de toute l'aide humanitaire en Syrie, aggravant encore les souffrances indescriptibles des civils syriens.

"En aucun cas, les travailleurs humanitaires ne peuvent être ciblés", a déclaré la membre de la Commission, Carla del Ponte. "Une attaque délibérée contre eux comme celle qui a eu lieu à Orum al-Kubra équivaut à des crimes de guerre et les responsables doivent rendre compte de leurs actes".

Les bombardements répétés ont détruit des écoles, des orphelinats, des marchés et des maisons rendant la vie civile impossible et provoquant la capitulation. Le rapport souligne en outre que les avions syriens ont utilisé du chlore - un agent chimique interdit par le droit international - contre la population civile de l'est d'Alep, causant d'importants dommages physiques et psychologiques à des centaines de civils.

Alors que la prise de la partie est d'Alep par les forces pro-gouvernementales devenait imminente, toutes les parties ont continué à commettre des violations brutales et généralisées, précise le rapport.

Dans certains districts, des groupes armés ont tiré sur des civils pour les empêcher de partir, les utilisant efficacement comme boucliers humains. Les forces pro-gouvernementales sur le terrain, composées pour la plupart de milices syriennes et étrangères, ont exécuté des combattants hors de combat, des partisans soupçonnés d'appartenir à l'opposition, y compris des membres des familles des combattants. D'autres personnes ont été arrêtées et leur sort demeure inconnu.

Utilisation des populations civiles comme monnaie d'échange politique

Le rapport note également que l'accord sur l'évacuation de la partie est d'Alep a obligé des milliers de civils - malgré un manque de nécessité militaire ou de déférence au choix des individus touchés - de se déplacer à l'ouest de la ville contrôlée par le gouvernement tandis que d'autres ont été transportés à Idlib où ils vivent à nouveau sous les bombardements.

Dans la ligne des précédents de Moadamyia et de Darayya, cet accord confirme la regrettable utilisation des populations civiles comme monnaie d'échange à des fins politiques par les parties au conflit en Syrie.

"Certains de ces accords équivalent à des déplacements forcés", a déclaré la membre de la Commission, Karen AbuZayd. "Il est impératif que les parties s'abstiennent d'accords futurs semblables et fournissent les conditions pour le retour en toute sécurité de ceux qui souhaitent rentrer chez eux à l'est d'Alep".

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#Alep, #Syrie
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