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Politique

Trois mois plus tard... Toujours pas de président au Liban

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 02 septembre 2014 à 20h44
Par Ange Al-Jalalati
 Le Parlement libanais
Photo: National News Agency
Cinquante députés sont arrivés mardi matin au Parlement, place de l'Étoile, en prévision d'une séance consacrée à l'élection d'un nouveau président de la République. Mais encore une fois, le chef du Législatif, Nabih Berri, a annoncé le report de la séance électorale jusqu'au mardi 23 septembre, celle d'aujourd'hui n'ayant pas fait quorum.
Le député des Forces Libanaises (FL) Antoine Zahra a été le premier arrivé à la Place de l'Étoile. S'exprimant à l'entrée du parlement, le député des FL Fadi Karam a indiqué que son bloc s'attachait à son candidat Samir Geagea, sauf si la partie adverseacceptait de discuter d'un candidat consensuel. Harb, de son côté, a mis en garde contre la crise nationale qui menace le Liban. Siniora a annoncé l'initiative du 14 Mars à propos de la présidentielle qui consiste en des concertations avec toutes les parties autour d'un candidat consensuel. Selon Marouni, l'initiative du 14 Mars démontre son unité. Pour Hamadé, l'initiative du 14 Mars démontre l'ouverture des forces chrétiennes sur le compromis.

Le coordinateur du secrétariat général des forces du 14 Mars Farès Souaid a affirmé, ce mardi, que cette initiative restituait à la présidence sa dimension nationale et que l'alliance ne renoncerait pas à la candidature du chef des FL, Samir Geagea.

"M. Geagea est le candidat des forces du 14 Mars qui a ouvert aujourd'hui une nouvelle voie pour l'élection d'un président de la République", a indiqué M. Souaid lors d'une conférence de presse tenue à Mehrab. "Nous n'avons pas boycotté les séances parlementaires et la balle est dans le camp adverse", a-t-il affirmé en référence au 8 Mars, rappelant que l'initiative des FL lancée en juin était "complète" et s'adressait au camp adverse. "Nous ne proposons pas des candidats maintenant. Pour cette échéance présidentielle, il y a en a deux: Samir Geagea et Michel Aoun. Toutefois, d'autres noms seront proposés lors du compromis", a-t-il dit.

Souaid a d'autre part indiqué que les développements en cours exigeaient de faire prévaloir le sens des responsabilités. "Nous ne croyons pas qu'il y ait une possibilité de s'entendre sur M. Aoun comme candidat consensuel", a-t-il declaré. "Le salut du Liban nécessite certes l'élection d'un président de la République, des questions comme l'ingérence du Hezbollah en Syrie ne pouvant être résolues qu'à travers l'élection d'un nouveau Chef de l'État", a-t-il conclu.

Le député des Forces Libanaises, Georges Edwane, a pour sa part affirmé que les forces du 14 Mars n'auront recours qu'à l'État pour affronter l'extrémisme et le terrorisme, ce qui nécessite l'élection d'un président de la République. Selon les propos du député, lors de l'annonce de l'initiative politique du 14 Mars concernant la présidentielle, la porte est ouverte par sa partie politique devant le compromis, souhaitant que les partenaires dans la patrie adoptent une position positive à cet égard. "Nous devons recourir à l'État qui affronte l'extrémisme. Comment affronterons-nous ce dernier, au moment où les instituions étatiques sont bloquées ? Comment affronterons-nous l'extrémisme et soutiendrons-nous l'armée et les forces de sécurité, en l'absence d'un président de la République?, s'est-il interrogé. D'après lui, l'initiative du 14 Mars, en tant qu'entité, vise à sortir la présidentielle de l'impasse, à l'ombre de la polarisation politique qui entrave l'élection des candidats du 8 ou du 14 Mars.

Le chef des Forces Libanaises (FL), Samir Geagea, a quant à lui indiqué concernant cette initiative du 14 Mars au Parlement, que "cette proposition constitue un premier pas vers le dialogue avec le camp adverse sur un candidat de compromis". "En plus des massacres perpétrés par l'EI (Daech) et des groupes terroristes à la frontière est du Liban, un autre crime est commis depuis près de trois mois avec le blocage des présidentielles. Les forces du 14 Mars n'ont épargné aucun effort pour y remédier", a-t-il déclaré, ajoutant que "L'initiative du 14 Mars constitue un pas en avant. Nous réclamons l'ouverture sur les autres composantes dans le but de parvenir à une entente. Le vide actuel porte atteinte à la présidence de la République".

Du coté du 8 Mars, l'initiative n'a pas été accueillie avec beaucoup d'enthousiasme.

Le député Ali Fayyad, membre du bloc parlementaire "Fidélité à la Résistance", a déclaré en réponse à une question sur l'initiative des forces du 14 Mars,qu'il "n'y a pas de commentaire à faire sur cette initiative et que nous l'étudierons avant de donner notre avis".

Le député Kassem Hachem a indiqué lors d'une conférence de presse au Parlement, que "rien de nouveau n'est à signaler dans l'initiative du 14 Mars. Les déclarations prononcées par ses membres confirment leurs positions, ni plus ni moins". "La menace terroriste et takfiriste contre le Liban nécessite une action nationale et des contacts entre les composantes libanaises. L'initiative du 14 Mars, tout comme celle qui l'a précédée de la Rencontre de la Montagne, constitue une réitération des positions. Il est bien connu actuellement que l'échéance présidentielle est une priorité pour les Libanais, notamment à l'ombre de la situation critique du pays et de la région", a-t-il clamé. Hachem a expliqué que "nous avons besoin d'une rencontre immédiate entre les composantes en vue de parvenir à une entente et à un consensus sur le prochain chef d'État. Ce dernier doit être capable d'être un pont entre les Libanais".

L'ancien ministre Sélim Jreissaty a indiqué au terme de la réunion hebdomadaire du bloc parlementaire "Changement et Réforme" présidée par son chef, le député Michel Aoun, que "l'initiative du 14 Mars est inutile et vide de sens". "Toute proposition en dehors du cadre de l'initiative du député Michel Aoun est une tergiversation visant à perdre le temps", a-t-il clamé. Et d'ajouter: "Les déclarations que nous avons entendues ont pour objectif de mettre l'EI et les groupes qui s'y apparentent au même rang que la Résistance", qualifiant ces propos de "honte nationale". "La partie qui effectue des médiations avec un groupe terroriste doit être consciente que ce dernier profitera des avantages des négociations pré chantage. Les médiations ont lieu avec les pays qui parrainent ces organisations, et si cela s'avèrenécessaire avec l'État syrien", a-t-il clamé. Jreissaty a exhorté le gouvernement "à assumer ses responsabilités et à ne pas tomber dans le cercle du chantage. La libération des otages et leur retour sain et sauf constituent notre priorité. [...] Notre initiative de salut a pour but l'édification de l'État".
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#Elections_Présidentielles_2014, #intiative_14_mars
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