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Politique

La délégation de l'opposition armée à Astana: "Nous ne sommes pas venus ici pour partager le pouvoir avec Assad"

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 24 janvier 2017 à 10h47
Issam al Reis, porte-parole de l'Armée syrienne libre (Front sud), lors d'une interview sur Orient TV (capture d'écran).

"La violence a chuté en Syrie, mais elle n'a pas encore cessé complètement", a noté l'Envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, dans un discours devant les participants de la réunion d'Astana au Kazakhstan qui s’est ouverte lundi.

Cette réunion inédite, qui réunit les représentants du régime et de l’opposition, y compris de l’opposition armée, fait suite au cessez-le-feu décrété fin décembre 2016 suite à une initiative conjointe de la Russie, de l'Iran et de la Turquie.

"Nous avons constaté récemment des exemples de fortes tensions en de nombreux endroits, en particulier à Wadi Barada, mettant en péril l'accès à l'eau des résidents de Damas et des régions voisines". La région de Wadi Barada, où se trouve une source d'eau essentielle à l'approvisionnement de Damas notamment, a en effet été prise pour cible par des combattants du Hezbollah, groupe armé allié du régime d'Assad.

C'est dans ce contexte que Staffan de Mistura a affirmé que les chances de succès du cessez-le-feu "seront plus grandes si les parties présentes ici sont en mesure de s'entendre sur un mécanisme pour superviser et mettre en œuvre le cessez-le-feu à l'échelle nationale".

"La consolidation du cessez-le-feu permettra également aux Syriens et à la communauté internationale d'accroître leur efficacité dans leur lutte contre les groupes désignés comme terroristes par le Conseil de sécurité", a ajouté M. de Mistura. "Si Astana réussit, les Syriens réussissent, et les Nations Unies auront une meilleure chance de relancer des négociations inter-syriennes efficaces à Genève".

L'Envoyé spécial de l'ONU a précisé qu'il avait l'intention de "convoquer aussitôt que possible des négociations inter-syriennes formelles - et si possible, directes - à Genève sur une solution politique". "Je veux le faire dès que possible en février", a-t-il ajouté.

"J'aimerais que ces négociations se concentrent sur un programme sérieux fondé sur la résolution 2254 (du Conseil de sécurité) : la gouvernance, la Constitution, les élections font toutes parties d'un tel ordre du jour", a déclaré M. de Mistura.

"Nous devons donc souhaiter qu'Astana consolide la cessation des hostilités, et nous devons utiliser Genève pour une véritable relance des négociations politiques afin d'aborder les questions fondamentales du conflit", a-t-il dit.

De son côté, la Coalition Nationale Syrienne a rappellé que tout accord visant à consolider le cessez-le-feu devait couvrir l'ensemble du territoire syrien, à l'exception des zones contrôlées par le groupe extrémiste Etat Islamique.

Mouaffaq Nirabiya, membre de l'Organe politique de la Coalition, a déclaré lors de la réunion que la délégation représentant l'Opposition armée Astana refusait "fermement que l'Iran soit considéré comme un garant d'un accord en Syrie". La délégation a souligné que les pourparlers doivent se concentrer exclusivement sur la consolidation du cessez-le-feu sans discuter de la voie politique, a-t-il précisé lundi. Il a également dénoncé le ciblage des civils, quelle qu'en soit la raison, rappelant qu'il s'agit là d'un crime de guerre selon le droit international et le droit international humanitaire.

Mohammad Alloush, Chef de la délégation de l'Opposition armée à la réunion d'Astana, a déclaré lors de la séance d'ouverture de la réunion que le processus politique en Syrie doit commencer par le départ de Bachar el Assad et de son entourage, ainsi que le retrait de Syrie de toutes les milices étrangères soutenues par l'Iran. "Nous ne sommes pas venus ici pour partager le pouvoir avec Assad", a-t-il martelé.

Dans une vidéo de la télévision Orient, le porte-parole officiel de l'armée syrienne libre (front du sud), Issam Al Reis, a estimé que le régime voulait que "les pourparlers échouent pour que continue le bain de sang qui sert ses intérêts".

M. Nirabiya a souligné la nécessité d'un accès humanitaire soutenu et sans entrave aux zones assiégées comme prélude à la levée complète des sièges. Il a appelé à inclure les questions des détenus et des déplacements forcés à l'ordre du jour de la réunion d'Astana et à les considérer comme des violations du cessez-le-feu. Il a lui aussi a réitéré les appels à retirer toutes les milices étrangères iraniennes de la Syrie et à les désigner comme des groupes terroristes responsables de violations et de crimes de guerre.

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#Astana, #Syrie
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2 Commentaires
houari
24 janvier 2017 à 15h55
Nb: j'ai oublié.... Issam a une gueule d'assassin avec une cravate bleue.
houari
24 janvier 2017 à 15h48
Le CNS demande explicitement qu'Al Qaîda fasse partie des négociations d'Astana et de Genève..... La réponse des USA fut de bombarder Idleb où 100 "rebelles" furent tués. Dont acte.
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