Heureux hasards
S’il débute par un cursus relativement classique -il se rend à Paris en 1988 pour faire La Chambre Syndicale de la Couture Parisienne, suivi de stages chez Dior et Chanel- le reste s’enchaîne de manière peu commune, et surtout, « sans calcul », précise-t-il.
Son parcours est en effet jalonné de hasards heureux, de croisement des genres, de dialogues répétés avec d’autres formes artistiques.
Le couturier profite tout d’abord de l’effervescence qui vit le jour au Liban à partir de 1995 jusqu’en 2000. C’est ainsi qu’il retourne au Liban une première fois à l’occasion du Salon des Artistes et Décorateurs (SAD) qui se préparait alors en France et qui allait se produire pour la première fois au Liban. Avec 10 autres Libanais et 10 Français, il y crée un « espace mode ».
L’évènement est très réussi et le pays le titille. S’enchaînent alors une série de succès impromptus : deux jours avant de finir son service militaire au Liban, une jeune femme lui commande une robe de mariée. Il monte simplement un atelier de deux personnes et c’est un succès. De retour à Paris, il y rencontre une autre jeune fille, pour qui il dessine ce qu’il considère être sa première « vraie » robe, conceptuelle et aboutie. Il décide donc de rentrer au Liban et tenter sa chance. Travaillant alors chez « Femme Magazine » en tant que styliste, il s’y trouve littéralement propulsé grâce à la robe qu’il y dessine et pour laquelle le magazine lui offre la couverture. Le tout-Liban succombe et il en reproduit plusieurs du même genre. Les portes se sont ouvertes... sans aucun plan de carrière.
Petit à petit et au fil des rencontres, Rabih se tisse une jolie renommée, renforcée par ses participations à diverses expériences artistiques et par la position unique qu’il occupe au Liban dans son propre milieu.