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Politique

Après la sanction saoudienne, on resserre les rangs au 14 Mars

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 22 février 2016 à 08h05
Photo: National News Agency

Après l’annonce la semaine dernière par l’arabie saoudite de l’annulation de son aide financière à l’équipement de l’armée libanaise, le 14 Mars est apparu soudé autour de Saad Hariri.

L’ancien Premier ministre a déclaré hier que le Conseil des ministres devait adopter une position claire ce lundi. La déclaration ministérielle n'a pas été respectée, a-t-il affirmé à la presse après une reunion du 14 Mars tenue en sa residence de la Maison du Centre.

"Nous avons été clairs sur la question de la dissociation, mais aujourd'hui, il n’est plus permis que le Liban soit à l’écart du consensus arabe".

Il faisait allusion à la position de la diplomatie libanaise qui, pour ménager le Hezbollah et l’Iran, cherche à se dissocier du “consensus arabe” en marquant ses différences avec l’Arabie saoudite.

Le royaume saoudien est proche de la famille Hariri, qui cultive à Riyad des intérêts politico-financiers. Dernier exemple en date: la position adopté par le ministre libanais des Affaires étrangères Gebran Bassil lors de la récente declaration commune de la Ligue arabe condamnant les attaques contre l’ambassade saoudienne à Téhéran. Le Liban s’était abstenu de voter lors de l’approbation de cette déclaration de soutien au royaume saoudien.

En réponse à une question concernant la position du ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil à cet égard, Hariri a souligné que Bassil n'a pas coordonné sa position avec le Premier ministre Tammam Salam. Il a dit que régler les problèmes de cette manière n’est plus utile, puisque le guide suprême de la république d'Iran Ali Khamenei a lui-même condamné l'attaque (contre l'ambassade saoudienne à Téhéran) de même que l’Irak.

Le Conseil des ministres doit adopter une position claire demain, sinon nous aurons recours à un langage différent"  a déclaré Hariri. 

Sur le point de savoir si le don de l’Arabie saoudite pour l’équipement de l’armée libanaise était suspendu depuis un certain temps déjà, l'ancien Premier ministre a affirmé que non,  cela est "faux car certains équipements devaient arriver en avril et mai."

“Mais en raison de la finesse de certains politiciens libanais, nous en sommes arrivés là où nous en sommes” a-t-il ajouté avec ironie.

Prié de dire si la formule du Liban permettait de hausser le ton des des positions politiques, il a dit: "Bien sûr, tant qu'il y a un parti qui combat en Syrie. Il faisait reference au Hezbollah, engage militairement sur le terrain au côté de Damas pour defendre le régime de Bachar el Assad contre les rebelles."

Hariri a ajouté qu'il y aura une "activation des réunions des Forces du 14 mars, dans l'intérêt du Liban."

La réunion de dimanche a eu lieu à la Maison du Centre et cela est, en soi, symbolique.
Les tensions et dissension au sein de la coalition sont connues depuis plusieurs années.

La reunion hier a eu lieu en presence de l'ancien Premier ministre Saad Hariri, de l’ancien Premier ministre Fouad Siniora, du chef du «Parti Kataeb » le député Sami Gemayel, du chef du « Parti National Libéral » le député Dory Chamoun, du député Georges Adwan représentant le chef des Forces libanaises Dr Samir Geagea, des ministres Michel Pharaon et Nabil de Freige, des députés Ahmed Fatfat, Antoine Saad, Jean Oghassabian, Jamal Jarrah, Joseph Maalouf, Khaled Zahraman, Khodr Habib, Bader Wannous, Riad Rahal, Ziad Kadri, Samir Jisr, Sebouh Kalbakian, Serge Torsarkissian, Shant Janjanian, Tony Abou Khater, Assem Araji, Ammar Houry, Fouad elSaad, Fadi Karam, Kazem Kheir, Mohammad Hajjar, Marwan Hamade et Mouin Merhebi ainsi que du coordinateur général du 14 Mars Dr Fares Soueid, du chef de cabinet de Saad Hariri, Nader Hariri, du Secrétaire général du « Courant du Futur » Ahmad Hariri, et d’un nombre de personnalités politiques.

Après la réunion, l'ancien Premier ministre Siniora a lu la déclaration suivante:

« Les relations libano-arabes sont en danger.

Les Libanais vivent des moments très graves et inquiétants. A la détérioration de la situation politique et économique et à l'affaiblissement des institutions -à commencer par l’absence de président depuis 21 mois-, est venue s’ajouter la crise des relations tendues avec l'Arabie Saoudite et les pays du Conseil de coopération du Golfe, ce qui a augmenté les dangers.

Si le Hezbollah et ses alliés continuent, à travers les armes illégales, à donner la priorité aux intérêts de l'Iran au détriment de l'intérêt suprême du Liban, cela va porter atteinte à son rôle, son appartenance et sa présence arabes, et certainement affecter la sécurité socio-économique de centaines de milliers de familles libanaises, de toutes les confessions, qui travaillent dans les pays du Golfe.

Ces pays qui nous ont ouvert leurs portes dans toutes les moments difficiles et étaient notre meilleur soutien, n’ont jamais occupé notre territoire libanais et n'ont jamais contribué à armer quiconque en dehors de la légitimité libanaise.

Nous leur avons envoyé nos meilleurs jeunes, et ils nous ont donné en retour les meilleures chances de succès.

Ils ont contribué à mettre fin à la guerre du Liban en parrainant l'accord de Taëf, qui a ramené la stabilité et réactivé l'Etat et des institutions, et ont aidé le Liban dans le processus de reconstruction au cours des années 1990 et après la guerre israélienne contre le Liban en 2006.

Devant cette tragique réalité, et partant de la responsabilité du 14 Mars de défendre les intérêts du Liban et de protéger les relations du Liban avec les pays arabes et amis, les forces du 14 Mars mettent l'accent sur ce qui suit:

1-Les forces du 14 Mars font assumer au Hezbollah et à ses alliés la responsabilité d’avoir provoqué ce grave problème et d'autres problèmes, et de nuire à la stabilité financière, sécuritaire et socio-économique du Liban. Elles exigent également le retrait du Hezbollah du combat en Syrie et dans la région, en respect de la politique de dissociation.

2-Les forces du 14 Mars demandent au gouvernement libanais de respecter la Constitution et les résolutions internationales, et l’appellent à se réunir immédiatement pour prendre une position claire et ferme qui souligne l'engagement du Liban envers la solidarité et le consensus arabes et rejette toute violation de la souveraineté d'un Etat arabe.

3-Les forces du 14 Mars réitèrent leur plein soutien à l’Arabie Saoudite et aux pays du Conseil de Coopération du Golfe et refusent toute atteinte à la souveraineté et à l'indépendance d'un Etat arabe. Elles rejettent toute tentative de transformer le Liban en une plateforme utilisée pour être hostile envers n’importe quel pays arabe ou interférer dans ses affaires intérieures. Les forces du 14 Mars refusent que le Liban devienne une victime politique, économique et culturelle de n’importe quel Etat,  surtout d'un État qui essaie d'étendre son influence sur les pays arabes ».

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