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Politique

La prolongation du mandat du parlement libanais est approuvée, pluie de tomates sur les députés

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 01 juin 2013 à 17h23
Par Louise Wernvik
Attaque de tomates sur la voiture d'un député à sa sortie du parlement libanais le 31 mai 2013. Photo tirée de la page Facebook du groupement d'ONGs CCER (Civil Campaign for Electoral Reform) https://www.facebook.com/CCERLeb
Le parlement libanais a voté le 31 mai 2013 pour une prolongation de 17 mois de leur mandat. Les représentants de la société civile ont exprimé leur frustration et leur déception après cette décision.
Le 31 mai 2013, à 15 heures, en présence de 97 députés, la question du report de l'élection a été approuvée par le parlement, après avoir été discutée pendant une dizaine de minutes.
Suite à cette décision, une manifestation a été organisée par la LADE (Association libanaise pour des élections démocratiques) devant le parlement. Les manifestants portaient du noir en signe de deuil après cette décision, et portaient des cercueils symbolisant "l'enterrement de la démocratie."

Parmi les représentants de la société civile, Elias Abou Mrad, un candidat du mouvement Take Back Parliament aux prochaines élections législatives, initialement prévues courant juin, a affirmé que même si les élections sont reportées, leur mouvement "poursuivra les activités prévues d'ici le 20 juin, date constitutionnelle du scrutin".

"C'est une catastrophe. C'est vraiment incroyable ce qu'ils sont capables de faire pour rester au pouvoir. Mais nous ne lâcherons pas l'affaire," explique-t-il.

Des citoyens en colère ont jeté des tomates sur les voitures des députés alors qu'ils quittaient le parlement. Un député, s'est mis en colère et sa voiture s'est engagée dans la foule. La voiture rapidement fait marche arrière et quitté la région, mais pas avant d'avoir roulé sur le pied d'un policier, selon TBP.

A la fin de la session parlementaire, le député Sami Gemayel, du parti Kataeb, a estimé que les députés ne devraient pas recevoir de salaire au cours de la période de prolongation, mais cela n'a pas été décidé. La session a été boycottée par le Courant patriotique libre de Michel Aoun.

Le chef du parti Kataeb, Amine Gemayel, a pour sa part indiqué dimanche que son parti a été "contraint d'approuver la prorogation du mandat du Parlement, par crainte d'une explosion de la situation sécuritaire, pour prévenir le vide institutionnel et pour protéger l'économie libanaise de l'effondrement."

"Le parti Kataeb a déployé des efforts majeurs pour parvenir à une nouvelle loi électorale, laquelle améliorerait la représentativité chrétienne et préserverait le partenariat national. Mais ces efforts n'ont pas abouti car des parties essentielles planifiaient d'organiser les législatives sur la base de la loi de 1960 ou de mener le pays au vide (...)", a affirmé M. Gemayel.

Les différentes parties libanaises ne sont pas parvenues à s'entendre sur une nouvelle loi électorale. Plusieurs leaders communautaires ont proposé la loi dite "orthodoxe", selon laquelle les électeurs d'une confession donnée ne pourraient voter que pour les députés de leur confession. La société civile a rejeté en bloc ce projet de loi, le qualifiant d'archaïque, et l'accusant de mettre en péril le "vivre ensemble" des différentes communautés religieuses au Liban. La loi actuelle, dite de "1960", est critiquée depuis des années par l'ensemble des parties, qui l'accusent de ne pas garantir une bonne représentativité des électeurs.

Ces désaccords ont lieu alors que le gouvernement libanais est démissionnaire depuis le 23 mars, et dans le contexte des violences en Syrie, qui font craindre une flambée de l'insécurité au Liban.
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#Elections_libanaises, #Législatives_libanaises, #Société_civile_libanaise
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