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Politique

Nasrallah: Les amis de la Syrie ne permettront pas la chute du régime

BEYROUTH | iloubnan.info / NNA - Le 01 mai 2013 à 11h59
Le drone abattu en Israël et la situation en Syrie ont constitué, ce mardi, les deux grands titres du discours télévisé du secrétaire général du Hezbollah, Sayyed Hassan Nasrallah, retransmis en direct sur la chaîne Al-Manar.
Sayyed Nasrallah a notamment démenti, encore une fois, les allégations israéliennes seront lesquelles le Hezbollah aurait envoyé le drone abattu au large de Haïfa. Il a aussi prôné le dialogue et une solution politique en Syrie, assurant que les amis de ce pays dans la région ne permettraient pas la chute du régime, appelant à la libération des otages détenus à Azaz et assurant que "ceux qui croient que les développements régionaux affaiblissent la Résistance font fausse route".

Il n'a toutefois pas abordé les sujets qui font l'actualité libanaise, comme la formation du gouvernement et la loi électorale, les laissant à son prochain discours.

Apres avoir présenté ses meilleurs voeux aux travailleurs à l'occasion de leur fête, Sayyed Nasrallah s'est penché sur l'affaire du drone qu'Israël a annoncé avoir abattu, jeudi dernier, dans son espace aérien.

"Le Hezbollah n'a pas envoyé ce drone (...). Nous avons le courage de revendiquer de tels actes", a-t-il affirmé.

Il a ajouté que rien, jusqu'à présent, ne confirmait les informations israéliennes sur ce drone. "Même la Finul n'a pas assuré que cet engin est entré en Palestine occupée", a-t-il noté, faisant état d'une certaine confusion quant à l'identité de la partie qui aurait envoyé ce drone en Israël.

"Plusieurs suppositions sont là. Nous ne savons pas si une partie palestinienne est derrière cette affaire, dont l'auteur pourrait également être Israël lui-même", a-t-il ajouté, avant de signaler qu'une troisième partie aurait pu également envoyer ce drone afin de faire accuser le Hezbollah et de l'entraîner, par la suite, dans une confrontation avec l'ennemi.

Le chef du Hezbollah a alors mis en garde contre les manoeuvres israéliennes et certains "indicateurs inquiétants" dans la région, surtout en ce qui concerne la cause palestinienne et les tentatives arabo-américaines d'imposer, aux Palestiniens, des solutions qu'ils avaient toujours refusées.

Il a de même signalé que "ceux qui pensent que la Résistance au Liban est affaiblie par la situation en Syrie, en Irak et en Palestine, et par les pressions sur l'Iran, font fausse route". "Bien au contraire, la Résistance est déterminée à défendre ce qu'elle a réalisé avec l'armée. Nous ferons face à toute offensive et nous en sortirons vainqueurs", a-t-il signalé.

Abordant ensuite la question syrienne, Sayyed Nasrallah a commencé par critiquer la guerre "psychologique" menée contre le Hezbollah par certains médias arabes.

"Nous sommes habitués à ce genre de guerre. On parle de convois de martyrs tombés en Syrie, surtout sur les chaînes Al-Arabia et Al-Mustakbal (...). A les entendre, et en additionnant les nombres qu'ils avancent tous les jours, on dirait que nous avons perdu 1000 combattants en Syrie", a-t-il dénoncé, se demandant comment est-il possible de dissimuler un tel nombre de martyrs et assurant que le Hezbollah est fier de ses éléments qui tombent dans les batailles, n'importe où dans le monde.

Tout en récapitulant les événements des deux dernières années en Syrie, Sayyed Nasrallah a conclu que "ce qui s'y passe ne vise pas seulement à rayer ce pays de l'axe de la résistance et de l'équation de la lutte israélo-arabe, ni à retirer le pouvoir des mains de l'actuel régime". "Le but recherché par ceux qui sont derrière la guerre en Syrie est la destruction totale du pays afin qu'il soit rayé de l'équation régionale", a-t-il expliqué.

