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Politique

Arrestations et tortures en Turquie: qui peut arrêter Erdogan?

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 25 juillet 2016 à 10h48
Des partisans d'Erdogan célèbrent l'échec du coup d'Etat le 16 juillet. Ils ont été nombreux à descendre dans les rues pour faire barrage à l'initiative des militaires de prendre le pouvoir. Reste à savoir s'ils réagiront aux décisions liberticides de leur leader, qui avec l'état d'urgence interdit le droit de manifester. Crédit photo: Esrk (http://www.shutterstock.com/g/esrk)

L'organisation de défense des droits de l'Homme Amnesty International vient de publier un communiqué stipulant qu'elle “dispose d'informations crédibles selon lesquelles la police turque à Ankara et Istanbul maintient des détenus dans des positions douloureuses pendant des périodes pouvant aller jusqu'à 48 heures.”

Le texte évoque également des privations de nourriture et d'eau, des injures, des menaces et, "dans les cas les plus graves", des coups, des torture et des viols.

En lisant ce communiqué, on repense aux propos qu’avait tenus la semaine dernière, le 21 juillet, Andrew Garner, chercheur spécialiste de la Turquie chez Amnesty International, concernant la détention de milliers de personnes et la proclamation de l’Etat d’urgence par Ankara. “Des informations font état de mauvais traitements infligés aux détenus, (..)”, disait-il déjà, ajoutant que “les pouvoirs renforcés conférés par l'état d'urgence pourraient ouvrir la voie à une régression des droits humains.”

Voeux pieus de la communauté internationale

Ces propos résonnent comme un euphémisme. D’autres, comme un voeu pieux:

“Il est essentiel que le gouvernement turc ne se serve pas de l'état d'urgence comme prétexte pour réprimer davantage encore la dissidence pacifique. Même en période d'urgence, la Constitution turque garantit que ses obligations au titre du droit international ne doivent pas être bafouées,” a également déclaré Andrew Gardner.

Voeu pieux également du côté de l’ONU. Jeudi encore, son Secrétaire général Ban Ki-moon avait exhorté le gouvernement turc à veiller au respect de l'ordre constitutionnel, des libertés fondamentales et de l'état de droit dans le cadre de sa gestion de l'après-coup d'Etat.

Dans un communiqué, Ban Ki Moon a pris note des assurances répétées, données par les responsables gouvernementaux turcs, concernant le plein respect de l'état de droit et des procédures juridiques établies dans la conduite des enquêtes et des poursuites à l'encontre des personnes "considérée comme responsables de la tentative de coup du 15 et 16 juillet".

"C'est d'autant plus important que l'état d'urgence a été instauré [pour une durée de trois mois] et que des arrestations, détentions et suspensions de masses sont en cours", a insisté le chef de l'ONU.

Le Secrétaire général a appelé les autorités turques, conformément aux assurances données, à "faire tout leur possible pour veiller à ce que l'ordre constitutionnel et le droit international des droits de l'homme soient pleinement respectés, conformément aux obligations internationales de la Turquie".

Il a précisé que "les libertés d'expression, de mouvement et de réunion pacifique, l'indépendance du pouvoir judiciaire et des professions juridiques et l'adhésion à une procédure juridique régulière" figuraient parmi ces obligations.

Il doit y avoir un malentendu: le vice-Premier ministre turc a déclaré le 21 juillet que le gouvernement suspendrait la Convention européenne des droits de l'homme pendant la durée de l'état d'urgence.

Nous sommes lundi 25 juillet et chaque jour depuis le coup d'Etat manqué n’a cessé d'apporter son lot de nouvelles arrestations.

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#Erdogan, #Turquie
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