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Politique

Les agriculteurs syriens ont besoin de soutien, selon la FAO

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 24 janvier 2016 à 07h51

La guerre en Syrie, qui entrera bientôt dans sa sixième année, a fait s'effondrer la production agricole et les approvisionnements alimentaires sont à leur plus bas niveau historique, plongeant des millions de personnes dans la faim, a déclaré mercredi l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), en appelant les bailleurs de fonds à l'aide.

Selon un communiqué de presse, la FAO a appelé les gouvernements à accélérer le financement visant à aider les agriculteurs syriens à maintenir la production de leurs terres et ce, afin d'éviter une aggravation ultérieure de la situation.

L'appel de la FAO intervient à quelques semaines d'une conférence de bailleurs de fonds internationaux prévue pour le 4 février à Londres à l'invitation du Royaume-Uni, de l'Allemagne, de la Norvège, du Koweït et de l'ONU, pour mobiliser le soutien nécessaire aux activités humanitaires en Syrie.

« Le conflit en Syrie a décimé le secteur agricole et a eu des répercussions importantes sur l'approvisionnement et les marchés alimentaires. Aujourd'hui, plus de la moitié des Syriens restés au pays souffrent d'insécurité alimentaire et une personne sur trois est incapable d'acheter les aliments de base dont elle a besoin », a affirmé le Directeur général de la FAO, José Graziano da Silva.

Du fait de l'effondrement de la production nationale, les prix alimentaires ont grimpé en flèche. Au cours des 18 derniers mois, le prix de la farine de blé a augmenté de 300% et celui du riz de 650% sur certains marchés.

Sachant que plus de la moitié de la population syrienne a déjà besoin d'une aide alimentaire, M. Graziano da Silva a averti qu'en l'absence d'un apport de fonds important pour soutenir les activités agricoles, de plus en plus d'agriculteurs n'auront d'autre choix que celui d'abandonner leurs terres et se déplacer à l'intérieur du pays ou au-delà des frontières.

« La Syrie doit pouvoir produire elle-même autant de nourriture que possible, car l'aide alimentaire seule ne peut pas nourrir le pays », selon le Directeur général, qui insiste sur la nécessité d'un apport très important de fonds pour soutenir l'agriculture.

Les agriculteurs syriens ne sont pas en mesure d'accéder aux semences et aux engrais. Quant à la production animale, elle est également compromise, car les éleveurs ne peuvent pas produire ou se procurer assez de fourrage et les services vétérinaires sont paralysés. Les marchés alimentaires et les filières de distribution ont été gravement perturbés.

« L'agriculture était et restera la principale source d'emplois en Syrie. Elle est indispensable pour nourrir la population du pays aujourd'hui et elle sera la clé de son redressement demain », a affirmé le Sous-Directeur général de la FAO pour la coopération technique, Laurent Thomas.

« Nous ne devons pas abandonner les agriculteurs qui sont restés en Syrie et qui luttent pour garder leurs terres productives. Ces agriculteurs sont principalement des femmes – celles-ci constituent aujourd'hui 63% de la main-d'œuvre agricole – qui sont l'épine dorsale de l'approvisionnement alimentaire en Syrie », a ajouté M. Thomas.

La restauration de l'agriculture syrienne, dans la mesure du possible, coûte nettement moins cher qu'importer de l'aide alimentaire. A titre d'exemple, un apport de 100 dollars permettrait à un agriculteur de produire une tonne de blé, alors qu'une même quantité importée coûterait beaucoup plus cher.

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