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Politique

"Nous ne pouvons pas laisser passer cette chance", dit O'Brien à la veille des pourparlers "intersyriens"

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 28 janvier 2016 à 08h32
Stephen O'Brien. Photo: UN press center.

"Nous ne pouvons pas laisser passer cette chance” a déclaré mercredi Stephen O'Brien, le coordinateur des Secours d’Urgence de l'ONU, face au conseil de sécurité.

Il faisait référence aux pourparlers intersyriens qui doivent commencer ce vendredi à Geneve sous l’égide de l’ONU.

Stephen O'Brien a ainsi appelé l’ensemble de la communauté international à soutenir le processus, qui doit soulager les souffrances de millions de Syriens pris au piège de ce conflit qu’O’Brien a décrit comme l’un des plus brutaux et des plus sauvages du 21e siècle.

“Le processus politique offre une réelle possibilité de nous réunir et trouver des solutions. Je ne soulignerai jamais assez que nous n’avons pas le droit de laisser passer cette chance” a-t-il répété.

M. O’Brien s’exprimait au côté de la Directrice du Programme alimentaire mondial Ertharin Cousin.

Cinq ans après le début du conflit, plus de 250 000 personnes ont été tuées en Syrie, plus d’un million ont été blessées.

6,5 millions ont été déplacées à l’intérieur du pays.

La guerre a généré plus de 4,6 millions de réfugiés. Une grande partie de la population demeurant dans le pays (13,5 millions de personnes environ) ont besoin d’une aide humanitaire.

Ertharin Cousin a pour sa part décrit mercredi une situation humanitaire catastrophique en Syrie, où l'accès par le personnel humanitaire aux populations des villes et des zones assiégées est toujours très difficile, sinon impossible, et a appelé le Conseil de sécurité à agir pour y remédier.

Dans son exposé devant le Conseil, Mme Cousin a « imploré » l'assistance des 15 Etats membres, affirmant que « l'outil le plus puissant de l'ONU pour la protection des civils est un fort consensus ».

Aujourd'hui, a-t-elle dit, « plus de 4,5 millions de personnes sont piégées dans des zones assiégées ou difficiles d'accès et nos analyses indiquent que 2,5 millions d'entre elles se trouvent dans une grave situation d'insécurité alimentaire ».

Chaque jour, a-t-elle poursuivi, « nous recevons des informations alarmantes sur des pénuries de nourriture et d'eau, sur des cas de grave malnutrition et de décès ». Le PAM estime à 18 le nombre des zones assiégées et à près d'un demi-million le nombre de personnes qui sont complètement coupées de toute aide alimentaire et humanitaire, a-t-elle dit.

Mme Cousin a souligné que près de la moitié de la population assiégée, soit environ 200.000 personnes, sont piégées à Deir-ez-Zor, ville dont le groupe Etat islamique d'Iraq et du Levant (EIIL, aussi appelé Daech) s'est emparé en juillet 2014.

Bien que le PAM ait reçu l'autorisation de se rendre par voie aérienne à Deir-ez-Zor, les dommages subis par l'aéroport et l'absence de sécurité de l'espace aérien ont rendu impossible pour ses équipes de distribuer de l'aide. « Nous n'avons pas pu venir en aide aux personnes nécessiteuses à Deir-ez-Zor », a-t-elle dit.

S'adressant aux Etats membres du Conseil, elle a affirmé : « La vérité est que les résolutions 2165 et 2139, dans lesquelles le Conseil exhorte les parties à 'ne pas entraver ou gêner' l'assistance humanitaire, ne sont pas pleinement appliquées ».

« Il est grand temps de faire appliquer pleinement et collectivement ces résolutions », a-t-elle affirmé . « L'accès humanitaire ne doit être ni arbitraire, ni sélectif, ni réduit à une seule livraison. Il ne doit pas nécessiter des approbations déraisonnables. Il doit être raisonnablement sûr, régulier et transparent », a dit Mme Cousin.

« Je veux être très claire : pour empêcher que des gens soient exposés au risque imminent de mourir de faim, nous avons besoin du soutien et de l'action de chaque Etat membre du Conseil et de chaque Etat membre de l'ONU (…) Notre responsabilité est de faire en sorte que les décisions et les choix effectués dans cette enceinte deviennent réalité sur le terrain », a-t-elle conclu.

S'adressant à son tour au Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint chargé des affaires humanitaires et coordonnateur des secours d'urgence, Stephen O'Brien, a lui aussi appelé à l'action.

« Depuis l'adoption de la résolution 2139 il y a deux ans, le Secrétaire général a fait état mois après mois du mépris manifesté par les parties pour le droit humanitaire international et pour les droits de l'homme, de leur non-observation des exigences de ce Conseil concernant la protection des civils et l'accès humanitaire, et de la catastrophe humanitaire qui s'est ensuivie », a-t-il dit.

« La poursuite du recours au siège et à la faim comme arme de guerre est répréhensible. Le Secrétaire général a dit que de telles tactiques pouvaient constituer un crime de guerre. Cela doit cesser immédiatement. (…) Et ceux d'entre vous qui ont une influence sur les parties peuvent exiger que cela cesse. Je vous demande de le faire. Maintenant », a dit M. O'Brien aux membres du Conseil.

Affirmant que « nous sommes dans une course contre la montre », le Secrétaire général adjoint a affirmé que le Conseil de sécurité et les pays pouvant avoir une influence devaient prendre des mesures supplémentaires pour assurer que les parties s'acquittent de leurs obligations au regard du droit international et des exigences formulées par le Conseil dans sa résolution 2139.

Il a précisé que cela impliquait des mesures urgentes pour assurer que les parties cessent de cibler les civils, ainsi que les infrastructures civiles, facilitent un accès inconditionnel aux personnes ayant besoin d'assistance et octroient à tous les civils la liberté d'entrer et sortir des zones assiégées ou difficiles d'accès.

De son côté, à l'occasion de la commémoration de l'Holocauste au siège de l'ONU mercredi, le Secrétaire général, Ban Ki-moon, a lui aussi appelé les Etats pouvant avoir une influence sur les parties syriennes à insister pour qu'un accès humanitaire durable et sans entrave soit accordé partout en Syrie. Il a rappelé que l'utilisation de la faim comme arme de guerre et le ciblage délibéré des civils constituaient des crimes de guerre.

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