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Politique

Fouad Siniora publie son livre en réponse à celui du CPL

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 08 mai 2013 à 23h11
Photo: National News Agency
L'ancien Premier ministre libanais Fouad Siniora, actuel chef du Bloc parlementaire du Futur, a tenu mercredi une conférence de presse à la Maison du Centre pour annoncer la sortie du livre "La calomnie dans le livre du quitus", qui répond aux accusations lancées par le Courant patriotique libre dans le livre "L'impossible quitus". La conférence a eu lieu en présence des députés de son bloc, de plusieurs personnalités politiques et de journalistes. Voici l'intégralité de son intervention.
"Notre pays et notre région traversent ces jours-ci des circonstances graves et exceptionnelles, et en même temps il n'est pas clair où les choses pourraient entrainer les Libanais à moins qu’ils n’unissent leurs forces et leurs intentions pour sauver le Liban des dangers qui le menacent.

"Ma rencontre aujourd’hui avec vous était consacrée à un dossier important et fondamental, mais son importance peut paraître faible devant les questions posées aux Libanais et qui frappent à leurs portes de plus en plus violemment à plus d'un niveau, que ce soit en ce qui concerne les changements qui s'opèrent dans la région arabe ou en ce qui concerne les développements violents en Syrie, et qui ont des répercussions graves, aussi en ce qui concerne le nouveau gouvernement qui est en phase de composition, ou le projet de loi électorale et la prochaine tenue de la séance parlementaire.

"En tous les cas, ma rencontre avec vous aujourd'hui avait pour but d'annoncer la publication du livre, de petite taille mais au grand sens, éloquent dans son contenu. Ce livre, «La calomnie dans le livre du quitus», a été élaboré par un certain nombre de collègues du Bloc du Futur pour répondre à la campagne précédente et continue de diffamation et de distorsion concernant le président martyr Rafic Hariri et toutes les réalisations faites au cours de sa présidence du Conseil des ministres et au cours de la présence de notre équipe à des postes de responsabilité politique.

"Mais avant de présenter le livre, je voudrais souligner les points suivants:
Un: Les développements sécuritaires et militaires qui ont lieu en Syrie sont pour nous et pour le peuple libanais la principale source de préoccupation, surtout en raison de l'engagement, grand et public, du Hezbollah dans les combats en Syrie pour la protection du régime face à son peuple. Permettez-moi de préciser que la question de la grande participation du Hezbollah dans cette lutte est la source de grand danger pour le Liban et le peuple libanais à ce stade. De là, nous avons besoin maintenant et avant toute chose, afin de protéger le Liban, la paix civile et l'unité intérieure, que le Hezbollah retire ses éléments armés de Syrie et qu’il cesse de participer à ces combats.
Regardons honnêtement ce qui se passe. Le peuple libanais, les familles libanaises, les mères du Liban, les enfants du Liban, ne veulent pas que leurs enfants, leurs jeunes et leurs pères soient tués pour défendre le régime syrien.
Se battre contre Israël, l’ennemi occupant la terre, sous la bannière de l'État libanais est un honneur dont nous sommes fiers, mais se battre pour protéger le régime syrien contre son peuple est une honte et un crime impardonnable.
Celui qui veut épargner au Liban les conséquences de ce qui se passe en Syrie, lui éviter de s’impliquer dans une guerre qui n’est pas la sienne n’envoie pas ses jeunes se battre aux côtés d’un régime injuste.
A partir de cette tribune, j'exhorte les chefs spirituels et politiques, je demande au Président de la république, au Président de la Chambre, au premier ministre désigné et au premier ministre démissionnaire, à tous les dirigeants et députés, d’être attentif à ces dangers qui menacent notre pays, et briser le mur du silence et de la peur et de demander immédiatement le retrait des combattants et des militants envoyés en Syrie par le Hezbollah, qui se vante de leur existence et de leur rôle dans les combats.
Ce qui se passe maintenant est dangereux, très dangereux. Que des forces partisanes libanaises soient engagées, sous les yeux de l'Etat libanais et ses institutions politiques et sécuritaires, dans les combats face au peuple syrien et que personne ne s’y oppose est très grave.
D'ici, je lance un appel à chaque mère, chaque père, chaque famille, pour qu’ils élèvent la voix et crie son refus de la participation aux combats en Syrie, nous ne voulons pas que nos enfants meurent dans la lutte en Syrie entre le régime et le peuple syrien. D'autre part, avec ce qui se passe là-bas, nous appuyons l’aide aux réfugiés syriens mais nous ne voulons pas que nos jeunes soient tués en Syrie dans une bataille qui contredit nos convictions, notre nationalisme, nos valeurs et notre religion.
J'appelle les organisations de la société civile au Liban, les mères et les pères, à agir et briser les murs du silence et de la peur, et dénoncer l'implication libanaise en Syrie et le soutien à un régime criminel qui massacre son peuple et détruit son pays.