Et de poursuivre: "Ils veulent un Etat faible, incapable de prendre des décisions quant à son pétrole et à sa souveraineté, comme c'est le cas dans certains pays qui ont connu le Printemps arabe. Plusieurs membres de l'opposition syrienne sont au courant de cet objectif (...). La Syrie est affrontée au danger de la division et Israël attend le moment de prendre des initiatives".

Il a ensuite noté que la crise syrienne a laissé la place à deux orientations contradictoires. "La première veut la chute du régime, elle a opté pour la solution militaire et l'ingérence étrangère. Des appels aux Jihad ont de même été lancés; la seconde, adoptée par les amis de la Syrie, veut une solution politique, à travers le dialogue, sans aucun appel au Jihad (...)", a-t-il indiqué, rappelant que le régime syrien avait assuré qu'il était prêt à entamer le dialogue, lequel a été rejeté par l'opposition.

"La Syrie a de véritables amis dans la région et dans le monde. Ils ne permettraient pas qu'elle tombe entre les mains des Etats-Unis, d'Israël et des groupes takfiristes", a-t-il martelé.

"Il y a actuellement des experts iraniens qui sont en Syrie depuis des dizaines d'année mais pas de forces militaires iraniennes car c'est maintenant le peuple syrien qui combat", a-t-il noté. "Mais, a-t-il ajouté, si la situation devenait plus dangereuse, des Etats, des mouvements de résistance et d'autres forces seront dans l'obligation d'intervenir de manière efficace dans la confrontation sur le terrain".
En outre, Sayyed Nasrallah n'a pas manqué de lancer un appel aux pays et peuples arabes et islamiques "qui veulent sauver la Syrie et qui ne désirent pas que la Palestine se perde" dans les méandres des projets tracés pour la région, prônant à nouveau le dialogue et un compromis politique.

"Le Liban ne peut plus supporter le fardeau des déplacés. La solution serait qu'ils rentrent chez eux, en toute liberté et en toute dignité. Et ceux qui veulent venir en aide à ces derniers doivent agir en conséquent", a-t-il estimé.

Passant ensuite à l'affaire du rif de Qousseir, le secrétaire général du Hezbollah a indiqué que les familles libanaises qui y habitent ont été confrontés aux groupes armés.
"Nous n'allons pas laisser les Libanais dans le rif de Qousseir exposés aux dangers de ces groupes. (...) Sachez que des Libanais ont participé aux combats contre les Libanais. Pour ceux qui nous demandent de reléguer la mission de la protection des familles libanaises à l'Etat libanais, je dis que l'Etat est incapable de les protéger", a-t-il encore lancé.

Concernant le mausolée de Sayeda Zaynab, à Damas, il a précisé que des groupes armés sont positionnés à quelques centaines de mètres de là. "C'est une question très sensible, parce que ces groupes, qui comprennent des groupes salafistes, ont averti qu'ils allaient détruire le mausolée dès qu'ils seront à ses abords. Cela aura des répercussions très graves et tout le monde perdra le contrôle de la situation. Les pays qui financent ces groupes assument la responsabilité et doivent les empêcher de détruire le mausolée", a-t-il mis en garde.

Le dernier point du discours de Sayyed Nasrallah a été réservé aux pèlerins enlevés à Azaz. "La poursuite de cette affaire à nos jours est très douloureuse. L'Etat n'est pas parvenu à une solution. Quel est objectif de ces ravisseurs ? Veulent-ils une rançon ? De l'argent ? Ou bien s'agit-il d'une pression politique ? Si c'est le cas, la pression politique a échoué. (...) Figurez-vous que nous sommes capables de voir pour longtemps les femmes et les enfants des pèlerins se déplacer d'une rue à une autre pour réclamer la libération des leurs sans que nous passions à l'acte ? Il faut que l'Etat trouve une solution à cette affaire", a-t-il martelé.

C'est en assurant qu'il fallait épargner au Liban tout conflit que Sayyed Nasrallah a terminé son discours. "Quant à ce qui se passe en Syrie, tous les Libanais y sont concernés. Ils doivent réclamer en une seule voix la fin de la guerre en Syrie. Et c'est honteux d'accuser les dignitaires musulmans ou chrétiens qui adoptent cette logique d'être des ambassadeurs du régime", a-t-il conclu.
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#Hassan_Nasrallah, #Hezbollah, #Syrie
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