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Politique

Alep : Al Hussein demande de limiter l'utilisation du veto au Conseil de sécurité

NEW YORK | iloubnan.info - Le 05 octobre 2016 à 09h11
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, briefe le Conseil de sécurité. Photo ONU/Eskinder Debebe

Face à la tragédie à Alep, en Syrie, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a estimé mardi qu'il fallait prendre des mesures audacieuses, y compris en limitant l'utilisation du veto par les membres permanents du Conseil de sécurité.

« Depuis le lancement de la nouvelle offensive contre les quartiers tenus par l'opposition dans l'est d'Alep par le gouvernement syrien et ses alliés, des images de souffrance et de mort envahissent nos écrans. Face à une avalanche aussi effroyable de violence et de destruction, des mesures extraordinaires doivent être prises », a dit M. Zeid dans un communiqué de presse.

« Les attaques survenues ces dix derniers jours ont été les plus intenses qu'aient connues les habitants de l'est d'Alep depuis le début du conflit, et pas un seul quartier n'est désormais considéré comme sûr. L'utilisation d'armes telles que des bombes hautement explosives et des armes incendiaires dans des zones fortement peuplées ont un effet dévastateur sur la population et les infrastructures civiles », a-t-il ajouté.

Le Haut-Commissaire s'est dit convaincu que le Conseil de sécurité devrait, sans délai, adopter des critères pour empêcher ses membres d'utiliser leur veto lorsqu'il existe des préoccupations graves quant à de possibles crimes de guerre, crimes contre l'humanité ou génocide.

« Cette initiative cruciale permettra au Conseil de sécurité des Nations Unies de renvoyer la situation en Syrie devant la Cour pénale internationale (CPI), une évolution que j'ai réclamée à maintes reprises. Un tel renvoi serait plus que justifié au regard de l'impunité endémique et profondément choquante qui caractérise le conflit et de l'ampleur des crimes commis, dont certains pourraient constituer des crimes de guerre ou des crimes contre l'humanité », a-t-il dit.

Selon lui, l'attaque du 19 septembre contre un convoi humanitaire, les frappes récentes qui ont touché trois centres du groupe de sauveteurs bénévoles les Casques blancs, et celles qui ont touché au moins trois grands hôpitaux de l'est d'Alep, « semblent toutes indiquer que les opérations en cours sont conduites dans un mépris total des normes les plus élémentaires du droit international humanitaire ».

« S'il est prouvé qu'elles sont intentionnelles, les attaques lancées en ce moment sur Alep par toutes les parties, y compris celles menées contre les civils, les unités médicales et les travailleurs humanitaires, leurs locaux et leurs équipements, pourraient constituer des crimes de guerre », a ajouté le Haut-Commissaire. « Et si de telles attaques sont sciemment commises dans le cadre d'une attaque généralisée ou systématique dirigée contre la population civile, elles pourraient aussi constituer des crimes contre l'humanité ».

« Le non-respect par l'ennemi du droit international humanitaire ne supprime en aucun cas l'obligation de la partie adverse de respecter ce droit, de même que la désignation comme « organisation terroriste » d'un groupe particulier ne permet aucune dérogation aux lois de la guerre », a-t-il encore dit.

« N'oublions pas que la destruction de villes telles que Varsovie, Stalingrad et Dresde, et l'horreur infligée aux civils, ont grandement contribué à la création des Nations Unies. Nous ne pouvons pas nous permettre d'échouer à Alep. Nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à faire défaut aux milliers d'enfants pris au piège dans cette ville, dans l'attente d'un massacre », a-t-il conclu.

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