Deux : En raison de la gravité des développements dans la région et en Syrie en particulier, ce dont nous avons le plus besoin aujourd'hui plus que jamais est un gouvernement dont la principale mission est d’organiser des élections législatives afin de protéger le Liban et préserver ses institutions constitutionnelles. Par conséquent, il est indispensable de fournir le soutien nécessaire au président désigné Tammam Salam, qui, en coopération avec le Président de la République Michel Sleiman, accomplira cette tâche minutieuse. Je dis bien fournir un appui et une coopération et non placer des obstacles et mettre des conditions à la mise en place d'un gouvernement, qui doit selon notre point de vue, être composé de non-partisans et de personnes non-candidates aux élections législatives. Cette approche sage et rationnelle du gouvernement à venir facilitera le processus de sa formation, ce qui contribuera à réduire la tension dans le pays et ouvrira la voie à une nouvelle phase afin que ce gouvernement puisse gérer le grand nombre de problèmes soulevés, par le dialogue national d'une part et la bonne gouvernance d'autre part.
Il est devenu nécessaire de soutenir le premier ministre par un gouvernement d’élections parce qu’un gouvernement regroupant des représentants de partis dont certains combattent en Syrie augmentera les difficultés et les complications de la formation du gouvernement, et portera les éléments explosifs de sa chute.
Soyons réalistes, il est difficile de fournir une couverture politique à ceux qui combattent en Syrie, au côté du régime syrien. Pour ces raisons, le gouvernement qui s'emploiera à organiser des élections, formé de non-candidats aux législatives, est possible et requis afin d’épargner au Liban les conséquences de ce qui se passe autour de nous et afin de créer une atmosphère appropriée pour éviter la prolifération des mines semées sur la voie qui nous mènera à la sortie de cette crise.
Ce qui est nécessaire aujourd'hui est l'application non-sélective de la politique d'auto-distanciation, par l'engagement à respecter la Déclaration de Baabda et «garder le Liban neutre vis-à-vis de la politique des axes et des conflits régionaux et internationaux et lui épargner les répercussions négatives."

Trois: Quant à la loi électorale je souligne l’attachement du Courant du Futur à la coexistence et donc à une loi de consensus pour les élections parlementaires, qui garantisse l'intérêt de tous, la juste représentation et la liberté de choix. Nous sommes ouverts à toute proposition mixte pour atteindre ces objectifs et maintenir notre coexistence, qui est le dénominateur commun primordial. Je vous assure que nous tenons à ce que ces élections aient lieu dès que possible après qu’il soit devenu impossible de les organiser dans les délais constitutionnels vu les projets fantômes soumis de ci et de là pour confondre les Libanais et les détourner de leur cause essentielle, qui est l’attachement aux organisations constitutionnelles, à leur système démocratique et à la défense de leur unité, de la souveraineté, liberté et l'indépendance du Liban et de la coexistence entre les Libanais.
Alors que tout le monde le sache, nous avons dit dès le premier jour que nous n'accepterons pas le soi-disant projet du rassemblement orthodoxe car il modifie la nature du Liban, car il est fondé sur la coexistence exprimée dans le préambule de la Constitution, et détruit le Pacte de la coexistence sur lequel repose notre pays et que nous avons édifié après des années de longs et tortueux tourments, de souffrances et de sacrifices.

