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L’ONU alerte : la cyberviolence contre les femmes augmente

Rue89 - Le 27 septembre 2015 à 20h43
Par Thierry Noisette

Une commission des Nations unies, le groupe de travail sur les questions de genre, publie un rapport : « Lutter contre la violence en ligne à l’égard des femmes et des jeunes filles – appel à une prise de conscience mondiale ».

Les auteurs du rapport [PDF, en anglais – résumé, PDF en français] estiment que « 73% des femmes ont déjà été confrontées, d’une manière ou d’une autre, à des violences en ligne ou en ont été victimes ».

Les femmes âgées de 18 à 24 ans sont les plus exposées aux violences en ligne ; en particulier elles sont « de loin le plus souvent victimes de harcèlement criminel ou sexuel ». Dans les 28 pays de l’Union européenne, 18% de femmes ont subi une forme grave de violence sur Internet dès l’âge de 15 ans, ce qui représente environ 9 millions de femmes, note le rapport.

Il souligne que ce n’est pas un phénomène propre aux pays riches : il va de pair avec le développement d’Internet, et l’essor de l’accès par mobile l’aggrave encore. En 1995, moins de 1% de la population mondiale était connectée à Internet, note le rapport, contre 40% maintenant, avec plus de 3 milliards d’internautes.

L’application de messagerie instantanée WhatsApp, par exemple, est devenue selon plusieurs rapports « un instrument de choix du harcèlement dans des pays comme l’Inde et la Malaisie ».

De plus, la plupart des cyberviolences ne sont pas ou mal signalées : dans 74% de 86 pays étudiés par la WWW Foundation, « les instances judiciaires et les tribunaux ne prennent pas les mesures voulues pour lutter contre les cyberviolences faites aux femmes et aux jeunes filles ».

Nombreux faits divers

En mai, cite le rapport, le hashtag Twitter #MyTroll a été lancé en Amérique du Nord par des femmes pour raconter comment elles étaient harcelées en ligne – menaces de mort, de viol, incitation au suicide, ou encore doxing (recherche puis divulgation d’informations personnelles : adresse, téléphone, mail etc. pour inciter d’autres internautes à participer au harcèlement, ou pour des pseudo-canulars comme le swatting, envoi de la police chez quelqu’un en se faisant passer pour lui et en avouant un prétendu meurtre).

Parmi les nombreux faits divers évoqués dans le rapport, celui d’un auteur de menaces de viols répétées contre une députée travailliste britannique, via Twitter : il a été condamné en septembre 2014 à 18 semaines de prison.

A grande échelle, le Gamergate (déchaînement de joueurs sexistes de jeux vidéo) a beaucoup fait parler de lui en 2014, et un an après, cette violente controverse n’est pas près de s’éteindre, relevait en août USA Today ; le journal américain notait également que les jeunes filles noires (51%) ou hispaniques (54%) sont davantage harcelées en ligne que les Blanches (34%), selon une étude du Pew Research Center publiée en octobre 2014.

Un appel aux entreprises high tech

Les auteurs du rapport de l’ONU estiment que les professionnels du secteur ont un rôle important à jouer : fournisseurs d’accès, opérateurs de téléphonie mobile, de réseaux sociaux, de sites de rencontres et de jeux, sites web et concepteurs de logiciels.

Le rapport recommande que les entreprises high tech améliorent leur coopération avec les forces de l’ordre, aient des procédures de retrait plus efficaces des contenus préjudiciables, rendent possible la fermeture d’un compte en cas de comportement répréhensible et exposent de façon claire leurs mesures dans ce domaine.

Dans un mémorandum interne divulgué en février, le PDG de Twitter admettait : « On est nuls quand il s’agit de gérer le harcèlement et les trolls sur notre plateforme et on est nuls depuis des années ».

PUBLIÉ INITIALEMENT SUR
Rue89
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#Cyberviolence
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