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Politique

Echec du putsch en Turquie: déception des pro-Bachar, ambiguité de la communauté internationale

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 16 juillet 2016 à 13h39

Alors que l’armée turque annonçait avoir pris le pouvoir cette nuit après son putsch contre le président Erdogan, des activistes syriens ont rapporté des tirs de joie à Lattaquié, la ville d’origine de Bachar el Assad. De même au Liban chez les partisans du Hezbollah, qui soutient le régime syrien, des commentaires ont salué le coup d’Etat qu’on a cru alors réussi.

Il faut dire qu'Erdogan a fait partie des premiers dirigeants internationaux à appeler au départ de Bachar el Assad au cours des premiers mois de la révolution syrienne. Il a depuis continué à afficher son soutien à l’opposition, même si son rôle demeure ambigu notamment vis à vis de l’Etat islamique (qui a longtemps oeuvré en bonne entente avec Bachar el Assad qui ne bombardait jamais les zones tenues par l’EI jusqu’à il y a quelques mois). On a ainsi accusé Erdogan de favoriser l’expansion de Daech, de lui acheter des matières premières notamment.

Mais la situation ne se résume pas à “pro-Bachar égal anti-Erdogan”, et vice versa.

Chez certains politiciens libanais anti-Bachar, on entendait ainsi des commentaires trahissant une certaine satisfaction. "Le départ d’Erdogan va mettre un terme à la présence des Frères musulmans en Egypte," pouvait-on lire sur les réseaux sociaux cette nuit, à un moment où la situation semblait pliée pour le president turc, souvent pointé du doigt pour son soutien au parti islamiste.

Dans l’Egypte de Sissi justement, des manchettes de journaux imprimés dans la nuit alors que le sort du président turc semblait scellé, criaient victoire.

Pendant le putsch et les affrontements, rares ont été les dirigeants occidentaux à clairement venir au secours d’Erdogan. Le Quai d’Orsay a diffusé à 2h45 du matin un communiqué recommandant aux ressortissants français en Turquie de ne pas sortir de chez eux, et appelant aussi tout de même, en une ligne succincte, au "respect de l’ordre démocratique".

Ambiguité internationale

Changement de ton général dans le monde à la fin de la nuit : les félicitations se sont succédées pour saluer le retour  forces du président turc. L’ancien Premier ministre libanais Najib Mikati (plutôt considéré comme un proche du régime syrien), a ainsi salué le president Recep Tayyip Erdogan, en affirmant: "Le peuple turc a démontré qu'il est attaché à la démocratie en vue de garantir la présence de son pays et de lui permettre d'occuper une place dans le parcours démocratique".

De son côté, le ministre des Affaires étrangères français Jean Marc Ayrault a lui aussi estimé dans une déclaration ce matin que “La Turquie a fait l’objet d’une tentative de coup de force contre son ordre constitutionnel et démocratique qui appelle la plus ferme condamnation de la France.” Il a salué la population turque qui “a montré sa grande maturité et son courage, en s’engageant pour le respect de ses institutions. Elle en a payé le prix avec de très nombreuses victimes, auxquelles vont mes pensées.” Des manifestations populaires ont en effet eu lieu cette nuit, des groupes de civils se dressant contre les chars de l’armée.

L’image fait penser à celles des manifestations de 2013; sauf que cette fois, c’était les opposants d’Erdogan qui protestaient contre les decisions autoritaires prises depuis plusieurs années par son parti, l’AKP. Les forces de sécurité avait très violemment réprimé les mouvements de protestations, faisant un mort et de très nombreux blessés, et procédant à de multiples arrestations. Erdogan, par cette violence, avait indéniablement apporté de l'eau au moulin des critiques lui reprochant son autoritarisme. D’autant que le président turc avait aussi vilipendé l'usage des réseaux sociaux, et notamment de Twitter qu'il avait alors qualifié de "pire menace contre la société". Pas très démocratique comme point de vue.

Sans rancune: c’est via FaceTime, sur son smartphone, que le président turc a appelé la nuit dernière la population à le soutenir face au putsch militaire. Comme quoi, Internet et les nouvelles technologies ont quand même du bon, pas vrai?

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#Erdogan, #Turquie
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