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Numérique

Transformation digitale : le Liban en retard malgré un énorme potentiel

BEYROUTH | iloubnan.info - Le 25 décembre 2016 à 11h43

Dans un entretien accordé au magazine ArabAd, Nehmé Lebbos, PDG de NELCOM Group et expert en stratégie digitale, revient sur les freins et les atouts du Liban concernant le numérique. Pour lui, un bond en avant du Liban sur la carte digitale régionale permettrait au pays de redresser la barre dans de très nombreux autres domaines, à commencer par celui de l'emploi.

Pouvez-vous nous parler des échecs et succès que vous avez rencontrés au fil de votre carrière dans le digital jusqu’à présent ?

J’ai eu une bonne part des deux à vrai dire. Cependant je peux dire aussi que de qui me laisse perplexe, c’est de voir qu’aujourd’hui, quand on propose des services digitaux de pointe qui pourrait accompagner le développement d’industries primordiales pour le pays, on doit faire face à la même résistance qu’il y a dix ans. Ce que je veux dire, c’est que pour que cette technologie prenne le dessus, toutes les personnes impliquées doivent participer. Cela contribuera non seulement à générer des flux de revenus, mais en plus cela donnera un sérieux coup de pouce à l’économie grâce aux emplois créés.

Quels sont les obstacles qui empêchent ce genre de progrès ?

Nous devons bien sûr déjà mettre à jour l’infrastructure existante. Mais il faudrait aussi créer des lois adapter pour soutenir le ecommerce, ce qui relancera de nombreux secteurs actuellement en berne. Si l’on ajoute à ça le manque de prise de conscience, on peut comprendre ce qui est en train de se produire, ou plutôt de ne pas se produire. En bref, nous avons besoin de commencer quelque part. Peu importe que l’on échoue ou pas, parce qu’on finira de toute façon par y arriver. En revanche, si l’on n’essaye pas, on peut être sûr que rien ne se produira.

Une autre raison expliquant que l’environnement évolue à la vitesse d’un escargot, est la mentalité dominante qui donne le ton général au digital dans le pays. Les grands décideurs qui contrôlent les dépenses réfléchissent encore à une toute petite échelle, au lieu de s’ouvrir à toutes les possibilités qui existent aujourd’hui.

Quelles seraient vos autres suggestions pour développer l’industrie du digital au Liban ?

On pourrait créer des hubs de tailles variables à travers le pays. Cela génèrerait des emplois au niveau local, au sein même des collectivités, et aiderait à décongestionner le trafic entrant et sortant de Beyrouth, tout en réduisant les émissions de carbone de chacun. Il faut aussi penser qu’aujourd’hui nous avons une partie de la diaspora libanaise qui aimerait bien rentrer mais qui n’arrive pas à sécuriser un travail. La plupart des clients ne veulent pas miser sur des idées innovantes à moins que le projet soit considéré comme sécurisé, et ça décourage de nombreuses initiatives.

Il n’empêche que malgré tous ces obstacles, le potentiel est énorme, et les objectifs accessibles, à condition de trouver les soutiens financiers et de favoriser une réflexion avant-gardiste.

Quelle pourrait alors être la prochaine étape ?

Nous sommes en mesure d’implémenter des stratégies Big Data, en collectant, en organisant et en analysant des données provenant de sources internes et externes. En nous basant sur les résultats, nous pouvons élaborer des recommandations ultra spécifiques, et les partager avec les équipes responsables d’élaborer les stratégies de contenu, communication, process et relations clients en fonction des besoins émergents des clients, avant même que ces besoins ne soient officiellement exprimés dans le grand public. En d’autres termes, nous anticipons les besoins des clients. C’est un peu comme si nous prédisions le futur.

Comment les industries et les marques existantes utilisent-elles le digital pour le moment ?

Au lieu d’optimiser l’expérience utilisateur, les industries locales, tout en se targuant d’avoir une stratégie digitale, ont en permanence un temps de retard sur elles-mêmes. C’est ridicule et contreproductif pour le processus de croissance dans son ensemble, surtout quand vous faites face à des budgets constamment en baisse. Finalement ces sociétés locales se basent sur l’espoir plutôt que sur la science !

Et puis ici, l’éternel problème, c’est aussi que les gens sont plus intéressés par le fait de savoir qui vous connaissez plutôt que ce que vous connaissez.

En tout cas pour ce qui nous concerne, nous sommes une agence digitale intégrée proposant des solutions holistiques. Nous étudions les comportements et ensuite, en nous basant sur les données collectées, nous ajustons l’approche et la stratégie en termes de communication des marques. Cet ajustement se fait en temps réel. Notre réseau se compose de trois agences : Proximity Agency (agence digitale comportementale), Social Aim (agence de contenu de marque) et Sketch (agence de publicité). Ironiquement, Proximity Agency et Social Aim sont enregistrées ici comme des agences de publicité… parce que les catégories respectives auxquelles elles appartiennent réellement n’existent pas dans la législation libanaise !

Tags
#Digital, #Innovation, #Numerique, #Technologie, #TransformationDigitale
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