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Politique

#JesuisRaif : l’indigne flagellation du blogueur saoudien

PARIS | Rue89 - Le 18 janvier 2015 à 09h03
Par Pierre Haski
Photo: Reporters sans Frontières
Le mot hypocrisie est faible... Dimanche, Nizar al-Madani, le numéro deux de la diplomatie d’Arabie saoudite, faisait partie des dignitaires accourus à Paris pour la marche républicaine après la tuerie de Charlie Hebdo. Au même moment, le blogueur saoudien Raif Badawi recevait les premiers de 1 000 coups de fouet à la grande mosquée de Djeddah, pour sa liberté de pensée.
Agé de 31 ans, Raif Badawi a été condamné à dix ans de prison et 1 000 coups de fouet, distribués à raison de 50 coups de fouet chaque vendredi pendant 20 semaines.

Il devait donc recevoir 50 nouveaux coups de fouet ce vendredi 16 janvier, constituant autant d’atteintes à la liberté de pensée dans un pays-clé de la coalition internationale censée lutter contre l’intégrisme, des rues de Paris aux champs de bataille de Syrie et d’Irak.

Cette séance de flagellation aurait été annulée « pour raisons de santé », sans qu’on sache encore s’il s’agit d’une remise en cause de la peine suite aux protestations internationales, ou d’un simple répit avant reprise du châtiment.

Le « crime » de Raif Badawi fait rêver : il a fondé un site nommé Liberal Saudi Network, désormais fermé, qui plaidait pour des réformes libérales dans la société saoudienne. Parmi les faits retenus contre lui, figure le fait d’avoir lancé des débats sur des sujets politiques, culturels et sociaux, y compris d’avoir plaidé pour la célébration de... la Saint Valentin !

Victime de l’intégrisme d’Etat


Sa femme et ses trois enfants ont été contraints de s’exiler au Canada, d’où ils ont lancé un appel en faveur de cet homme qui ne peut être considéré que comme un prisonnier de conscience, victime d’un véritable intégrisme d’Etat.

Le châtiment médiéval de la flagellation, infligé par les autorités saoudiennes à un homme qui ne réclame que la liberté de pensée, n’est en rien différent de ce qui est reproché aux djihadistes de l’Etat islamique autoproclamé.

Indignation dans un cas, tolérance tacite dans un autre : la coalition internationale contre les djihadistes ne peut espérer l’emporter politiquement en tolérant un tel grand écart. On en voit les ravages dans les retombées de l’affaire Charlie Hebdo dans une partie de la jeunesse des quartiers, où le discours sur la liberté d’expression se heurte au reproche permanent de double langage.

On ne peut dire « Je suis Charlie à Paris », sans dire « Je suis Raif » à Djeddah.
PUBLIÉ INITIALEMENT SUR
Rue89
Tags
#JesuisRaif, #Raif_Badawi, #JesuisCharlie, #Charlie_Hebdo, #Liberté_de_la_presse
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