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Politique

Le Liban ferme de manière draconienne ses frontières aux réfugiés syriens

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 19 octobre 2014 à 06h46
Le Liban a quasiment fermé sa frontière aux réfugiés syriens, ont annoncé samedi des responsables libanais et de l'Organisation des Nations Unies. Cette décision fait suite à l'afflux depuis plus de trois ans au Liban de plus d'un million de réfugiés fuyant la guerre dans leur pays, ont-ils expliqué. Ils ont ajouté que les seules exceptions concernent "les cas humanitaires".
"Nous avons informé l'Agence de l'ONU chargée des réfugiés (HCR) que nous n'avons plus la capacité de recevoir des déplacés", a déclaré le ministre libanais des Affaires sociales Rachid Derbas, cité par le quotidien libanais "al-Akhbar".

La représentante du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) au Liban, Ninette Kelley, a confirmé ces informations. "Ce que nous avons compris, c'est que désormais l'entrée au Liban n'est plus permise, comme c'était le cas auparavant, aux personnes voulant obtenir le statut de réfugiés", a-t-elle déclaré à l'agence AFP.

"Nous avons constaté ces deux ou trois dernières semaines des restrictions plus sévères. Il y a moins de gens qui viennent s'enregistrer chez nous," ce qui selon Mme Kelley "montre un durcissement à la frontière".

Ninette Kelley a confié ne pas disposer de chiffres sur le nombre de réfugiés autorisés à entrer. "Cela dépend des jours, parfois certains réfugiés entrent, et d'autres jours très peu". Certains Syriens entrent encore au Liban sur des "critères humanitaires", a-t-elle ajouté. Mais le gouvernement n'a jamais annoncé quels étaient ces critères, et n'en a pas non plus fait part au HCR.

Qualifier les critères d'entrée d' "humanitaires" ne veut par ailleurs pas dire grand chose selon nous: les réfugiés syriens qui cherchent à entrer au Liban le font pour la plupart d'entre eux pour des raisons humanitaires, parce qu'ils ont perdu dans les combats leur maison, leur travail, leur famille, ou les trois.

Derrière cette mesure se cache sans doute le souci de l'Etat libanais de limiter le passage de militants islamistes qui combattent  en Syrie le régime de Bachar el Assad et son allié le Hezbollah, et qui s'en prennent régulièrement à l'armée libanaise en territoire libanais. Ces combattants, comme ceux du Front Al Nosra, ont également à plusieurs reprises perpétré au Liban des attentats visant le Hezbollah.

Selon Mme Kelley, les restrictions d'entrée ont commencé à être appliquées d'abord au Liban-nord en août, puis ont été étendues en septembre au principal point de passage, celui de Masnaa, dans la Bekaa.

Mais la frontière, très étendue, est particulièrement compliquée à surveiller et des Syriens la traversent régulièrement, via des points de passage clandestins.

Le Liban accueille plus de 1,1 million de Syriens, un fardeau énorme pour ce pays de 4 millions d'habitants aux équilibres confessionnels fragiles. Selon l'UNHCR, d'ici décembre prochain, le nombre de réfugiés atteindra officiellement un million et demi. Plusieurs politiciens libanais ont averti qu'il était impossible pour le pays de supporter cette charge; ils avaient déjà appelé à plusieurs reprises à la fermeture des frontières après des "incidents" sécuritaires.
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#RéfugiésSyriens, #Syrie, #ONU, #UNHCR, #HCR
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