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Politique

Michel Aoun sera bien président, finalement: le Liban coupé en deux

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 31 octobre 2016 à 10h43

Cette fois au Liban tout le monde est sûr que ça va marcher. La séance parlementaire électorale de ce midi doit, après deux ans de vide présidentiel, élire Michel Aoun à la présidence de la République.

Le général est sûr de lui : son bureau de presse a d’ores et déjà invité ses partisans à éviter tout débordement lors des festivités qui suivront son élection. L’accès à la place Sassine, un lieu central du quartier chrétien d’Achrafieh au cœur de Beyrouth, a été restreint. Ambiance pesante selon certain. Hystériquement joyeuse selon d'autres.

Le pays est réellement coupé en deux.

D’un côté, les aounistes et les supporters des régimes iraniens et syriens: Michel Aoun est l’allié chrétien du Hezbollah (parti libanais lourdement armé, implanté au pays du Cèdre par Téhéran au début des années 80). Ceux-là jubilent, purement et simplement. Ils jouissent de ce moment tant attendu, depuis le retour d’exil de Aoun en 2005. Le général, dans les années 90, était le plus féroce détracteur de Damas. Il a lancé contre la présence syrienne en 91 la “guerre de libération”. Il a perdu, poussant des dizaines de milliers de chrétiens à quitter le pays, comme lui.

Face aux partisans du général, il y a ceux qui depuis dix ans critiquent son alliance avec le Hezbollah son ancien ennemi, le régime syrien. Et plus récemment sa "réconciliation" avec son rival chrétien Samir Geagea. Il y a ceux qui depuis dix ans, au côté de Saad Hariri, militait pour un Liban libre de toute influence syrienne (tout en s’accomodant d’une influence saoudienne). Il y a ceux qui aujourd’hui sont effondrés de voir que Saad Hariri a finalement poussé à l’élection de Michel Aoun, l’allié de ceux qui selon le Tribunal international pour le Liban ont assassiné son père, l’ancien Premier ministre Rafic Hariri (des membres du Hezbollah sont sur le banc des accusés dans le procès pour cet assassinat).

Parmi ceux qui s'opposent  cette élection, il y a aussi les indépendants, ceux qui ne veulent ni de Aoun ni de Hariri. Ceux qui expriment leur détresse face à tous les sacrifices faits, pour rien finalement. Ce post trouvé sur Facebook exprime bien leur état d'esprit:

 

Une fois élu, le nouveau président devrait nommer Saad Hariri Premier ministre (un poste qu’il avait occupé de 2009 à 2011, jusqu’à ce que le Hezbollah et le général parviennent à faire tomber son gouvernement).

Le Liban aura donc pour président un allié de l’Iran et du régime syrien. Et pour Premier ministre le fils de Rafic Hariri. Une configuration qui rappelle étonnamment celle qui a prévalu jusqu’à fin 2004… et qui a violemment explosé, avec l’assassinat du père du futur Premier ministre, le 14 février 2005 dans un attentat à la camionnette piégée qui a fait une vingtaine de victimes. Le choc de la mort de Rafic Hariri avait été suivi de la fameuse manifestation monstre, où un million de Libanais s'étaient réunis dans les rues de Beyrouth pour protester contre l'occupation syrienne... un certain 14 mars 2005.

Tags
#Michel_Aoun, #Présidentielle
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1 Commentaires
houari
31 octobre 2016 à 23h50
Rafic a une vison : L’INTÉRÊT DU LIBAN.
C'est ce que son père aurait fait. L'intérêt du Liban d'abord.
Les requins qui rodent autour de ce beau pays, se casseront les dents !
Inch Allah.
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