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Politique

48 missiles MILAN et puis c'est tout: l'Arabie annule son financement d'armes françaises pour le Liban

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 20 février 2016 à 08h16
Par Elodie Morel
A Beyrouth, au printemps 2015, l'unique livraison d'armes françaises financées par l'Arabie saoudite pour le Liban.

Le reste des armes françaises financées par Riyad n’arrivera finalement jamais au Liban. L’Arabie l’a annoncé hier. Offciellement, le Royaume n’a pas apprécié l’attitude de certains officiels libanais (notamment le ministre des Affaires étrangères Gebran Bassil) qui ménagent le Hezbollah, ennemi de l’Arabie, lors de leurs prises de positions internationales (comme dans la récente crise diplomatique entre Riyad et Téhéran).

La signature du contrat entre l’Arabie et la France pour la livraison d’armes au Liban avait pris près d’un an après son annonce à Noël 2013. Une première livraison avait eu lieu au printemps 2015. La seconde n’en finissait pas d ’arriver (les autorités françaises avaient pourtant prévu une livraison par mois).

Bref, sur le terrain, l’annulation de l’aide saoudienne de cette armement ne va pas changer grand chose pour l’armée libanaise.

Dès le début, l’opération avait été compliquée. Il avait fallu se mettre d’accord sur la liste des armes que Paris pourraient livrer à Beyrouth. Le Liban avait bouclé sa "wish list", mais la question sensible de lui livrer des armes susceptibles de "tomber dans les mains du Hezbollah" (selon la formule consacrée) et de mettre en danger Israël, restait omniprésente.

La première livraison avait enfin eu lieu lors d'une cérémonie en grandes pompes, à l’aéroport de Beyrouth. Il s’agissait de 48 missiles Milan (antichars), issus de vieux stocks de l'armée française. Derrière les flonflons et les hymnes nationaux, demeurait chez les invités une impression de “tout ça pour ça” non exprimée. Comme pour répondre à ce sentiment de déception, les autorités françaises laissaient entendre au fil des communiqués: “ce n’est qu’un début”.

En quittant le tarmac ce jour là on avait demandé à des soldats libanais: “Alors, vous êtes contents?” ils nous avaient répondu “oui bien sûr” avec un sourire emprunt d’ironie (cette interprétation n’engage que nous, nous n’avons pas réussi à leur faire dire clairement ce qu’ils pensaient de ce premier cadeau saoudien).

Bref, l'annulation annoncée par l'Arabie a surtout une portée symbolique. Elle a déclenché une floppée de réactions sur la scène politique libanaise, les uns accusants les autres de la décision de Riyad, les autres affirmant que c'est bien la preuve de l'hypocrisie de la relation entre le royaume et le Liban. 

Maintenant la question est aussi de savoir si la décision saoudienne a un impact sur la France. Paris a-t-il également perdu gros dans cette affaire, avec l'annulation du "contrat" (2,3 milliards d'euros, quand même) ? Selon RFI, l'Arabie saoudite souhaite de toute façon "revoir sa politique d'achat d'armement avec la France en se débarrassant de certains intermédiaires." Mais "l’industrie française de défense reste toutefois optimiste et espère toujours décrocher de juteux contrats auprès de Riyad."

Tags
#ArabieSaoudite, #ArméeLibanaise, #France
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1 Commentaires
houari
12 octobre 2017 à 18h18
Les intérêts saoudiens ou français ne sont pas ceux du Liban.
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