"Ici, je vais retourner à notre autre sujet, « La calomnie dans le livre du quitus ».
Dans les discussions qui avaient lieu avec le président martyr Rafic Hariri, après chaque attaque de calomnies dont nous étions victimes pendant cette période, ce dernier, paix a son âme, ressentait de l'amertume et de la douleur. Je me souviens que je lui ai dit plus d'une fois que, comme nous portons la bannière de la défense des intérêts du Liban et des Libanais et que nous travaillons à préparer l'avenir du Liban et à renforcer la confiance en lui, en ses valeurs et son économie, nous sommes devenus comme celui qui porte une vitre de verre, et autour duquel se rassemblent ceux qui essaient de viser cette vitre et de briser cette confiance avec les pierres des intérêts étroits. Nous, en contrepartie, nous prenions la position de défense à droite et à gauche, dans l'espoir d'assurer la stabilité et le développement du pays et faire avancer le projet que nous avons lancé pour le bien de notre pays et de nos citoyens sur la voie qui mène vers l'avenir et ses défis. Il est vrai que, le plus souvent, nous ne répondions ni aux questions ni aux débats et nous cherchions à nous concentrer sur le travail et les réalisations en faisant valoir que les résultats obtenus convaincrons tout le monde de la justesse de notre travail.

"Les jours passaient, et les campagnes de diffamations se poursuivaient, y compris, comme vous vous le rappelez, cette phrase «La pierre avant l'homme», qu'ils voulaient propager pour discréditer le projet de construction du président Hariri... Contre qui dirigeaient- ils cette accusation? Contre le président martyr qui a lancé un projet sans précédent dans l'histoire arabe moderne et qui a contribué à l’éducation de 30 000 étudiants libanais dans les universités libanaises et étrangères et qui a créé de nombreuses écoles. Contre l'homme qui a réalisé un effort sans précédent pour construire des hôpitaux publics, l'Université libanaise, l'aéroport international de Beyrouth, l'expansion des ports de Beyrouth et Tripoli, la reconstruction du centre-ville de Beyrouth, des routes, des écoles et la reconstruction des infrastructures dans le pays et le développement de la vie et de la croissance de l'économie libanaise dévastée et croulant sous l'inflation, et avec tout cela on disait "la pierre avant l'homme." La vérité est que la pierre qui a été construite par lui n’était pas pour la pierre, mais pour l’homme.

"La campagne de diffamation contre le président et son projet s’est poursuivie jusqu’à ce que les mains de la criminalité le tuent pour l’annuler et annuler son projet. Mais plus dangereux que l'assassinat physique et qui persiste encore est la tentative d'assassinat moral du président martyr et l'assassinat de ses exploits et réalisations. Mais ils ont oublié que sa présence augmente avec son absence et que ses exploits se développent alors que les fautes et les péchés des autres se dévoilent de plus en plus au peuple libanais jour après jour.

"La terrible ironie est que celui qui était impliqué dans la destruction du Liban et de ses institutions et le déplacement de sa population, vient aujourd’hui donner des leçons de vertu, et des projets de développement, de changement et de réforme alors que les échecs, les crises, les scandales et les mauvaises odeurs sont étouffants du fait de ses pratiques et celles de ses ministres.
Nous sommes venus aujourd'hui pour annoncer la publication de ce livre qui est une réponse à la campagne de dénigrement lancée par le courant aouniste, qui a publié le livre afin d'activer sa campagne et de mobiliser ses supporters. Il a rassemblé et compilé toutes les rumeurs, les ragots, les fausses accusations qui avaient été lancées et a ajouté quelques fabrications et rumeurs, publiant le tout dans un livre.

"L'expérience nous a enseigné que le silence n’est pas toujours utile, et il ne convient pas de laisser l’erreur prévaloir sans s’y opposer afin qu'elle ne puisse pas manipuler l'esprit des gens et forger leurs impressions sans clarification ou réponse.

"Ce livre, « La calomnie dans le livre du quitus », est désormais disponible dans les librairies. Il est accessible à tous les lecteurs qui souhaitent connaître la vérité, et démontre les fabrications, les calomnies et la distorsion. Et pour que ce livre soit facile pour les citoyens, mes collègues et moi l’avons rédigé d'une manière brève et simplifiée, mais claire et profonde. Nous avons résumé les questions soulevées dans ce livre en 16 chapitres qui concernent les comptes de l'Etat libanais, les avances du Trésor, la dette publique, les dons, les dépassements dans les dépenses publiques, les transferts, les chèques perdus, le Haut Conseil de Secours et d’autres sujets. Notre réponse est faite d’informations claires.

Je ne vais pas présenter tout ce qui est écrit dans le livre, mais je vais aborder une question soulevée, pour indiquer l'étendue de la calomnie et la distorsion qui ont été dirigées contre nous pour brouiller des faits irréfutables et fabriquer des faits artificiels.

