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Politique

Fouad Siniora appelle à une "révolution pacifique" au Liban

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 29 dcembre 2013 à 18h47
Les funérailles de Mohamad Chatah et de son garde du corps Tarek Badr, tués dans l'attentat du 27 décembre à Beyrouth, ont eu lieu dimanche dans la capitale libanaise. Devant les deux cercueils, l'ancien Premier ministre Fouad Siniora, entouré du Mufti de Tripoli Mohammad Chaar, du Premier ministre sortant Najib Mikati et du Premier ministre désigné Tammam Salam. - Photo: National News Agency
Les funérailles de Mohamad Chatah et de son garde-corps, Tarek Badr, ont eu lieu dimanche à Beyrouth. L'ancien ministre des Finances a été inhumé près du tombeau de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri, dont il avait été un proche conseiller. Mohamad Chatah a été tué avec six autres personnes dans l’attentat à la voiture piégée qui a visé son convoi vendredi au centreville de Beyrouth. L’explosion a également fait plusieurs dizaines de blessés.
Mohamad Chatah était un proche conseiller de Saad Hariri, le chef du courant du Futur et membre du Mouvement du 14 Mars, opposé au régime de Damas. On le qualifiait également de « stratège » du 14 Mars.

Certains politiciens membres de ce courant politique opposé au régime syrien ont déploré dans des déclarations officielles l’assassinat d’un homme qualifié de « modéré ». D’autres, parmi ses proches notamment, ont estimé au contraire que Chatah représentait plutôt une « ligne dure » concernant son opposition farouche au Hezbollah et au régime de Bachar el Assad, mais une ligne dure dont les outils étaient le « dialogue » et la « réflexion », loin des armes et de la violence.

Lors de funérailles solennelles dans le centre de la capitale, plusieurs personnalités politiques proches du camp de Saad Hariri ont pointé du doigt le régime syrien et son allié libanais le Hezbollah, qu’ils accusent d’être les auteurs de l’attentat. Le Hezbollah a démenti toute implication, estimant que cet assassinat vise à semer la discorde dans le pays.

Le Mufti de Tripoli et du Liban-nord, Mohammad Chaar, a néanmoins estimé lors du discours prononcé lors des funérailles que « le camp politique adverse », en référence au Hezbollah et à ses alliés locaux, a « opté pour le meurtre et la destruction. »

« Nous ne renoncerons pas à l'édification d'un Etat fort et d'un pays civilisé où règnent les valeurs humaines. Nous n'adopterons pas des pensées terroristes. Nous ferons face à tout genre de meurtre et de destruction », a-t-il affirmé, ajoutant qu’ « un jour la justice se fera et que la modération et la sagesse primeront sur la scène libanaise. »

Fouad Siniora appelle à une révolution pacifique et démocratique

L’ancien Premier ministre Fouad Siniora, actuellement chef du bloc parlementaire du Courant du Futur de Saad Hariri, a pour sa part appelé à une « révolution pacifique et démocratique » pour « libérer le Liban des armes illégales » en référence aux armes du Hezbollah. Le Parti de Dieu est massivement armé par l’Iran, et son armement échappe à tout contrôle de l’Etat libanais, ce qui lui vaut l’appellation fréquente « d’Etat dans l’Etat ».

Des membres du Hezbollah font actuellement l’objet d’une accusation du Tribunal international pour le Liban dans le cadre de l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, tué le 14 février 2005 à Beyrouth dans un attentat à la camionnette piégée. L’explosion avait entraîné un massif mouvement de protestation populaire contre l’occupation syrienne ayant abouti, contexte international aidant, au départ des forces de Bachar el Assad. L’assassinat de Rafic Hariri avait eu lieu à quelques centaines de mètres de l’explosion qui a tué Mohamad Chatah et sept autres personnes. Le procès doit débuter courant janvier aux Pays-Bas, en l’absence des accusés, que le Liban n’a jamais livrés.

Dans la foule réunie dimanche pour les funérailles de Mohamad Chatah, la colère contre le régime syrien gronde. Interrogées par l’AFP, plusieurs personnes ont estimé que la Syrie était toujours présente au Liban malgré le retrait de son armée : « la Syrie n'est pas sortie du Liban, même si son armée s'est retirée du pays en 2005, » a affirmé une Libanaise d’une soixantaine d’années à l’Agence France Presse

La lettre ouverte de Chatah au président iranien

Avant sa mort, l’ancien ministre Chatah avait rédigé une lettre ouverte au président iranien Hassan Rouhani, dans laquelle il appelait explicitement le dirigeant à abandonner son soutien au Hezbollah. Ce document est considéré par certains de ses proches comme l’un des mobiles possibles de son assassinat. Mohamad Chatah cherchait à recueillir un maximum de signatures de députés libanais avant d’envoyer cette lettre au président iranien récemment élu.

Ce geste de Chatah intervient sur fond de rapprochement entre Etats-Unis et Iran, un mouvement qui a profondément inquiété le 14 Mars craignant les répercussions de ce mouvement sur la scène libanaise. Ce rapprochement avait par ailleurs été selon certains analystes perçu comme "un coup de poignard dans le dos" par l’Arabie saoudite, au regard de son alliance de longue date avec les Etats-Unis et de sa méfiance à l'égard de l'Iran.

L’Arabie saoudite, soutien traditionnel de Saad Hariri, vient d’annoncer une aide de 3 milliards de dollars à l’armée libanaise. Un geste loin d’être anodin : l’un des arguments du Hezbollah pour garder ses armes et conserver la tâche de défendre le Liban est que l’armée est selon lui insuffisamment armée et entrainée.
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#Liban, #Siniora, #Révolution_du_Cèdre, #Révolutions_arabes, #Chatah
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