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La coopération internationale : un outil important pour le développement des bibliothèques publiques
Le 04 avril 2008, Par Marie-Hélène Bastianelli
 
Chef de projet français, FSP Lecture publique et Edition jeunesse - Ministère de la Culture
 


Depuis la fin des années 90, les bibliothèques publiques se sont développées dans tout le pays avec l'aide et le soutien de nombreux acteurs internationaux qu'ils soient institutionnels, associatifs ou privés.

La coopération institutionnelle représente l'aide la plus importante :

Dans le cadre de la coopération multilatérale, l'accord signé en 2002 entre l'Etat libanais et l'Organisation Intergouvernementale de la Francophonie a permis la création de 14 Centres de Lecture et d’Animation Culturelle (CLAC), du service de la lecture publique au ministère de la Culture et le démarrage du réseau des bibliothèques partenaires.
Quant à l'UNESCO, elle a soutenu la formation des personnels.
Mais c'est la coopération bilatérale qui est aujourd'hui la plus développée. Le plus important soutien est l'accord signé avec la France en octobre 2006, le FSP Lecture publique et Edition jeunesse. Cet accord prévoit une aide sur trois ans en appui à la politique de développement de la lecture publique du ministère de la culture notamment pour améliorer le réseau existant, la formation des bibliothécaires, la dotation de documents en arabe et en français et la création de bibliothèques régionales.

De plus, les accords bilatéraux signés dans le cadre de la coopération décentralisée comprennent de plus en plus souvent un volet "Lecture publique" : parmi les premiers signés, celui de la Région Ile de France (France) avec la ville de Beyrouth pour la mise en place de 10 bibliothèques, dont la gestion a été confiée à l'association Assabil qui a créé en 1997 la première bibliothèque de la capitale ; celui de la Région Provence Côte d'Azur qui soutient les bibliothèques du Liban Sud et vient d'équiper la Bibliothèque de Tyr dont l'ouverture est prévue pour le mois de novembre. On peut encore citer pour la France, le département des Alpes Maritimes avec la ville de Bint Jbeil, celui du Territoire de Belfort avec la ville de Kab Elias et d'autres en cours de préparation.

Il faut citer aussi le soutien britannique et américain à la Bibliothèque de Baakline, ainsi que le programme de l'USAID des Etats Unis qui dotent les bibliothèques d'un espace multimédia.

Par ailleurs, les associations professionnelles ou de développement local ont soutenu plusieurs projets.
Le COBIAC, association française de bibliothécaires, soutient les bibliothèques depuis plus de 6 ans par des dotations de documents, la formation du personnel et les échanges professionnels. Plusieurs ONG italiennes participent depuis la guerre de Juillet 2006 à la construction des bibliothèques de Hermel et de Srifa. Des fondations soutiennent les activités d'animations et la formation (Henrich Boll, Anna Lindh…)
Enfin, les ambassades sises au Liban développent des programmes réguliers de soutien aux bibliothèques publiques, notamment la France et l'Allemagne.

La coopération internationale porte surtout sur l'investissement en matériels et livres. Elle ne peut soutenir le fonctionnement qui reste de l’entière responsabilité des responsables locaux, autorités publiques ou associations. Malheureusement, les budgets de fonctionnement des bibliothèques créées par les villes ou les associations restent très faibles, notamment pour le personnel et les acquisitions.
Il faut souligner aussi le problème important posé par le don de livres effectué souvent par des associations non professionnelles sans concertation avec les bibliothèques libanaises. De ce fait, peu de bibliothèques offrent des collections équilibrées avec un minimum de 60% de livres en langue arabe, tel que préconisé par le ministère de la Culture.

De manière générale, la coopération doit venir en soutien à des politiques documentaires et de services bien définis, répondant aux besoins du public local. Elle devrait respecter en priorité le multilinguisme des collections et la diversité des sources. Une meilleure définition de la politique nationale et des politiques locales permettraient que ces principes de bases soient mieux appliqués.
Coopérer c'est échanger et partager des expériences professionnelles.
Les échanges professionnels sont le parent pauvre de cette coopération. Peu d'accords prévoient des échanges entre les professionnels du livre et ils sont le plus souvent Sud-Nord ; Il est vrai que le contexte sécuritaire du pays ne favorise pas les visites des bibliothécaires étrangers, pour qui l’expérience de pays tels que le Liban, qui sont en plein développement de leur réseau de Lecture Publique, serait certainement enrichissante.
Les bibliothécaires libanais de lecture publique gagneraient aussi à être plus présents dans les rencontres et les congrès professionnels internationaux notamment celui de l'IFLA.
Cette ouverture sur les autres bibliothèques du monde est indispensable pour permettre un développement efficace de la lecture publique au Liban.

Cet article nous a été proposé par l’Agence universitaire de la Francophonie dans le cadre du partenariat AUF / iloubnan.info. Pour plus d’information, consulter le site de l’AUF www.moyen-orient.auf.org
 
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