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RSF décerne son Prix du Net-citoyen 2012 aux militants syriens

BEYROUTH | iloubnan.info, avec agences - Le 14 mars 2012 à 10h37
Jasmina, blogueuse syrienne résidant au Canada, qui a reçu le prix au nom des net-citoyens syriens des Centres des médias des CLC en Syrie. Photo: RSF.
Reporters sans frontières, avec le soutien de Google, a remis le 12 mars son Prix du Net-citoyen 2012 aux  Centres des médias des comités locaux de coordination en Syrie, a indiqué l'ONG de défense de la liberté de la presse. Ce prix a été décerné à Paris à l'occasion de la journée mondiale contre la cybercensure.
Les Centres des médias des comités locaux de coordination en Syrie regroupent des journalistes-citoyens qui rassemblent et diffusent, en temps réel, informations et images sur la révolte populaire syrienne née en mars 2011. C'est à ces militants que l'ONG Reporters sans frontières a décidé de cette année de remettre son prix du Net-citoyen, a indiqué l'ONG dans un communiqué diffusé sur son site. Le prix du Net-citoyen a été décerné à l’occasion de la Journée Mondiale contre la cyber-censure, au cours d’une cérémonie qui s’est déroulée à Paris.

C'est Jasmine, une jeune militante syrienne de 27 ans qui réside au Canada, qui a accepté de recevoir ce prix au nom de tous les militants qui continuent d’agir au sein du pays.

“Le prix du Net-citoyen prouve que nos voix ont été entendues et que nous avons réussi à faire connaître l’histoire de millions de syriens qui se battent sur le terrain pour obtenir ce dont ils ont toujours rêvé : vivre dans la liberté et la dignité,” a déclaré Jasmine lors de la cérémonie. “Je vous remercie pour ce prix, qui est la reconnaissance de nos comités locaux comme de véritables organismes de presse.”

Les journalistes et blogueurs syriens sont menacés et arrêtés par le gouvernement. La blogueuse américano-syrienne Razan Ghazzawi, 31 ans, a été arrêtée en Syrie le 16 février avec des militants du Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression, dont le directeur du centre Mazen Darwich. Elle avait fait l'objet d'une première arrestation début décembre, accusée d'avoir "affaibli le sentiment national", "créé une organisation qui vise à changer le statut social et économique de l'Etat" et "ravivé les dissensions confessionnelles", avait indiqué le Centre syrien pour l'information et la liberté d'expression. Elle avait été libérée quelques semaines plus tard. En revanche, depuis son arrestation le 16 février, elle demeure en détention.

Les médias internationaux sont, pour la plupart, tenus à l’écart du pays (le régime a averti les journalistes étrangers des risques qu'ils encourent s'ils rentrent "illégalement" sur le territoire). Finalement, les comités représentent presque le seul moyen de tenir le monde informé de la violence qui ravage le pays. Ils ont émergé spontanément au début de la révolte syrienne en mars dernier, et rassemblent des militants des droits de l’homme aux côtés de journalistes locaux ; ils sont désormais présents dans la plupart des villes à travers le pays.

Selon RSF, le fonctionnement des Centres médias des Comités locaux de coordination est le suivant: des informateurs sur le terrain envoient les informations aux comités qui les confirment à partir de plusieurs sources. Un troisième groupe est chargé de les traduire en anglais et de les publier sur le site internet. Des vidéos et des images sont également postées sur Facebook et sur un blog de photos.

“Il y a des millions d’histoires qui nous font rire, pleurer, nous inspirant des sentiments mitigés depuis que la révolte a commencé” explique Jasmine. “Nous nous sommes entretenus avec une mère dont les trois enfants étaient détenus, et elle nous a fait promettre que quoi qu’il puisse se passer, nous ne cesserons jamais de relayer les événements de notre bien-aimée Syrie.”

Pour cette édition 2012 de la Journée mondiale contre la cybercensure, les nominés venaient des quatre coins du monde, de la Russie à la Syrie en passant par le Brésil et la Chine. Une diversité géographique qui est le reflet de l’impact toujours plus grand d’Internet. Une fois connecté, chacun d’entre nous a le pouvoir de partager ses opinions et ses observations avec le reste du monde.

Reporters sans frontières rappelle toutefois que la liberté d’information reste fragile et qu’elle est plus que jamais menacée. 200 net-citoyens ont été arrêtés en 2011, soit 30% de plus que l’an dernier, 5 ont été tués et plus de 120 d’entre eux sont actuellement emprisonnés pour avoir exprimé librement leur opinion en ligne.

“S’ils sont à ce point pourchassés, c’est bien parce que les net-citoyens sont devenus indispensables au processus de collecte de l’information”, déclare Dominique Gerbaud, président de Reporters sans frontières. “Et les dirigeants l’ont bien compris, en mettant en place des appareils de censure et de surveillance de plus en plus sophistiqués et efficaces, et une répression toujours plus forte. Plus que jamais, Reporters sans frontières est fière d’avoir créé un prix, avec le soutien de Google, qui salue et récompense le courage des net-citoyens.”

Aujourd’hui, 40 pays se livrent à la censure sur Internet contre 4 il y a 10 ans. Les produits et services Google sont bloqués dans 25 des 125 pays où l’entreprise est présente.

“Internet permet à des individus courageux de pouvoir raconter leur histoire au monde entier, qu’ils soient en Syrie ou partout ailleurs,” déclare Jean-Marc Tassetto, Directeur Général de Google France. “Le prix du Net Citoyen, fruit de notre collaboration avec Reporters sans frontières, témoigne parfaitement de notre conviction première : l’accès à l’information permet une plus grande liberté et favorise le développement économique et social.”

Reporters sans frontières a inauguré pour la première fois en 2008 la Journée Mondiale contre la cyber-censure, dans le but de préserver un Internet unique, libre et accessible à tous. Google s’est associé à Reporters sans frontières en 2010 pour décerner le Prix annuel du Net-citoyen, qui récompense un internaute, un blogueur ou un cyber-dissident qui s’est illustré par ses activités de défense de la liberté d’expression sur le Net. Un jury international composés de spécialistes de l’information, de blogueurs et de représentants de Reporters sans frontières ont voté pour choisir le lauréat qui se voit remettre un prix de 2500 euros.

En 2010, le Prix du Net-citoyen avait été attribué à des cyber-féministes iraniennes. L’an dernier, le prix est revenu à Nawaat.org, un blog collectif indépendant animé par des blogueurs tunisiens.

A noter que l'Internet et les réseaux sociaux au Moyen Orient sont au coeur de la conférence Arabnet, dont iloubnan.info est partenaire, à Beyrouth du 27 au 31 mars. Le 30 mars, un panel sera consacré au journalisme citoyen et aux nouveaux défis qu'il pose au journalisme classique.
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#RSF, #Syrie, #Internet, #Arabnet
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