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Politique

Saad Hariri: Je suis un fanatique du Liban, de l'Etat, des institutions

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 14 février 2015 à 20h17
 Saad Hariri
Saad Hariri sur la scène du BIEL à Beyrouth le 14 février 2015 lors de la 10e commémoration de l'assassinat de son père. L'événement est organisé par son parti le Courant du Futur, (Al Mustaqbal en arabe) - Photo: National News Agency
L'ancien Premier ministre Saad Hariri était présent samedi après-midi à Beyrouth pour la 10e commémoration de l'assassinat de son père Rafic Hariri. La cérémonie était organisée au BIEL par son parti le "Courant du Futur", en présence d’officiels et de citoyens, de personnalités religieuses et politiques. Parmi elles, des représentants du Courant patriotique libre, l'allié chrétien clé du Hezbollah, opposé au Courant du Futur.
Saad Hariri se trouvait donc à Beyrouth samedi 14 février pour la 10e commémoration de l'assassinat de son père Rafic Hariri, tué dans un attentat à la voiture piégée en 2005. La présence de l'ancien Premier ministre était un événement en soi. Saad Hariri a quitté le Liban en mars 2011, après la chute de son gouvernement, provoqué par le Hezbollah: onze ministres membres ou alliés du Parti de Dieu avait démissionné, rendant caduque le cabinet du chef du Courant du Futur.

Depuis, Saad Hariri n'est revenu qu'une fois au pays. C'était en août 2014, alors que les combats faisaient rage à Ersal entre l'armée libanaise et le Front al Nosra. Le leader sunnite avait promis une aide à la reconstruction de la ville. Il venait également négocier un nouveau don de l'Arabie saoudite pour l'équipement de l'armée libanaise.

L'Arabie saoudite, justement, Saad Hariri l'a assez longuement évoquée au début de son discours de ce samedi. L'ancien Premier ministre est un proche allié du Royaume, sur un plan personnel, économique et politique. Il a salué le nouveau roi, le prince héritier, a rappelé le soutien de l'Arabie au Liban, avec une déférence qu'on pourrait juger un peu déplacée compte tenu des circonstance.

"Il y a quelques jours, nous avons perdu un grand ami du Liban, le Roi Abdallah ben Abdel Aziz, qui restera dans la mémoire des Libanais comme un père, un mécène et un homme de magnanimité, de courage et de fraternité sincère," a-t-il dit en ouverture de son allocution.

"Et il y a quelques jours, nous avons suivi avec le peuple saoudien, le serment d'allégeance à l'homme portant l'héritage de la stabilité, du changement et de l'ouverture, le Serviteur des Deux Saintes Mosquées le Roi Salman ben Abdel Aziz, et au prince héritier Moqren ben Abdel Aziz, et au vice-prince héritier Mohammed ben Nayef ben Abdel Aziz," a-t-il poursuivi. "De votre part, nous exprimons notre loyauté envers le Royaume, et nous nous engageons à marcher sur les traces du Président Rafic Hariri, qui a planté dans nos cœurs l'amour du Royaume, de son peuple et de son leadership, et qui est rentré dans son pays le Liban avec de la bonne volonté, et la volonté de la modération et de la paix nationale."

La suite de son intervention lui permet d'expliquer, de justifier, le dialogue qui a été lancé entre le Courant du Futur et le Hezbollah. Un dialogue nécessaire pour atténuer les tensions entre sunnites et chiite, dit l'ancien Premier ministre, qui n'hésitera cependant pas à rappeler tout au long de son discours les nombreux désaccords fondamentaux entre le Courant du Futur et le Parti de Dieu: la Syrie (où le Hezbollah est militairement présent), les armes, la stratégie de défense...

Témoin de ce rapprochement entre le Courant du Futur et ses opposants: la présence au BIEL de représentants du Courant patriotique libre de Michel Aoun, l'allié chrétien du Hezbollah.

Tentant de rassurer ses partisans, dont beaucoup s'interrogent sur ces discussions entre les deux partis opposés, Saad Hariri a affirmé:

"Nous, très clairement, ne reconnaîtrons pas au Hezbollah des droits qui l'emportent sur le droit de l'État dans les décisions de guerre et de paix et qui font du Liban une arène sécuritaire et militaire à travers laquelle ils exploitent le potentiel de l'Etat et la vie des Libanais pour sauver le régime syrien et protéger les intérêts iraniens."

Dans l'ensemble, l'ancien chef du gouvernement est apparu énergique et décidé. Son discours a été ponctué de bonnes formules: "Je ne suis pas un modéré, je suis un fanatique" dit-il. "Je suis un fanatique du Liban, de l'État et de la Constitution. Je suis un fanatique des institutions, de la légitimité, de l'armée, des Forces de sécurité intérieures, je suis un fanatique de la croissance économique, des opportunités d'emploi et d'une vie digne, je suis un fanatique de la coexistence et de la parité, je suis un fanatique de la construction d'un Etat civil."

"Nous allons continuer. Nous continuons et nous ne désespérons pas. Notre foi demeure en Dieu, et en la capacité du peuple libanais. Et notre projet demeure celui de réaliser le rêve de Rafic Hariri pour le Liban" a conclu Saad Hariri.

Reste à savoir si cette intervention parviendra à galvaniser ses partisans. Au delà des fidèles inébranlables, qui le suivront quoi qu'il fasse, il y a tous ceux qui, au fil de ses rapprochements et dialogues avec le Hezbollah, ont perdu confiance en la capacité du leader sunnite à les protéger, et à les sortir de la crise dans laquel tout le pays est embourbé.
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#SaadHariri, #Courant_du_Futur, #Rafic_Hariri, #Hezbollah
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