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Politique

Samir Frangieh élu président du Conseil national du 14 Mars : retour aux fondamentaux

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 28 juin 2015 à 19h35
 Samir Frangieh Conseil national du 14 Mars

Après son élection dimanche à la présidence du tout jeune Conseil national du 14 Mars, Samir Frangieh a appelé à lancer une « Intifada de la Paix » au Liban.

Il porte le drapeau libanais en écharpe, comme aux premiers temps du 14 Mars. Samir Frangieh se tient sur l’estrade, devant un public d’environ 300 personnes. Ce dimanche 28 juin au BIEL, il vient d’être élu président du Conseil national du 14 Mars.

La séance électorale a réuni quelque 300 invités, venus élire le président de ce tout jeune organisme.

Sur 284 votants, 237 ont inscrit le nom de Samir Frangieh sur leur bulletin. Trente-deux ont voté pour son adversaire de dernière minute, le Dr Fawzi Ferri. On compte une dizaine de bulletins blancs ainsi que quelques enveloppes vides.

« Nous voulons lancer une Intifada de la Paix, » a déclaré Samir Frangieh dans le discours qu’il a prononcé juste après l’annonce des résultats. « Nous voulons relancer et retrouver quelque chose, un moment, qu’on a tous partagé précédemment», nous expliquait-il quelques instants plus tard.  

L’objectif de ce Conseil national est en effet d'abord de revenir aux fondamentaux du mouvement né le 14 mars 2005, de retrouver la « flamme » des premiers temps, remotiver les sympathisants : beaucoup se sont lassés de voir le mouvement piétiner et faire marche arrière.

Ni liesse, ni euphorie, mais retenue et bienveillance

Le 14 mars 2005, un million et demi de Libanais étaient descendus dans rues de Beyrouth après l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, tué dans un attentat à la voiture piégée un mois auparavant. Cette manifestation, historique, était demeurée totalement pacifique malgré des tensions majeures dans le pays. Elle s’était déroulée dans le calme mais dans l’émotion, voire l’euphorie d’une foule réclamant notamment la fin de l’occupation syrienne et des divisions confessionnelles.  

Ce dimanche 28 juin au BIEL, ni liesse ni euphorie. L’ambiance est plutôt celle d’une calme réunion de famille, parfois éclectique, rassemblant des membres ayant autrefois partagé quelque chose de très fort, mais qui, depuis, se sont un peu perdus de vue.  Pas de déferlement d’émotions donc, mais plutôt de la retenue, de la réserve. Le tout baignant dans une indéniable bienveillance et un profond respect à l’égard de Samir Frangieh, fondateur incontournable du 14 Mars d’il y a dix ans.

Un intellectuel en première ligne

L’élection de Samir Frangieh, écrivain, auteur notamment du récent « Voyage au bout de la violence », c’est aussi un retour de l’intellectuel arabe sur le devant de la scène politique. En l’écoutant appeler à une révolution de la paix, on pense aux intellectuels du Printemps de Beyrouth. A Samir Kassir par exemple, fondateur de la Gauche démocratique, écrivain, première personnalité à avoir été assassinée dans la vague d’attentats qui a immédiatement suivi la mort de Rafic Hariri. Oui, les intellectuels sont une espèce menacée au Liban et dans le monde arabe en général. Forcément, ce sont souvent eux qui propagent les idées qui dérangent les pouvoirs en place. En ce sens, l’élection de Samir Frangieh à la tête du Conseil national du 14 Mars est hautement symbolique. Il est l’un des derniers représentants de l’âme du 14 Mars, des idées qui ont sous-tendu ce mouvement.

Des votants issus de toutes les confessions et régions du Liban

La participation et le calme régnant lors de cette élection a rassuré les organisateurs. Les attaques, plus ou moins agressives, s’étaient en effet multipliées au cours des derniers jours. Les critiques ciblaient entre autre, l’objet même de ce Conseil national, sa raison d’être. Ses objectifs concrets et son fonctionnement, encore flous. Les modalités de sa création aussi. Elire un président, mais sur quel socle populaire ? Comment sélectionner les votants ? L'un des principaux critères était le non rattachement à un parti politique, et l’attachement aux principes du 14 Mars.

Farès Souhaid, coordinateur du Secrétariat général du 14 Mars et cofondateur du Conseil national, a également souligné que les personnes réunies ce dimanche au BIEL représentaient tout le Liban, ses confessions et ses régions, de la montagne au littoral en passant par la Bekaa.

A la sortie de cette séance électorale, les participants sont restés un moment devant le Pavillon Royal du BIEL. La plupart d’entre eux attendaient que le valet parking leur ramène leur voiture. D’autres, que leur taxi arrive. L’ambiance était tout à coup beaucoup plus souriante et détendue. Comme si chacun soufflait, après avoir passé la première étape d’une nouvelle phase dans la vie politique libanaise.

La suite dans trois mois, avec l’élection d’un Bureau exécutif.  

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#SamirFrangieh, #Conseil_national_du_14_Mars
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