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Politique

Une délégation française chez Assad à Damas "pour voir ce qui se passe en Syrie"

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 26 fvrier 2015 à 11h25
La délégation française chez le président syrien Bachar el Assad à Damas. Photo: SANA www.sana.sy
Une délégation de quatre élus français a rencontré le président syrien Bachar el Assad mardi à Damas. L’information a généré la controverse… et mis la diplomatie française bien mal à l’aise.
Selon le quotidien français Le Monde, une délégation de quatre députés et sénateurs français, voyageant "à titre personnel", ont eu un entretien avec le président syrien Bachar al-Assad mardi à Damas.

L’agence AFP a déclaré que cette visite française est la première du genre depuis que Paris a rompu ses relations diplomatiques avec la Syrie en 2012, après la violente répression menée dès 2011 par le régime de Bachar el Assad contre les manifestations populaires qui réclamaient des réformes.

Cette visite a été confirmée par l’agence syrienne officielle d’information SANA: "Lors d'une réunion avec une délégation française dirigée par un membre du Sénat et chef du Comité d'Amitié Française-syrienne Jean-Pierre Vial, le président Bachar al-Assad a souligné que la lutte contre le terrorisme exigeait une réelle volonté politique et la conviction que le résultat ira dans l'intérêt de tous, dans la mesure où les dangers menacent tout le monde," a rapporté hier l’agence syrienne. "Si cette question pouvait être abordée sur la base de ce principe, nous pourrions sûrement obtenir des résultats positifs tangibles plus rapidement", a ajouté M. Assad, toujours selon SANA. C’est dans cette logique, a-t-il dit, que la Syrie souhaite toujours encourager la coopération entre les pays, considérant que cette coopération est le moyen le plus efficace pour contrer le terrorisme et finalement l'éliminer.

Le président syrien a précisé que "la Syrie a toujours été et est encore favorable au renforcement des relations avec d'autres pays, sur la base du respect de la souveraineté, la non-ingérence dans les affaires intérieures et le maintien des intérêts communs."

Il a souligné "le rôle important que les parlementaires pourraient jouer dans la rationalisation des politiques gouvernementales dans l’intérêt des peuples."

Selon SANA, l’ensemble des discussions a ainsi porté sur les relations syro-françaises et les développements et les défis auxquels font face les régions arabes et européennes, en particulier en matière de terrorisme.

L’opinion du président syrien sur le développement des relations a été reprise par les membres de la délégation française qui ont exprimé leur conviction de la nécessité d'un travail commun dans les différents domaines liés à l'intérêt du peuple de la Syrie et la France. L'agence officielle a également déclaré que la réunion a été "marqué par la franchise et la transparence".

Tous ces éléments sont autant d’épines dans le pied de la diplomatie française. A Paris, le ministère des Affaires étrangères a immédiatement pris ses distances avec l'initiative des élus. Un porte-parole du Quai d’Orsay a ainsi déclaré que le ministère n’avait joué aucun rôle dans l'organisation du voyage. Les législateurs "ne portait pas de message officiel", a-t-il dit.

Jacques Myard, député membre de l'UMP, faisait partie de la délégation partie rencontrer le président syrien. Il a déclaré mardi à l'AFP: "Nous avons rencontré Bachar al-Assad pendant plus d'une heure ce matin". Il a, tout comme SANA, décrit les pourparlers comme "très directs".

M. Myard a précisé que la délégation a également rencontré Mohamed Jiham Laham, le président du parlement syrien, et visité un hôpital local où ils ont vu "des choses horribles, [y compris] les enfants blessés par des terroristes". Le parlementaire adopte décidément le point de vue du régime syrien qui qualifie de "terroristes" l’ensemble des opposants, depuis le début du soulèvement populaire en 2011.
Le mouvement, à l’origine pacifique, a été brutalement réprimé par le régime. Les violences ont favorisé l’émergence de milices armées, certaines marquées par une idéologie jihadiste. La révolution s’est ainsi peu à peu transformée en une guerre civile qui a fait pour l’heure plus de 200 000 morts.

Dans la délégation française qui a visité Assad figuraient aussi des députés socialistes et du parti centriste (UDI).

Myard, ouvertement pro-russe dans la crise en Ukraine, avait auparavant déclaré à l'agence AFP que lui et ses collègues étaient sur une "mission personnelle pour voir ce qui se passe [en Syrie]".

Passer un moment au Palais présidentiel et visiter des hôpitaux sous escorte du régime n’est cependant pas, selon nous, le meilleur moyen de se faire une idée objective de la situation.
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#Syrie, #Paris, #Bachar_el_Assad
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