iloubnan.info
( Publicité )
Politique

Ahmad, 14 ans, mort dans les prisons d'Assad en Syrie, photographié dans le rapport César

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 17 dcembre 2015 à 10h01
Ahmad al-Musalmani, 14 ans. Mort en détention.

"Si les morts pouvaient parler": c'est le titre du nouveau rapport de Human Rights Watch, publié le 16 décembre. Sur 86 pages, l'organisation donne la parole à plusieurs victimes du régime d'Assad. Les photographies de leurs cadavres avaient été diffusées dans le rapport César, publié en 2014 par cet ancien photographe des prisons syriennes, qui a réussi à fuir le régime pour trouver refuge en Europe.  

Parmi ces victimes, il y a des enfants. Comme Ahmad al-Musalmani, 14 ans. HRW a pu reconstituer son histoire, comme celles de plusieurs autres détenus aujourd'hui décédés.

Le 2 août 2012, alors qu’il était âgé de 14 ans, Ahmad est retourné en Syrie depuis le Liban, où sa famille l’avait envoyé pour des raisons de sécurité, pour qu’il puisse assister aux obsèques de sa mère. Il voyageait en minibus avec cinq autres personnes.

À un poste de contrôle, un officier a saisi les téléphones des passagers et a trouvé une chanson anti-Assad sur celui d’Ahmad. L'officier a traîné Ahmad dans une petite pièce, a déclaré le lendemain un passager à la famille. Le reste des passagers ont poursuivi leur trajet sans lui.

L'oncle d’Ahmad, al-Musalmani Dahi, a été juge pendant 20 ans avant de fuir le pays en mars 2013. Il a déclaré à Human Rights Watch être allé voir plusieurs fonctionnaires gouvernementaux après la disparition de son neveu. Il a appris qu'Ahmad était probablement détenu par les services de renseignement de l’armée de l’air et a dépensé plus de 14 000 dollars en pots de vin pour tenter d'obtenir sa libération, sans succès. Il a finalement fui en Jordanie après avoir appris par des membres de sa famille qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre lui.

Lorsque les photographies de César ont été rendues publiques, Dahi a cherché Ahmad.

« Je suis allé directement dans le dossier des services de renseignement de l’armée de l’air et je l'ai trouvé. [Il se décompose à mesure qu’il parle]. Ce fut un choc. Oh, ce fut le plus grand choc de ma vie de le voir ici. Je l'ai cherché, pendant 950 jours, je l'ai cherché. Je comptais chaque jour. Quand sa mère était mourante, elle m'a dit: ‘Je le laisse sous votre protection’. Quelle protection aurais-je pu lui donner? »

Tags
#RapportCésar, #Syrie
Donnez votre opinion
0 Commentaires
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
                        
© COPYRIGHT 2018 Par Proximity Agency