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Politique

Les défenseurs des Droits de l'Homme saluent la demande d'adhésion de la Palestine à la CPI

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 04 janvier 2015 à 11h03
Riyad Mansour, observateur permanent de l'Etat de Palestine à l'ONU, s'adresse aux journalistes. Photo: UN Photo/Evan Schneider.
Des ONG de défense des Droits de l'Homme ont salué dès vendredi l'initiative de la Palestine, qui a demandé à l'ONU d'adhérer au Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI). Pour ces ONG, cette adhésion à la CPI permettra à la Palestine de mettre Israël devant ses responsabilités notamment concernant les attaques que l'Etat hébreu a menées contre Gaza pendant l'hiver 2008-2009 et l'été 2014.
L'Observateur permanent de la Palestine auprès des Nations Unies à New York a transmis au Secrétariat des Nations Unies les copies des documents relatifs à l'adhésion de la Palestine à 16 conventions et traités internationaux pour lesquels le Secrétaire général exerce les fonctions de dépositaire, a indiqué vendredi le porte-parole du Secrétaire général.

"Cela inclut notamment le Statut de Rome de la Cour pénale internationale (CPI)", a-t-il précisé dans une note diffusée à la presse.

"Les versions originales de ces documents ont été déposées le 1er janvier 2015 auprès du Coordonnateur spécial adjoint pour le processus de paix au Moyen-Orient et Représentant personnel du Secrétaire général auprès de l'OLP et de l'Autorité palestinienne", a ajouté le porte-parole, Stéphane Dujarric. "Les documents sont en cours d'examen en vue de déterminer les prochaines étapes appropriées".

La CPI, qui siège à La Haye, a pour mission de poursuivre les auteurs de génocides, crimes contre l'humanité ou crimes de guerre. En y adhérant, la Palestine, qui a le statut d'Etat observateur non membre de l'ONU depuis 2012, aura la possibilité d'engager des actions légales contre Israël.

Cette demande d'adhésion de la Palestine intervient quelques jours après le rejet par le Conseil de sécurité des Nations Unies d'un projet de résolution dont l'objectif était de jeter les bases d'une solution pacifique et durable au conflit israélo-palestinien via l'établissement d'un calendrier pour le retrait complet et progressif des territoires occupés par Israël.

Suite à un vote des 15 membres du Conseil s'étant soldé par 8 voix pour, 2 voix contre et 5 abstentions, le projet de résolution n'a pas recueilli le nombre de voix requises pour son adoption (neuf voix pour étaient nécessaires).

"En adhérant au Statut de la CPI (chargée de juger les crimes de guerre et crimes contre l'humanité), et de nombreux autres traités internationaux, la Palestine démontre un engagement sans équivoque à devenir un Etat viable qui respecte la primauté du droit et les droits humains », a déclaré vendredi Karim Lahidji, Président de la FIDH (Fédération internationale pour les Droits de l'homme). "La FIDH soutient cette décision courageuse pour mettre fin à des décennies d'impunité et rétablir la primauté du droit, pré-requis pour l'établissement de la paix dans la région."

Dans un communiqué publié vendredi, la FIDH a aussi à plusieurs reprises fermement appelé la CPI à «enquêter en Palestine sur la base de l'extrême gravité des crimes commis, en particulier à Gaza en 2008-09 et à l'été 2014, et l'absence de justice au niveau national en raison de la réticence de l'État d'Israël et de l'incapacité de l'Etat de Palestine à véritablement enquêter et poursuivre les responsables. »

Au cours de sa dernière mission à Gaza en octobre - novembre 2014, la FIDH a dénoncé "les conséquences tragiques de la soi-disant opération Bordure de protection menée par Israël contre Gaza et de la discrimination au quotidien vis-à-vis des Palestiniens sur tout le territoire palestinien occupé qui, combinées avec l'extension croissante de la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem, illustrent de façon flagrante le manque total de volonté du gouvernement israélien de trouver une solution négociée".

Selon Shawan Jabareen, vice-président de la FIDH et Directeur général d'Al Haq, «Le recours au droit pénal international représente pour nous le meilleur outil pour garantir la justice pour les victimes et de prévenir la perpétration d'autres crimes". «L’adhésion au Statut de la CPI par la Palestine donnera aux victimes une voix qui n'a jamais été entendu par la communauté internationale."

Selon le communiqué, la FIDH exhorte tous les États, en particulier Israël et les Etats-Unis, à s’abstenir de sanctionner la Palestine pour cette demande d’adhésion.

"Nous demandons à Israël, plutôt que de sanctionner la Palestine pour une telle initiative, à ratifier le Statut de Rome ainsi. Nous appelons les Etats-Unis et tous les États se publiquement opposés à l'adhésion palestinienne au système de justice internationale à mettre fin leurs efforts pour bloquer cet accès de responsabilisation et soutenons les droits des victimes à la justice et à la réparation", a dit Katherine Gallagher, la FIDH vice-président et les cadres supérieurs avocat au Center for Constitutional Rights (CCR).

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a d’ores et déjà exhorté la CPI à rejeter candidature palestinienne, tout qualifiant l’initiative de l'Autorité palestinienne d’«hypocrite».
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#Palestine, #CPI, #Conflit_israélo-palestinien, #Israel, #ONU
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