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Politique

Hassan Nasrallah: le Liban peut affronter le terrorisme

BEYROUTH | iloubnan.info / NNA - Le 24 septembre 2014 à 07h24
Le secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a abordé hier soir dans un discours diffusé sur la chaine Al Manar la crise des militaires libanais, otages des groupes terroristes à Ersal, ainsi que la question de la coalition internationale de lutte contre le terrorisme. Il s'est prononcé en faveur de négociations pour obtenir la libération des soldats libanais détenus par le Front Al Nosra. Et il s'est dit fermement opposé "par principe" à l'intervention de la coalition anti-ISIS en Syrie.
Une affaire "importante et délicate": c'est ainsi que Hassan Nasrallah a qualifié le dossier des soldats libanais otages du Front Al Nosra, soulignant la dimension humaine et émotionnelle de la situation.

Dans son discours diffusé sur la chaine télévisée du Hezbollah, Al Manar, il s'est insurgé contre la "campagne de désinformation et de falsification", menée "contre la position du Hezbollah" à l'égard de ce dossier des otages.

Il a démenti toutes les accusations de ceux qui affirment que le Hezbollah a refusé ou imposé au gouvernement le rejet des négociations avec les jihadistes.

Selon ses propos, l'affaire revêt une dimension humaine et nationale et concerne le Liban tout entier, et pas seulement les proches des otages.

"Je veux mettre les points sur les i, parce que la condition du pays est assez délicate" a déclaré Hassan Nasrallah. J"e ne veux pas suivre l'exemple de certains. Cette affaire doit être à l'écart des différends, sachant que les événements en cours sont douloureux. Je ne veux pas faire de polémiques, ni rouvrir de vieux dossiers", a-t-il ajouté.

Les miliciens du Front Al Nosra, un mouvement proche d'Al Qaida, combat le régime de Bachar el Assad en Syrie. Le Hezbollah est pour sa part militairement engagé en Syrie pour défendre le président syrien, son allié stratégique et crucial dans la région. La question du retrait du Hezbollah de Syrie a été plusieurs fois soulevée pour tenir le Liban à l'écart de la violente crise qui secoue la région. Elle a également été pointée pour favoriser la libération des otages libanais.

"Tous les Libanais savent que depuis deux mois, les groupes armés ont pris d'assaut le village de Ersal sous le prétexte de l'arrestation d'Imad Jomaa. Cette arrestation entraîna une offensive d'envergure qui était en fait planifiée depuis longtemps et qui a fait des morts et des blessés parmi les soldats. Un grand nombre de militaires ont été détenus par ces milices. Tout le Liban s'est ainsi retrouvé face à l'affaire des soldats enlevés. C'est une affaire patriotique, morale et humanitaire."

"C'est l'affaire de tout le pays et concerne tous les Libanais", a répété Hassan Nasrallah, estimant que "dès le début, les forces et élites politiques au gouvernement ou ailleurs auraient dû se montrer à la hauteur de l'affaire."

"L'objectif de tous doit être la restitution des soldats et la coopération pour leur libération. Malheureusement, d'aucuns ont modifié les vérités et exploité cette affaire pour régler des comptes," a accusé le chef du Hezbollah.

"Certaines parties ont placé le plafond des revendications beaucoup plus haut que les miliciens eux-mêmes. Des politiciens se sont même attelés à défendre l'acte des miliciens".

Mais pour Hassan Nasrallah, la situation du Liban ne permet pas d'ouvrir ce dossier en détails. "Cette affaire concerne tous les Libanais,", a-t-il encore une fois souligné, et "je ne veux pas provoquer de polémique parce que ceci ne sert pas la cause des soldats. Cette affaire relève de la responsabilité du gouvernement, et tout le monde doit coopérer pour la régler".

Le secrétaire général s'est prononcé en faveur de négociations pour la obtenir la libération des militaires. "Nous n'avons jamais rejeté le principe des négociations", a-t-il précisé. Il faisait référence au fait que le gouvernement libanais à plusieurs fois déclaré qu'il refusait de négocier avec les jihadistes.

"Je m'adresse aux familles des soldats enlevés : Ne croyez pas aux mensonges selon lesquels le Hezbollah refuse le principe de négociation.Il est du droit de l'autorité politique de négocier. Nous avons négocié avec les Israéliens et le gouvernement peut nommer des parties tierces pour négocier avec les ravisseurs takfiris".

"Mais personne ne peut se soumettre aux ravisseurs ni se présenter dans une position de faiblesse. Le gouvernement libanais sait bien quels sont ses forces. Le médiateur et les ravisseurs doivent être au courant de ces atouts. Il faut négocier en étant en position de force et non de faiblesse devant de petits groupes armés. Si nous voulons que les soldats reviennent sains et saufs, le gouvernement doit négocier en étant en position de force. Une position forte permet de libérer les soldats" a-t-il répété.

"De plus, aucun gouvernement au monde ne demande aux ravisseurs quels sont leurs demandes. La partie concernée doit fixer le plafond des conditions pour les négociations. Nous n'avons jamais dit que la porte des négociations est fermée. Nous avons dit au gouvernement notre position selon laquelle la partie qui négocie doit étudier et débattre les demandes des ravisseurs. Des conditions peuvent être acceptées et d'autres rejetées. Le gouvernement veut garantir la cessation du meurtre pour cette raison il a suspendu les négociations. Et il est de son droit de dire 'je ne négocie pas sous la menace de mort' ".

"Mais le fait de fléchir devant des ravisseurs qui fixent un délai de 24heures avant d'égorger les militaires est inacceptable. Ceci n'a lieu nulle part au monde.

