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Numérique

Vine : la boucle est bouclée

PARIS | Rue89 - Le 29 octobre 2016 à 15h35
Par Andréa Fradin

Clap de fin pour le réseau social des micro-vidéos de 6 secondes. Mini-œuvres d’art, sketchs express et pastilles absurdes : on rend hommage à cette application qui a su capter une partie de la recette qui fait aujourd’hui tourner le Web.

Six secondes absurdes, banales, hilarantes ou simplement poétiques, en boucle. Le réseau social Vine a su sentir la combinaison qui fait aujourd’hui tourner les Snapchat (lancé un poil plus tôt), Instagram, Facebook et autres : la vidéo, mais en version ultra-formatée. Un flair aussi génial qu’éphémère, puisque Twitter, qui a racheté le site fin 2012, vient d’annoncer qu’il fermait le rideau – au milieu d’autres mauvaises nouvelles.

Ça faisait de toute façon un moment qu’Internet avait globalement déserté Vine, lui préférant la concurrence citée plus haut. Mais l’application a connu une période faste à l’été 2013, quelques mois après son arrivée sur iPhone et Android.

Les tops et vidéos best-of (vues des dizaines de millions de fois) ne manquent pas pour tous ceux qui, comme nous, sont touchés par une vague de nostalgie en cette nouvelle veillée funéraire. Avant que Vine ne rejoigne MySpace, Second Life, Google Reader et d’autres dans les limbes du Web, on souhaite rendre un dernier hommage à ceux qui ont su faire quelque chose de ces six secondes pourtant contraignantes.

Tours de magie et petites œuvres

Il y a ceux qui ont joué sur le montage pour créer de véritables petites œuvres, improviser des tours de magie ou des effets spéciaux low-cost mais souvent bien troussés.

Les six secondes ne devaient pas, en effet, forcément être filmées d’une traite : de nombreuses prises, très courtes, étaient possibles. De petits bijoux de stop-motion (l’animation image par image utilisée par exemple pour « Wallace et Gromit ») traînent donc sur Vine.

Stand-up en 6 secondes

Grosse pensée aussi à tous ceux, et ils sont nombreux, qui nous ont fait rire avec des mini-sketch sur leur quotidien.

Là encore, la blague tenait le plus souvent du système D (une prise rapide dans la voiture, un changement rapide de perruque ou de musique), mais réussissait parce qu’elle ne s’embarrassait d’aucun artifice : le bon mot, la chute à la con, l’idée brillante se devaient d’être captés en un instant.

« Être sexy : ECHEC »

LOL dans la diversité

Un Vine drôle, c’était un peu comme une vanne de stand-up. Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que beaucoup d’humoristes et de comédiens se sont fait remarquer dans ces lieux. Pas pour rien non plus que beaucoup de ces viners tournent, comme on peut le voir dans les spectacles américains, en dérision leurs origines, leur culture, leur quartier et les clichés qui y sont associés.

Vine se démarquait par tous ces jeunes Noirs américains, mais aussi asiatiques ou latinos qui comparaient, sans animosité et avec une justesse redoutable, les prétendus modes de vie des « white people » aux « blacks », « asians » et « latinos ». Une parole qui semble d’autant plus libre et indispensable après les bavures policières à répétition et le mouvement #blacklivematters.

« J’aime me balader dans les quartiers blancs sans tee-shirt. (Rires) Je vais voler tous vos trucs ! »

Tous à Vine Street

Dans les perles américaines, on pensera à ComedianChris, déjà acteur aux débuts de Vine ou, plus dingue encore, à Paul Logan.

Grand blond bodybuildé dont les gags au supermarché lui ont ouvert les portes de la renommée. Et de Vine Street, une rue de Los Angeles où six des plus célèbres viners se sont un temps installés, racontait Business Insider dans un long portrait du jeune homme.

C’était en 2015, et ce dernier, qui cumulait alors apparitions dans des séries télé et publicités, rêvait de devenir « le plus grand amuseur public au monde ».

« Attrapez-moi, partie 2 »

La percée des petits rigolos français

Dans le même genre, impossible de ne pas citer en France le cas de Jérôme Jarre, devenue une véritable star aux Etats-Unis, où il s’est expatrié. Dès 2013, il réalise des vidéos avec Paul Logan, formant ainsi une espèce de club de superviners – ensuite matérialisé rue Vine.

Beaucoup de rigolos du Web français ont aussi percé sur Vine, parallèlement (et parfois même avant) leur grand décollage sur YouTube. Des membres du collectif Golden Moustache, qui a décroché des pastilles sur M6 et W9, comme Mcfly ou Freddy Gladieux.

Vie et mort d’un réseau social

Mais Vine n’a pas échappé à la carrière normale d’un réseau social aujourd’hui. La spontanéité du début a laissé place à des productions hyper réfléchies, dans lesquelles les marques ont de plus en plus investi. Les viners sont des youtubers ou des instagrammers comme les autres : les petits succès du début sont devenus des célébrités en quête d’émissions, de spectacles et d’une vie après ces six secondes de gloire.

Comme Twitter, Snapchat ou aujourd’hui Periscope, Vine a été un refuge pour les petits malins qui voulaient voir des buts sans se plier à la règle des droits du foot. Il a aussi eu son lot de scandales (par exemple avec Dieudonné et les chambres à gaz) et a progressivement été investis par les pointures de la pop ou les footballeurs.

Et comme les politiques adorent désormais tout ce qui est 2.0 – enfin, pour leur com’, et non tous les contenus –, Vine a aussi vu fleurir quelques fulgurances très institutionnelles.

Notre préféré, beaucoup plus sympa que le compte actuel du gouvernement, est celui de Jean-Marc Ayrault, quand il était encore à Matignon. Beaucoup de poignées de main, des enfants, un peu de François Hollande et pas mal d’allemand, dans un brouhaha certes pas très clair, mais plus spontané.

PUBLIÉ INITIALEMENT SUR
Rue89
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#Vine
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1 Commentaires
houari
29 octobre 2016 à 17h40
L'ancêtre de Vine c'est vidéo gag !
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