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Politique

Nouvel exode kurde face à une offensive djihadiste en Syrie

Rue89 - Le 21 septembre 2014 à 09h50
Par Pierre Haski
 Réfugiés kurdes syriens
Réfugiés kurdes fuyant l’avancée djihadistes dans la région de Koban en Syrie (Rudaw via Facebook)
Plus de 60 000 civils kurdes de Syrie ont franchi la frontière en 24 heures pour se réfugier en Turquie - un exode massif face à une violente offensive des djihadistes de l’Etat islamique autoproclamé en territoire syrien, tandis que les Occidentaux concentrent pour l’instant leurs attaques en Irak.
Les combattants djihadistes ont avancé en direction de la ville kurde de Kobane (Ayn al-Arab en arabe), à la frontière turco-syrienne, prenant le contrôle d’une soixantaine de villages et menaçant cette ville de plus de 200 000 habitants.

Alors que les civils fuient, quelque 300 combattants kurdes ont franchi la frontière dans l’autre sens, afin de renforcer les miliciens de Yekîneyên Parastina Gel (YPG), la branche armée du Parti d’union démocratique kurde (PYD), qui contrôle les trois enclaves kurdes du nord de la Syrie depuis que l’armée du régime syrien s’en est retirée en juillet 2012.




La France exclut toute intervention en Syrie sans l’ONU


Cette éruption de combats dans le nord de la Syrie illustre la complexité de la guerre qui s’engage entre la coalition dirigée par les Etats-Unis -et dont fait partie la France-, et les djihadistes de l’EI qui ont capturé une partie du nord-est de la Syrie et du nord de l’Irak.

Or cette guerre se limite pour l’heure au territoire irakien, où les Américains et les Français ont commencé à opérer des frappes aériennes, officiellement à la demande du gouvernement de Bagdad.

Mais si les Etats-Unis ont inclus la Syrie dans le champs de leur intervention, ce sera principalement sous la forme d’un soutien militaire aux insurgés dit « modérés », voté en fin de semaine par le Congrès américain. La France a formellement exclu, comme l’a indiqué François Hollande jeudi, d’intervenir en Syrie en l’absence de mandat de l’ONU.




A l’ONU : pas un mot sur la Syrie


Réuni vendredi à New York, le Conseil de sécurité de l’ONU a prudemment cautionné les actions entreprises en Irak, mais, pour ne pas s’attirer de véto russe, n’a pas dit un mot de la Syrie :

« Le Conseil prie instamment la communauté internationale de renforcer et d’élargir, dans le respect du droit international, l’appui qu’elle fournit au gouvernement irakien dans sa lutte contre l’EIIL et les groupes armés qui lui sont associés. »

Profitant de ce champs libre, les djihadistes ont donc choisi de pousser leur avantage contre les Kurdes de Syrie, et leurs trois zones autonomes du nord de la Syrie, connues sous le nom de Rojava en kurde. Les djihadistes sont opposés aux kurdes et aux autres minorités ethniques et religieuses, et pratiquent les conversions forcées ou massacrent ceux qui s’y refusent, selon de nombreux témoignages.

Les djihadistes profitent de la décision turque de ne pas participer à la coalition internationale contre l’EI, bien qu’Ankara fasse partie de l’OTAN et donc un proche allié des Etats-Unis. Première retombée de cette « neutralité » relative : les 46 otages turcs de l’EI depuis depuis juin ont été libérés samedi, dans des circonstances mystérieuses, un soulagement pour les Turcs angoissés par leur sort.

L’EI et la coalition internationale : même pas peur

La mise en scène, ces deux dernières semaines, des mises à mort des otages américains et britannique, et cette nouvelle offensive contre les Kurdes de Syrie, montrent que l’Ei ne se laisse pas impressionner par la coalition hétéroclite mobilisée contre lui.

Cette coalition tarde d’ailleurs à montrer sa cohérence. La France est devenue le deuxième pays, après les Etats-Unis, à passer à l’action en bombardant vendredi, pour la première fois, des positions djihadistes dans la région de Mossoul, en Irak.

Une vidéo de l’armée montre le déroulement de l’opération - un peu comme un clip publicitaire pour le Rafale de Dassault, une arrière-pensée commerciale qui n’est jamais très loin dès que l’armée est engagée sur un théâtre d’opérations...



Pour les Kurdes de Kobane, hors du champs d’action de cette coalition internationale, le salut est donc dans la fuite : les dizaines de milliers de réfugiés rejoignent plus de 800 000 Syriens qui ont déjà du fuir en Turquie. La tragédie syrienne est sans fin...
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Tags
#crise_en_Iraq, coallition contre l'EI. crise en syrie, #EIIL
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