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En bloquant Linkedin, le Kremlin veut faire peur à Facebook et Twitter

MOSCOU | Rue89 - Le 19 novembre 2016 à 09h42
Par Emmanuel Grynszpan

LinkedIn a rejoint PornHub et un millier de sites internets d’opposition ou ukrainiens, sur la liste des sites interdits par la Fédération de Russie.

Les internautes russes n’ont plus accès au réseau social professionnel depuis jeudi après-midi. Le couperet est tombé dans la matinée, lorsque le gendarme de l’internet russe Roskomnadzor a ordonné aux opérateurs d’en bloquer l’accès.

Stockage obligatoire des données personnelles en Russie

LinkedIn, qui a été racheté par Microsoft cet été, est puni pour n’avoir pas obtempéré à une loi votée il y a deux ans obligeant tous les sites étrangers conservant des informations personnelles de citoyens russes à localiser le stockage de ces informations sur le territoire russe.

La décision n’est pas une surprise pour le site américain, puisque la procédure judiciaire dure depuis le 4 août dernier. La direction du groupe a réagi en demandant une audience auprès de Roskomnadzor. Le régulateur a répondu froidement, par la voix de son porte-parole Vadim Ampelonsky :

« Nous avons reçu la lettre [de LinkedIn], qui circule actuellement entre plusieurs administrations russes [de sécurité], dans la mesure où il s’agit d’une compagnie étrangère. Une fois qu’un accord sera trouvé, il sera décidé d’une date de rencontre. »

Le Kremlin ne pliera pas

Facebook et Twitter n’ont pas non plus localisé leurs serveurs en Russie malgré les pressions et les menaces des autorités russes. LinkedIn est le premier à être sanctionné, peut-être parce que son audience est moindre que celles des deux géants américains.

Mais c’est un signal que le Kremlin ne pliera pas. Son porte-parole Dmitri Peskov a appuyé la décision de Roskomnadzor en jugeant la décision « légale », tout en assurant qu’il ne s’agit « en aucun cas » de censure. Beaucoup d’internautes russes voient dans ce blocage un nouveau signe du durcissement du contrôle de l’internet par les autorités russes.

Dans le passé, des officiels ont accusé les grands groupes de l’internet (Google, Twitter et Facebook) de collusion avec les services secrets américains dans l’organisation du « printemps arabe » et d’autres tentatives de changement de régime à travers le monde.

Services secrets

La réticence de nombreuses sociétés de l’internet à localiser leurs serveurs en Russie a également une explication économique. La demande pour le stockage en Russie a explosé ces deniers mois à cause d’un récent paquet de lois répressives obligeant tous les opérateurs mobile et internet à stocker à partir de 2018 la totalité des informations échangées par leurs usagers pendant six mois, à la demande des services secrets russes. Les dépenses des fournisseurs d’accès sont évaluées à 141 milliards d’euros, d’après le quotidien Kommersant.

« La décision de la justice russe peut potentiellement limiter l’accès de millions d’usagers russes et de sociétés à LinkedIn, qui utilisent LinkedIn pour développer leurs affaires », a réagi le réseau social dans un communiqué.

LinkedIn compte 400 millions d’usagers inscrits, dont 5 millions en Russie. La principale banque russe Sberbank (qui est contrôlée par l’Etat russe) a fait part de son désarroi le jour même. Le blocage « complique significativement le travail des recruteurs [de Sberbank] ainsi que des candidats », indique la banque, qui précise malicieusement : « Heureusement que l’application mobile de LinkedIn continue de fonctionner ».

PUBLIÉ INITIALEMENT SUR
Rue89
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#LinkedIn
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1 Commentaires
houari
19 novembre 2016 à 13h24
Qu'est ce qu'ils sont méchants les Russes !
Qu'est ce qu'ils sont gentils les Américains !
Qu'est ce qu'ils sont méchants les indiens !
Qu'est ce qu'ils sont gentils les cow-boys !
Mais moi je ne suis pas un indien ou un cow-boy........
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