Il a précisé que personne au monde ne traite une affaire pareille sur la base d'un seul scénario mais qu'il doit mettre sur la table plusieurs plans et chercher toutes les options.

"Face à cette affaire, j'appelle à faire ce que nous devions faire depuis des semaines pour sauver les militaires. Placez cette affaire hors des comptes internes. Nous, en tant que Libanais, devons coopérer ensemble pour libérer nos soldats. Personne ne peut sortir victorieux de ces calculs et de ces mensonges pratiqués contre le Hezbollah".

"Cessons cette politique pour travailler correctement, soutenir le gouvernement et mettre en place des scénarios pour faire face à des répercussions inattendues", a-t-il appelé.

Au sujet des réactions agressives que cette affaire a fait naître chez certains Libanais contre les réfugiés syriens au Liban, Hassan Nasrallah a rappelé que "après l'attentat à Roueiss dans la Banlieue Sud où il y a eu des dizaines de martyrs et de blessés, nous avons dit et nous le répétons toujours que nous ne devons pas nous venger des innocents parmi les réfugiés syriens. Les terroristes veulent que nous nous attaquions aux Syriens pour exploiter ces exactions sur le plan politique".

"Concernant l'affaire du contre enlèvement : cette question n'a rien à voir avec les soldats enlevés. Celle-ci est commise par des bandits et des criminels".

"De même, concernant les familles qui cherchent à venger leurs martyrs en effectuant des enlèvements "sachez que cette mesure n'est pas efficace. Donc, le contre-enlèvement ne mène nulle part et ne sert pas l'affaire des soldats.

"Cette politique réalise les objectifs des groupes armés qui aspirent à un conflit sectaire au Liban. Ils veulent aussi transposer la guerre au Liban. Ce sont eux qui ont attaqué l'armée. Sachez que les routes sont ouvertes à Ersal et dans son jurd. Les ravitaillements parviennent aux miliciens, et leurs blessés sont soignés dans les hôpitaux à Ersal et à l'intérieur du pays", a-t-il révélé.

"Nous avons dès le début de la guerre invité ceux qui veulent nous combattre à venir en Syrie. Nous avons appelé à épargner toute guerre au Liban. Nous espérons qu'aucune bataille n'éclate au Liban. Donc de tels incidents sécuritaires servent les intérêts des miliciens parce qu'ils veulent que la bataille éclate dans notre pays".

"Le Liban est face à un défi sérieux. Attendons pour voir comment le pays et le gouvernement ainsi que les forces politiques traitent cette affaire."

"Tout le monde sait que le Hezbollah est contre Daech, contre ces mouvements takfiris criminels. Nous les combattons. Donc, il est faut de dire que nous sommes contre la coalition pour protéger Daech. Notre position est ferme et claire quant à l'obligation de repousser ces groupes takfiris hors de notre région."

Vis-à-vis de la coalition anti-ISIS emmenée par les Etats Unis, le chef du Hezbollah a affirmé: "Nous avons une position de principe : nous sommes contre l'intervention américaine en Syrie, quelle que ce soit la cible de cette intervention. Que ce soit sous le titre de l'Otan ou de toute autre coalition internationale."

"Compte tenu de cette position de principe, nous ne sommes pas d'accord pour que le Liban fasse partie d'une coalition internationale, pour les raisons suivantes :

1- Les Etats-Unis sont pour nous la source du terrorisme au monde.

2- Les Etats-Unis sont le plus grand soutien au terrorisme israélien, le plus grand Etat terroriste dans notre région.

3- Les Etats-Unis ont créé ces groupes terroristes.

4- Les Etats-Unis ne sont pas dans une position morale qui leur permet de diriger une guerre contre le terrorisme au monde. Il y a quelques jours seulement, Washington se tenait aux côtés de Netanyahu pour tuer et bombarder des milliers de Palestiniens.

5- Cette coalition vise à défendre les intérêts américains qui sont aux dépens des intérêts de la région.
les Etats-Unis sont-ils vraiment soucieux pour les droits et les peuples de la région ? ou bien cherchent-ils à mettre la main de nouveau sur les ressources de la région ?"

"Partant de là, il n'est pas dans l'intérêt du Liban de faire partie de cette coalition. Le Liban n'a pas besoin d'en faire partie non plus", a affirmé Hassan Nasrallah.

"Les Libanais sont capables de faire face aux terroristes et au terrorisme. A ce jour, malgré toutes les divergences, le Liban a fait preuve de capacité de repousser les terroristes" a dit Hassan Nasrallah, appelant les pays de la coalition à cesser de financer les groupes terroristes qui frappent le pays, à accélérez les aides au compte de l'armée et à aidez le Liban à traiter la question des réfugiés.

"Oui, les Libanais sont capables de faire face au terrorisme. Hier, un milicien a dit que les takfiris sont capables d'arriver à Beyrouth en quelques jours. Vous avez tort. Vous n'êtes pas du tout capables de le faire. Nous devons être tous derrière l'Etat et son armée. S'ils s'unissent, les Libanais seront capables de gagner. Personne ne peut nous menacer d'invasion ni d'atteindre Beyrouth, parce que nous sommes toujours en vie et nous sommes prêts à vous combattre. Nous allons suivre de près ce qui se passe dans la région et j'appelle à la vigilance".
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#Hezbollah, #Hassan_Nasrallah, #EI, #ISIS, #Coalition_anti-ISIS, #Syrie, #militaires_otages, #Soldats_otages
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