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Politique

Hariri: Certaines accusations contre l'Arabie Saoudite et son rôle semblent s’appliquer à ceux qui les lancent

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 04 janvier 2016 à 08h10

L'actualité dans la région a été dominée par les vives et parfois violentes réactions à Téhéran, Beyrouth, Bagdad et Sanaa, après l'annonce de l'exécution par l'Arabie saoudite de 47 personnes pour terrorisme. Parmi les exécutés figurait un dignitaire religieux chiite.

Les violences ont culminé en une attaque contre l'ambassade saoudienne à Téhéran et la  clôture dimanche soir par Riyad de ses relations diplomatiques avec l'Iran.

Saad Hariri a indiqué hier que "certaines accusations contre l'Arabie Saoudite et son rôle semblent s’appliquer à ceux qui les lancent, comme si elles décrivaient la situation en Iran, dont souffre le peuple iranien".

"Il est regrettable que certaines personnes au Liban aient ouvert les portes de cette tempête (de violence ndlr) et aient été dans les premiers rangs de ceux qui attaquent le Royaume et son leadership, de façon inacceptable et odieuse, comme ce que nous avons lu et entendu de la part de dirigeants du Hezbollah et de ses partisans" a déclaré dans un communiqué l'ancien chef du gouvernement.

Pour lui, "les discours sur la tyrannie, l'oppression, le terrorisme, les assassinats, le crime, les exécutions, la destruction, les déplacement forcés, la perturbation du dialogue, les massacres, l'ingérence dans les affaires des autres, ainsi que les accusations de semer la discorde, diffuser la culture des insultes, exclure les opposants, rejeter les autres, éliminer des partis et des hommes religieux et détruire leurs maisons et leurs quartiers généraux sur leurs têtes... ces accusations lancées par les dirigeants du Hezbollah décrivent en fait le comportement du régime iranien et le projet d'expansion iranien, au détriment des Arabes, de leurs États et de leurs sociétés."

Il a poursuivi: "Le Hezbollah, comme d'habitude, agit comme si il était responsable de tous les chiites dans le monde, du Nigéria à Bahreïn, en passant par l'Inde, le Pakistan, le Royaume d'Arabie Saoudite et d'autres pays du Golfe. Comme la République islamique d'Iran, il part d’une autorité politique faussée pour faire tomber la souveraineté nationale des pays proches et lointains, et se donne des droits illogiques pour intervenir dans leurs affaires, s’opposer à leurs décisions, offenser leurs dirigeants et les intimider."

Pour Saad Hariri, "il est devenu certain, à la lumière de la longue série iranienne au Liban, en Syrie, en Irak, Bahreïn, au Yémen, en Egypte, en Arabie Saoudite et dans d'autres pays, que le sectarisme est ce qui guide le comportement de l'Iran et de ses alliés, qui est devenu une marque de tension et de discorde dans le monde arabe".

Saad Hariri a critiqué le comportement du Hezbollah en se basant sur les points suivants.

"- Premièrement, limiter la réaction aux condamnations à mort prononcées par la justice saoudienne au seul verdict relatif à Sheikh Nimr Al-Nimr, est une manipulation des instincts sectaires, et une tentative délibérée de donner à ces verdicts des dimensions idéologiques controversées, qui ne correspondent pas à la vérité, qui est que 46 autres personnes ont été condamnées à des peines de mort.

- Deuxièmement, le cheikh Nimr Al-Nimr est un citoyen saoudien, soumis comme tous les citoyens saoudiens et résidents du Royaume aux dispositions des lois saoudiennes. Il est pas un citoyen iranien qui obéit aux règles des Pasdaran et des Gardiens de la Révolution, qui, en passant, comptent des dizaines d’exécutions d’innocents et d’opposants à la Wilayet-el-Faqih, ainsi que des menaces contre des milliers d'Iraniens partout dans le monde.

- Troisièmement, l'insistance à intervenir dans les affaires intérieures des pays frères, et insulter leur dignité, leurs dirigeants et leurs symboles, est rejetée et inacceptable pour la énième fois. Elle vise seulement à offenser les nations sœurs qui n'ont jamais abandonné le Liban, garder le Liban et son peuple dans des problèmes sectaires, et permettre des interventions étrangères dans nos affaires intérieures.

- Quatrièmement, nous sommes pleinement convaincus que le Royaume d'Arabie Saoudite est attaché à l'intérêt national et islamique, et que les décisions qu'il prend n’iront jamais contre cet intérêt, contrairement à ce que les partis fidèles à la ligne iranienne pensent. Ces partis jugent que le royaume est un obstacle à leur expansion à l'étranger et à leur l'influence.

- Par conséquent, nous estimons que le royaume est attaché à la sécurité et à la stabilité du Liban. Il ne prêtera certainement pas attention aux calomnies le visant et honorera toujours son engagement à aider le Liban et préserver son unité nationale malgré les campagnes d'incitation contre lui. Dans ce contexte, nous appelons tous ceux qui aiment le royaume et expriment leur appréciation et leur respect de son leadership, à ne pas se laisser entraîner dans des débats sectaires, empruntant ainsi la route voulue par certaines voix qui incitent au sectarisme et à la discorde.

- Cinquièmement, la plupart des fausses accusations contre le Royaume d'Arabie Saoudite exprimés par les alliés de l'Iran s’appliquent littéralement aux pratiques du régime syrien contre son peuple, à un moment où l'Iran et ses instruments se battent aux côtés de ce régime qui exécute des centaines de milliers de ses citoyens et déplace des millions d'entre eux, sans aucune accusation ou procès.

- Sixièmement, les chiites au Liban, en Arabie Saoudite, en Irak, au Yémen ou tout autre lieu dans le monde arabe sont des citoyens de leurs pays avant toute autre chose, comme tous les citoyens des autres confessions. Et le comportement de l’Iran avec ces citoyens, qu’il considère comme des ressortissants iraniens dans leur pays, représente la plus grande faille qui menace le monde islamique et attise la discorde dans plus d'un endroit et à plus d'une occasion.

L'ancien Premier ministre a accusé la République islamique d'Iran de porter, "depuis sa création, la bannière de l'exportation de la révolution et a établi la Wilayet el-Faqih comme une référence politique et religieuse visant à gagner la loyauté des chiites partout dans le monde. L'Iran a réussi, depuis de nombreuses années, à réaliser des brèches politiques, sociales et sécuritaires dans un certain nombre de sociétés arabes et islamiques, établissant des cas de loyauté étrangère à la patrie, à ses intérêts et son tissu national."

Saad Hariri a estimé que c'était un "nouveau chapitre" de ce "déséquilibre" qui venait de s'ouvrir.

"L’Iran devrait être conscient des risques résultant de ce déséquilibre, et doit cesser d'exporter le modèle iranien vers les pays voisins, ainsi que les conséquences qui en découlent, comme les conflits, les guerres et les divisions confessionnelles."

"Cet appel s’adresse également à certains dirigeants chiites au Liban, et les invite à coopérer et rejeter les efforts visant à exciter les esprits, et à choisir la sagesse dans l'approche des défis, pour protéger la stabilité intérieure qui devrait avoir la priorité sur toute autre allégeance," a dit l'ancien Premier ministre.

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#ArabieSaoudite, #Iran, #SaadHariri
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