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Quelle place pour le Liban dans un espace .med ?

BEYROUTH | Le 15 juin 2012 à 09h43
Par Antonin GREGOIRE
Détroit de Gibraltar vue du Ciel. Image extraite d'un cliché de la NASA, libre de droits.
Le 12 juin 2012 à Beyrouth, dans les locaux de l’ESA, nous avons assisté à une conférence intitulée «Le développement d’un espace méditerranée des TIC. Le rôle du Liban dans cet espace », sous le Haut patronage de Nicolas Sehnaoui, ministre libanais des Télécommunications. M. Sehnaoui n'avait pas pu se déplacer en personne. Il y avait néanmoins envoyé des représentants de son ministère.
La conférence était organisée par IPEMED  et par Bader Young Entrereneur Program.

Évidemment, avant une conférence sur le rôle du Liban dans un espace méditerranéen des Technologies de l'Information et de la Communication, on s'attendait à ce que certains posent des questions sur l'état désastreux des connections dans le pays, ce qui continue d'empêcher largement tout développement économique dans ce secteur et oblige les jeunes talents des technlogiques à s'exiler à l'étranger.

Qu'on le dise tout de suite, le ministre libanais des Télécommunications Nicolas Sehnaoui n'est pas celui qui bloque le dossier. Il était venu affronter directement les geeks et professionnels au salon Arabnet à Beyrouth fin mars. Mardi à l'ESA, il a envoyé un représentant de son ministère expliquer l'avancée de la situation. Une présentation avec beaucoup de chiffres, dont on retiendra que les choses avancent, du côté du ministère des Télécoms tout du moins. Car chez Ogéro c'est une autre histoire. Passons.

La conférence donc était dédiée aux TIC dans l'espace méditerranéen ou plutôt, à la question de savoir comment créer un espace méditerranéen pour les TIC. Evoqué au cours des débats: un rapport réalisé par IPEMED intitulé  « Vers un espace .med. La confiance dans la société numérique méditerranéenne » avec Pierre Musso comme coauteur du rapport et animateur des débats.

Pierre Musso est professeur à Télécom ParisTech. Il a fait preuve lors du débat d'une expertise de très grande qualité ainsi que le furent presque tous les autres intervenants.

Paul Chukrallah pour Berytech,  Leila Serhan pour Microsoft Lebanon, Raouti Chehih, CEO d'Euratechnologies à Lille, ou encore Nassim Kerdjoudj de Netskills Algeria ont fait des interventions excellentes, du niveau de ces jeunes experts et patron de startups qui n'en finissent jamais d'imaginer de quoi demain sera fait.

Pierre Musso par exemple, introduit le débat en donnant une nouvelle vision des TIC. Insistant bien sur le fait que le sectreur des TIC est le premier secteur qui agit sur tous les autres, de façon complémentaire et non en remplacement. Les TIC agissent en fait en "augmentant" les autres secteurs.

Le débat s'engage sur la création ou du moins la réflexion au sujet d'un cloud computing méditerranéen. «Tout le monde sait ce que c'est qu'un cloud ici n'est-ce pas? ». Mais bien sûr.

Alors quel intérêt d'un cloud méditerranéen ? Paul Chukrallah jette un pavé dans la marre : « Le cloud philosophiquement va à l'encontre de la régionalisation.» Alors quelle valeurs commune trouver à la Méditerranée pour créer un cloud ? En fait on ne sait pas trop. « Il faudrait, pour que ça marche, trouver quelque chose d'aussi cohérent que l'huile d'olive », dit Madame Salam Yammout, National ICT Strategy Coordinator à la présidence du conseil des ministres du Liban.

Ou alors la langue arabe peut être... Quel pourrait être le bien culturel partagé entre tous et qui justifierait un cloud méditerranéen ?

Personne ne semble remarquer qu'il y a un nouveau phénomène commun à toute la Méditerranée, de la Tunisie à l’Égypte en passant par la Libye, de la Grèce à l'Espagne en passant par Israël (c'est en Méditerranée) et le Liban, et qui consiste en un mouvement de protestation révolutionnaires contre les élites corrompues, de la part d'une jeunesse méditerranéenne fondue de nouvelles technologies. Un cloud révolutionnaire pour la Méditerranée : cette idée restera celle à laquelle personne n'a pensé lors de cette conférence.

Du deuxième panel on retiendra surtout la présentation de Raouti Chehih, CEO d'Euratechnologies, sur comment il a réussi à transformer une vielle usine de textile en un centre de TIC, utilisant la position stratégique de la ville de Lille. Lille est une ville coincée entre trois capitales, Londres, Bruxelles et Paris. Elle a a réussi à utiliser cette position à son avantage en se transformant en point de passage.

Sami Tueni a parlé du paysage digital media au Liban en détaillant le fonctionnement de son site Naharnet, mais ne citant pas une fois le nom d'autres camarades concurrents (Now Lebanon et iloubnan par exemple) ni ne mentionnant l’existence même d'une blogosphère libanaise vivante et active (Lebanon Spring Blog, Lebanon aggregator, Beirut Spring...)

On retiendra en revanche les remarques de Nassim Kerdjoudj, de Netskills Algeria. Le gouvernement algérien lui a un jour demandé ce qu'il pouvait faire pour les TIC. Nassim lui a répondu de ne surtout pas s'en mêler. "Le problème du politique c'est qu'il veut réussir du premier coup, il ne conçoit pas l'échec. Nous, chefs d'entreprises, on sait que pour réussir il va falloir rater au moins 9 fois pour trouver le bon modèle," nous explique-t-il sur le panel.

Le genre de parole qui vaut de l'or.
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#Internet, #Social_Media, #CloudComputing, #Ecole_Superieure_des_Affaires
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