Nous avons récemment entendu beaucoup de rumeurs qui ont été répétées afin de se fixer dans l'esprit des Libanais, qui disaient que les gouvernements du Premier ministre Rafic Hariri avaient "remis à zéro" les comptes de l'État libanais, afin de donner l'impression que les fonds publics ont été saisis à ce moment-là, et que la Cour des comptes s'est opposée à ces comptes, dans le processus de contrôle de la clôture des comptes ou du compte du Trésor ... Mais quelle est la vraie histoire?
La vraie histoire est que lors de nombreuses années, de 1979 jusqu'en 1992, la préparation de la clôture du budget et des comptes du trésor, a été arrêtée et, certaines années, la préparation et l'approbation des budgets publics ont été arrêtées, et n’ont pas été effectuées pendant 13 années successives, surtout après la destruction et l'incendie du ministère des finances, dont certains bureaux ont été brûlés lorsque le général Michel Aoun a pris le pouvoir et a lancé ce qui était connu alors comme la guerre de libération. Un grand nombre de dossiers financiers de l'Etat ont brûlé, et, les Libanais s’en rappellent, l'argent liquide recueilli a été transféré du bâtiment du ministère des Finances dans la région de Nahr au général Aoun et donc dans ses comptes personnels à Paris, et les chèques publiés plus d'une fois prouvent cela.

"Après tout cela, lorsque les gouvernements de la reconstruction ont été mis en place avec le Premier ministre Rafic Hariri début 1993 nous avons découvert la destruction qui a frappé les comptes et les documents financiers de l'État dans les années antérieures à 1993, donc nous avons dû faire face à ce problème insoluble, et nous avons décidé de commencer par les données disponibles, et parfois de zéro, pour que le ministères des Finances puisse être en mesure de retourner à la préparation des budgets publics dans les délais constitutionnels, ensuite tout l'argent liquide disponible dans le ministère des Finances a été transféré à la fin de l'année 1992 dans le compte général du Trésor à la banque centrale. Ainsi, l'enregistrement des comptes détaillés des finances publiques a commencé en 1993. Ce fut la seule méthode pratique pour commencer à reconstruire les finances publiques, à partir de la date à laquelle nous avons pris les responsabilités dans le gouvernement libanais à l'époque.
Imaginez l'ironie, les dossiers du ministère des Finances sont brûlés pendant la période de pouvoir du général Aoun, à l’époque du gouvernement militaire et des guerres insensées annoncées et menées par le général Aoun, et le Courant de Aoun lui-même accuse les gouvernements Hariri de comptes cachés ! Pour quelle période? La période qui a précédé la prise de responsabilité par le président Hariri au gouvernement libanais pour la deuxième fois.

"La vérité est que le peu de temps qui s'est écoulé depuis l'achèvement de la préparation de ce livre a été marqué, comme les années au cours desquelles les ministres CPL ont eu des responsabilités gouvernementales, par une série de scandales liés à cette équipe, qui expliquent ce qui se passe dans le pays. En quelques jours, nous avons entendu parler de plusieurs scandales qui sont la pointe de l'iceberg: Nous avons entendu parler du scandale du navire Fatma Gul Sultan, nous avons entendu parler du scandale de la création d'unités au sein du ministère de l'Énergie après la démission du gouvernement du Hezbollah, en violation des lois et de la Constitution et de l'autorité limitée accordée aux gouvernements de suivi des affaires courantes, nous avons entendu parler du scandale de la saisie de documents et de la modification des faits au ministère des Communications après la démission du gouvernement. Il ne faudrait pas oublier ce qui a été dit sur les scandales du: Captagon, le diesel rouge, la contrefaçon de médicaments, les pharmacies illégales et d'autres scandales de corruption, et la saisie continue des fonds de financements publics par le ministère des communications, ce qui fait perdre au Liban des centaines de millions de dollars par an. Le volume de corruption permettrait de publier un livre toutes les quelques semaines.

"En tout cas, ce que je voulais dire, c'est que nous ne garderons plus le silence, mais nous en parlerons et nous écrirons et nous dirons que ce livre aujourd'hui sera suivi par d'autres livres traitant de tous les sujets d'une manière globale et détaillée pour expliquer la vérité sur ce qui s'est passé et ce qui se passe, et comment le gouvernement du Hezbollah et son allié, le Bloc de la Corruption et de la Destruction, a présenté la pire pratique possible d'un gouvernement libanais depuis l'indépendance.
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#FouadSiniora, #CPL, #Michel_Aoun
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