iloubnan.info
( Publicité )
Numérique

Sécurité, inégalités... la Silicon Valley répond aux défis d'Obama

PARIS | Rue89 - Le 22 octobre 2016 à 11h18
Par Thierry Noisette
Barack Obama et plusieurs dirigeants d’entreprise (à droite, Mark Zuckerberg), au Global Entrepreneur Summit à Stanford, Californie, le 24 juin 2016 - Pablo Martinez Monsivais/AP/SIPA

Mark Zuckerberg (Facebook), Satya Nadella (Microsoft), Mary Barra (General Motors), Yasmin Green (Google) : six dirigeants de la tech américaine expliquent leur approche des six défis énumérés par le président américain.

Rédacteur en chef du numéro de Wired de novembre, Barack Obama a énuméré une liste de six défis de grande ampleur que l’industrie tech doit selon lui relever.

Le magazine a soumis cette «  liste de choses à faire  » à six personnalités de la Silicon Valley, qui exposent leur vision des actions à entreprendre pour relever le gant. Leurs réponses (qui nourriront sans doute les critiques du solutionnisme comme celles d’Evgeny Morozov) ont une dose fréquente d’autopromotion, mais elles donnent une idée de l’approche de ces poids lourds. En voici des extraits  :

1 - Lutter contre les inégalités

 - Tim O’Reilly, investisseur -

Pour le fondateur de O’Reilly Media (maison d’édition spécialisée dans l’informatique), on fait ce à quoi l’on croit, et «  trop de gens voient actuellement dans la technologie quelque chose qui supprime des emplois  ».

La bonne façon d’appréhender l’innovation selon lui :

«  Commencer par un vrai problème, pas un problème inventé, et ensuite trouver moyen pour la technologie de le résoudre. C’est la différence entre “ On va être le Uber du nettoyage à sec ” (Washio, fermé après presque 17 millions de dollars levés en capital-risque) et “ On va repenser la façon de soigner les aînés ” (Honor home care, 62 millions de dollars levés, une croissance rapide, et la démonstration que l’économie à la demande peut être une source de vrais emplois à plein temps).  »

2 - Renforcer la cybersécurité

 - Chris Dixon, general partner chez Andreessen Horowitz -

Les menaces informatiques vont empirer avec la montée des objets connectés, et des ordinateurs intégrés partout, y compris dans les véhicules et les infrastructures publiques critiques. Chris Dixon cite une publicité de Mercedes, indiquant que dans sa nouvelle voiture il y a 100 millions de lignes de code. «  C’est impressionnant – jusqu’à ce que vous preniez conscience qu’en moyenne, chaque logiciel a quelques bugs par millier de lignes de code, et la voiture a donc probablement des milliers de vulnérabilités.  »

Parmi les progrès en cours pour se défendre, des logiciels qui détectent mieux les menaces en direct, des systèmes comme la blockchain, l’intelligence artificielle par exemple en reconnaissance faciale...

Chris Dixon plaide aussi pour une meilleure entente entre les pouvoirs politiques et la Silicon Valley en matière de chiffrage et de vie privée, insistant sur l’importance d’avoir un chiffrage renforcé de bout en bout.

3 - S’assurer que l’intelligence artificielle ne nous nuise pas

 - Mark Zuckerberg, PDG de Facebook -

Les scénarios apocalyptiques autour de l’IA ont peu de bases hors de la science-fiction, affirme le fondateur de Facebook  :

«  La réalité, c’est que l’IA sauve déjà des vies. Les IA que nous développons maintenant peuvent diagnostiquer des maladies et les combattre par de nouveaux traitements. Les voitures autonomes seront bien plus sûres que celles pilotées par des humains.  »

Mark Zuckerberg cite les débuts de l’aviation et les inquiétudes qu’elle entraîna alors (un nouveau chapitre pour nos histoires d’angoisses techniques ?) pour clamer sa vision très positive de l’intelligence artificielle.

4 - Empêcher les terroristes d’utiliser la technologie

 - Yasmin Green, cheffe de la R&D chez Jigsaw (anciennement Google Ideas) -

Pour dissuader quelqu’un de rejoindre un groupe comme Daech, il faut l’atteindre avant qu’il soit converti à sa cause. Yasmin Green a discuté avec plusieurs radicalisés, et leur processus d’adhésion a commencé par des recherches en ligne sur la politique et la religion  : ils ont vu les vidéos de recrutement du groupe Etat islamique, «  en arabe, anglais, français, russe, chinois, hébreu et même en langue des signes  ».

Pour lutter contre cela, il est possible de rediriger ces publics vulnérables vers des contre-messages crédibles, lorsqu’ils commencent à chercher sur ces sujets  :

«  Par exemple, lorsque quelqu’un cherche sur les lois religieuses de la guerre sainte – fatwas du djihad –, des publicités en ligne ciblées sur ces termes peuvent les rediriger vers des vidéos de transfuges, qui peuvent parler de ce qu’est réellement Daech.  »

5 - Des outils pour la résilience au climat et les énergies propres

 - Mary Barra, PDG de General Motors -

La dirigeante de GM cite son partenariat avec Lyft pour du covoiturage, le rachat d’une start-up de voiture autonome, Cruise Automation, et la conception de la voiture électrique Chevy Bolt.

Elle souligne le rôle du gouvernement pour encadrer et assurer le développement des énergies propres et des véhicules autonomes. «  Si on veut que les véhicules électriques réussissent, il faut une infrastructure de stations de recharge pour soutenir l’adoption par les consommateurs.  »

«  Tout le monde a un rôle à jouer pour résoudre ce problème, que l’on soit une start-up de cinq personnes ou un énorme constructeur avec plus de 200 000 employés.  »

6 - Faciliter la participation des citoyens à leur gouvernement

 - Satya Nadella, PDG de Microsoft -

Les fonctionnaires à travers le monde commencent à recourir à la même profusion de données que les entreprises tech pour mieux assurer les missions de service public, se félicite le dirigeant de Microsoft  :

«  A Tacoma, Etat de Washington, le service de l’Education peut prévoir le taux de décrochage au lycée et utiliser cette information pour allouer ses ressources comptées à réduire ce chiffre. Dans l’Etat indien de Tamil Nadu, une plateforme de cloud-computing de Microsoft a permis d’avoir de la vidéo en direct dans des bureaux de vote pour aider à assurer des élections libres et non faussées.

Et des villes américaines comme San Jose, Seattle, La Nouvelle-Orléans et New York utilisent des jeux de données publiques pour identifier les risques de sécurité routière et les meilleures façons de les améliorer.  »

Pour Satya Nadella, l’idée reçue que «  l’industrie tech innove vite, pendant que les gouvernements sont bureaucratiques et léthargiques  », n’est plus vraie  : «  C’est une opportunité massive pour les développeurs.  »

PUBLIÉ INITIALEMENT SUR
Rue89
Tags
#Digital
Donnez votre opinion
2 Commentaires
houari
23 octobre 2016 à 00h38
Obama recherche un nouveau job chez Microsoft ou Facebook ?
Nehme Lebbos
22 octobre 2016 à 14h08
Très intéressant et très utile pour les directeurs d’agence notamment dans le digital, les entrepreneurs et les start-ups.
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
( Publicité )
                        
© COPYRIGHT 2017 Par Proximity Agency