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Politique

«Il faut éviter une perte de crédibilité de l'ONU», dit Ban Ki Moon. Ah, trop tard.

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 22 aot 2014 à 19h57
Une femme réfugiée de Syrie à Ersal dans le nord du Liban. Photo: UNHCR / M. Hofer
Un an après l'attaque à l'arme chimique dans la banlieue de Ghouta, près de Damas, en Syrie, le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a rappelé jeudi soir que le conflit dans ce pays restait une menace majeure pour la paix et la sécurité internationales. C’est également jeudi soir qu’un débat a eu lieu à New York pour réfléchir aux moyens de rendre le Conseil de sécurité plus « efficace » dans la prévention des conflits et dans le maintien de la paix.
Il y a quelques jours, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki Moon et le président américain Barack Obama se réjouissaient de la fin du processus officiel de destruction des stocks d’armes chimiques du régime syrien, effectué sous le contrôle d’une mission conjointe de l’ONU et de l’OIAC. Une autosatisfaction assez déplacée quand on constate que, d’une part, le dossier des armes chimiques syriennes est loin d’être clos. Et que, d’autre part, le nombre de morts en Syrie (sous les armes conventionnelles ou pas) et l’afflux de civils réfugiés dans les pays voisins ne cessent de croître.

Changement de ton jeudi soir, donc, du côté de New York, et fin de l’autosatisfaction : « Depuis l'attaque, le conflit syrien non seulement se poursuit sans relâche, mais il s'est propagé dans les pays voisins, déclenchant une catastrophe humanitaire et alimentant de nouvelles violations des droits de l'homme et crimes contre l'humanité, » a affirmé le porte-parole de Ban Ki Moon dans une déclaration à la presse. « Le conflit contribue également à des conditions favorables à la prolifération du terrorisme. Il reste une menace majeure pour la paix et la sécurité internationales », a-t-il ajouté.

Constat d’échec

191 369 personnes ont été tuées en Syrie entre mars 2011 et fin avril 2014, selon de nouveaux chiffres rapportés vendredi par la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay.
Cela représente plus du double du nombre établi il y a un an. « Malheureusement, il s'agit sans doute d'une sous-estimation du nombre réel de personnes tuées au cours des trois premières années de ce conflit meurtrier », a déclaré Mme Pillay. Les experts n'ont retenu que les décès documentés et identifiés de façon complète.

C’est dans ce contexte de « constat d’échec » qu’un débat a eu lieu jeudi soir au Conseil de sécurité sur la prévention des conflits. Au cours de ces discussions, Ban Ki Moon a encouragé le Conseil à ouvrir « une nouvelle ère de collaboration, de coopération et d’action du Conseil de sécurité » pour éviter « une perte de crédibilité de l'Organisation des Nations Unies. »

Pour notre part nous considérons que la crédibilité de l’organisation est déjà bien entamée, mais nous saluons quand même la démarche.

« Le Conseil de sécurité porte la responsabilité principale du maintien de la paix et la sécurité internationales » a rappelé Ban Ki Moon devant les Etats membres du Conseil, reconnaissant presque ouvertement l’inefficacité de la gestion des conflits en cours. Face aux multiples conflits à travers le monde, en Syrie, en Iraq, à Gaza, au Soudan du Sud, en République centrafricaine, en Ukraine et ailleurs, la communauté internationale doit « réexaminer et affiner son approche. »

Le véto ? Une tactique contre-productive selon Pillay

Selon lui, « lorsque les États membres unissent leurs forces, ils peuvent faire beaucoup. » « Mais quand le consensus est limité, se réduisant au plus petit dénominateur commun, les conséquences peuvent se mesurer par de terribles pertes en vies humaines, des souffrances énormes et par une importante perte de crédibilité de ce Conseil et de notre institution. »

Navi Pillay a pour sa part clairement pointé du doigt l’usage du véto. Le véto a été largement utilisé par la Russie et la Chine pour protéger leur allié syrien Bachar el Assad de toute résolution jugée trop contraignante pour le régime. Leurs vétos ont même visé des résolutions à visée purement humanitaire. « Une conception plus large de l'intérêt national serait plus appropriée pour un siècle marqué par un nombre croissant de défis concernant l'humanité toute entière, » a dit Navi Pillay au sujet de l'exercice de ce droit. « L'utilisation du veto pour empêcher des mesures destinées à empêcher ou à désamorcer un conflit est une tactique de court-terme et au final contre-productive».

Mais de toute façon, même votée à l'unanimité l'hiver dernier, la résolution exigeant en Syrie un accès humanitaire permanent à toutes les zones civiles par les organismes de secours n'a pas été appliquée de manière satisfaisante sur le terrain.

A l’issue des débats de jeudi, le CS a finalement adopté une énième résolution, dans laquelle il se déclare « résolu à poursuivre l'objectif de la prévention des conflits armés, en tant que partie intégrante de sa responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales.»

Sans commentaire.
Tags
#ONU, #Nations_unies, #Syrie, #BanKiMoon, #conseil_de_sécurité, Droits de l'Homme
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