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Politique

Fabius: le régime syrien pourrait être associé à la lutte contre l'EI, après un changement de régime

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 27 novembre 2015 à 10h37
Le chef du Quai d'Orsay le 27 novembre sur la radio RTL. Photo: compte Twitter de RTL @RTLFrance

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius était ce vendredi matin l'invité de la matinale de la radio RTL et l'une de ses déclarations a fait l'effet d'une bombe. M. Fabius a en effet indiqué qu'il envisageait la participation des forces du régime à l'effort de guerre contre l'Etat islamique, dans le cadre d'une intervention au sol. Le chef du Quai d'Orsay a ensuite précisé à l'agence AFP qu'il voulait dire que cela serait possible "après un changement de régime".

Mais tout de même, cette phrase a retenti buyamment sur les ondes et a immédiatement été reprise en choeur par les médias français.

Pour lutter contre l'EI, "il y a deux séries de mesures", a dit le chef de la diplomatie française au micro d'RTL. Il y a "les bombardements (...), et des forces au sol, qui ne peuvent pas être les nôtres, mais qui peuvent être à la fois des forces de l'Armée syrienne libre (opposition), des forces arabes sunnites, et pourquoi pas des forces du régime et des kurdes également bien sûr", a déclaré M. Fabius.

L'objectif militaire "premier" demeure Raqqa, le bastion du groupe djihadiste en Syrie, cible de raids intensifs des aviations russe et française depuis plusieurs jours, a-t-il dit.

"C'est pour nous l'un des premiers objectifs militaires, peut-être le premier, parce que c'est le centre névralgique de Daech. C'est de Raqqa que les attentats contre la France sont partis", a souligné M. Fabius.

 


Après la visite jeudi du président François Hollande à son homologue russe Vladimir Poutine, les deux pays ont convenu de "coordonner" leurs frappes contre l'EI et de renforcer leur "échange d'informations".

Et ces frappes ne viseront pas ceux "qui luttent contre Daech", a affirmé M. Hollande, faisant référence aux rebelles modérés qui combattent à la fois l'EI et le régime de Bachar el Assad. Ces rebelles modérés ont été pris pour cibles par l'aviation russe ces dernières semaines, suscitant les critiques de la coalition internationale menée par les Etats-Unis.

"Le président Poutine nous a demandé d'établir une carte des forces qui ne sont pas terroristes et qui combattent Daech", a précisé vendredi Laurent Fabius. "Il s'est engagé - dès lors que nous lui fournissons cette carte, ce que nous allons faire - à ne pas bombarder ceux-là, c'est très important", a-t-il insisté.

Il y a quelques jours, la Coalition nationale de l'opposition syrienne a été jusqu'à affirmer que 90% des frappes russes visaient des cibles autres que l'Etat islamique.

Moscou a pour sa part accusé jeudi la Turquie de ne rien faire pour freiner la contrebande de pétrole à ses frontières qui permet à l'EI de se financer. A ce sujet, M. Fabius a souhaité rester prudent:  "Il y a des camions qui partent depuis toute une série de territoires contrôlés par Daech et qui - c'est notre constatation - vont vers différentes directions" dont "la Turquie", a observé le chef de la diplomatie française. "Le gouvernement turc nous dit: 'Moi je ne suis pas au courant'".

"Il est dit aussi qu'une partie de ce pétrole est revendu à M. Bachar al-Assad", a poursuivi M Fabius en ajoutant: "Nous avons des soupçons".

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#EI, #Laurent_Fabius
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