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Politique

Commémoration de l’assassinat de Mohammad Chatah sur fond de dialogue entre le Future et le Hezbollah

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 28 dcembre 2014 à 12h12
Photo: National News Agency
"Mohammad Chatah a été assassiné suite à une décision de liquider les esprits créatifs travaillant à rétablir la primauté du droit et de la coexistence», a déclaré le ministre libanais de la Communication Boutros Harb lors de la commémoration de l'assassinat de l'ancien ministre des Finances.
Economiste et homme politique libanais, Mohammad Chatah a été tué dans un attentat à la voiture piégée à Beyrouth le 27 décembre 2013, dans le quartier de Starco.

L’attaque a également entraîné la mort d’un jeune homme qui se trouvait là.

Chatah était une figure politique indépendante, proche cependant du Courant du Futur de Rafic Hariri. Il a exercé comme ministre libanais des Finances de 2008 à 2009. Il a également officié comme conseiller des Premiers ministres Fouad Siniora (à partir de 2008 jusqu'à 2005) et Saad Hariri (de 2009 à 2011).

Beaucoup d'hommes politiques au cours de la commémoration de samedi ont exprimé un sentiment de tristesse vis-à-vis de cette disparition.

"ls vous ont tué parce que vous portiez l'arme la plus dangereuse qui soit contre les ennemis du Liban: celle de l'amour, de l'ouverture et de la foi," a dit Boutros Harb dans son discours, avant d’énumérer les qualités qui selon lui distinguaient spécifiquement l’homme politique qu’était Mohammad Chatah, soulignant notamment son rejet absolu de la violence et du sectarisme.

Il a également souligné les principes nationaux de la Révolution du Cèdre et l'insistance de ses membres pour défendre ces principes; "une chose qui a exposé ses dirigeants au danger."

"Peut-on laisser le Liban dans l'oeil du cyclone simplement parce qu’un certain camp politique a fait passer ses intérêts personnels au-dessus de tout?" a demandé le ministre, en ajoutant que le Liban a lié son destin au dossier du nucléaires iranien, à la crise syrienne, s’est tenu à l’écart de la coalition internationale contre l’Etat islamique. Le ministre Harb faisait allusion au Hezbollah, proche de l’Iran, l’allié stratégique de la Syrie. Le Parti de Dieu est actuellement militairement impliqués en Syrie pour défendre le président syrien Bachar el Assad contre la vague révolutionnaire qui secoue le régime depuis 2011. Violemment réprimé, ce mouvement d’abord populaire et pacifique s’est peu à peu doublé d’un soulèvement islamiste armé.

Le Liban a également décidé de ne pas intégrer la Coalition internationale dirigée par les Etats-État pour lutter contre l'État islamique en Syrie et en Irak.

Lorsque Mohammad Chatah a été tué, de nombreux membres de la coalition du 14 Mars et surtout du Courant du Futur, ont accusé le Hezbollah d’être derrière cette attaque. Le calendrier de cette commémoration est particulièrement ironique : elle a lieu alors que le dialogue entre le Courant du Futur et le Hezbollah a été lancé cette semaine, dans une tentative d'apaiser les tensions politiques dans le pays.

Malgré ses propos peu amènes à l’égard du Parti du Dieu dans son discours, Harb a aussi tenu à déclarer que le salut du Liban commençait avec cette reprise du dialogue national « sans conditions préalables et sans diktats. » Il s’est félicité de toutes les intentions visant à la relance d’un dialogue productif entre toutes les parties, en espérant que ce dialogue serait réel et sérieux.

Toujours concernant ce dialogue, l’ancien Premier ministre Fouad Siniora , membre du Courant du Futur, a déclaré lors de la commémoration d'hier qu’alors même que de nombreuses tentatives de discuter avec le Hezbollah se sont précédemment soldées par un échec, les deux parties espèrent fermement cette fois que leur dialogue aboutisse à un accord sur un président consensuel.

"D'autre part, les Libanais ont terriblement besoin d'espoir, un espoir qui ne peut être généré que par de nouvelles actions tangibles sur le terrain," a-t-il ajouté, en espérant que les Libanais retrouvent une certaine confiance.

Revenant à l'assassinat de Chatah, il a affirmé: "Nous sentons encore la forte présence de Mohammad Chatah parmi nous, dans chaque situation à laquelle nous faisons face, dans chacun des défis que nous devons relever. C’est pourquoi il continue à nous manquer. Et aussi que nous parvenons à faire revivre ses pensées positives et constructives qui faisaient de lui ce qu’il était".

« Comment a-t-on pu assassiner une personne possédant de tels caractéristiques? » a-t-il demandé.

"Cette question rouvre le gigantesque dossier national, qui nous fait encore et toujours souffrir, dans notre tentative de résoudre les problèmes et impasses du pays," a-t-il dit.
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#Mohammad_Chatah, #Hezbollah
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