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Le mandat du président Elias Hrawi avait duré neuf ans. Tout comme le règne du président Emile Lahoud. L’élection d’un remplaçant pour ce dernier a jusqu’ici nécessité neuf tentatives (et bien plus depuis que cet article a été écrit). En Angleterre, le numéro des urgences est le 999. Il semble bien que le Liban doive composer ces trois chiffres : une situation d’urgence s’est en effet développée au cours des derniers mois… mais il n’y a aucun recours vers lequel nos responsables pourraient se tourner pour obtenir de l’aide.
De nombreux Libanais ont manifesté pour la liberté, la souveraineté, l’indépendance et l’unité nationale, mais la classe politique est en train de les laisser tomber en raison du manque de sérieux avec lequel sont traitées les questions nationales, dont la présidentielle. Ce constat soulève la question de l’engagement de la classe politique dans les réformes, la croissance économique, voire la démocratie.
Si la prochaine tentative électorale est fructueuse, nous aurons besoin de commencer sérieusement à réfléchir et agir pour lancer le tant attendu processus de reforme. Pour ce faire, les Libanais méritent des dirigeants possédant des compétences pratiques et analytiques, et susceptibles d’inspirer la confiance. La réforme n’est pas un exercice théorique. Elle requiert tout un panel de compétences fondées sur des expériences bien réelles.
Le nouveau président (croisons les doigts) mérite une équipe capable de promouvoir et d’exécuter l’agenda des reformes suivantes :
1- Faire passer la Loi sur la liberté d’information, garantissant à tous les citoyens le droit d’obtenir toute information sur les institutions gouvernementales, ainsi que la publication de toutes ces informations sur Internet pour un accès facile… Ce serait un premier pas vers le e-gouvernement.
2- Faire passer la législation concernant les appels d’offres publiques pour en assurer l’équité et la transparence, et empêchant toute forme de copinage concernant l’attribution de contrats.
3- Révoquer le secret bancaire pour tous les employés du secteur public et tous ceux qui bénéficient de fonds publiques, ainsi que les membres de leurs familles et leurs sociétés associées.
4- Créer un conseil national de compétitivité, apte à réécrire toutes les procédures bureaucratiques et les décrets d’application. Ce Conseil agira comme un « booster d’inertie bureaucratique », forçant le changement pour rationaliser les procédures et moderniser l’administration. Il coopérera avec des experts issus du monde des affaires, de la société civile ou de l’académie.
5- Exposer la production et la distribution de l’électricité à un système compétitif pendant 3 mois, et permettre la libre importation de gaz naturel et de fuel, en interdisant tout comportement de monopole.
6- Fournir un système de soin de santé universel à tous les citoyens libanais à travers le secteur privé et consolider tous les budgets du Fonds national de sécurité sociale, du ministère de la Santé, des coopératives et autres, en les plaçant sous une autorité de régulation pour fournir des services de soin aux citoyens qui en ont besoin, via l’achat de couvertures privées.
7- augmenter à 500 000 LL le salaire minimum, interrompre les allocations familiales du NSSF, libéraliser les indemnités de fin de service sous la supervision de la banque centrale, et transformer le NSSF en organisme de régulation.
8- Privatiser les écoles publiques via un processus transparent de d’appel d’offre, auquel seuls les établissements scolaires privés renommés, ayant une longue expérience de l’excellence académique, pourraient participer.
9- Transformer l’économie nationale en une économie ouverte vraiment compétitive, englobant tous les secteurs, pour interdire les monopoles, respecter les droits du consommateur et maintenir la compétitivité des secteurs productifs via : la création de commissions anti-monopoles et de tribunaux spéciaux pouvant agir efficacement et rapidement en matière de droits du consommateur et interdire les monopoles.
10- Mettre en place une législation pour offrir des motivations à ceux qui créent de l’emploi, ce qui favoriserait l’investissement et un développement régional et sectoriel plus équilibré, et créerait des parcs industriels intelligents, avec des services partout au Liban.
11- Redonner au Parlement le droit exclusif d’imposer des taxes, sans permettre l’introduction de commissions sous l’apparence de taxes, assurant ainsi que les commissions sont payées contre des services, pas pour générer de revenus pour le gouvernement.
12-Créer une force spéciale de police, entraînée en occident, pour contrôler le trafic et introduire la surveillance électronique de toutes les routes libanaises ; et créer une force de police similaire pour contrôler les violations environnementales.
Aucune économie ne peut survivre durablement sans le soutien de valeurs telles que l’éthique, la qualité de l’éducation, la productivité, les questions de qualité de vie, etc. Les sociétés n’avancent pas sans vision, ni sans institutions fonctionnelles (législatives, légales, bureaucratique, éducative, économique etc) pour appliquer cette vision.
Un président éclairé, en coopération avec le parlement et le gouvernement, devrait jouer un rôle actif dans le processus de reforme. C’est là que les Libanais doivent placer leurs espoirs. Les trois constituions vitales doivent nous faire avancer en tant que société, loin du communautarisme, du racisme, du népotisme et de la corruption, et vers la modernité, la responsabilité civique, la tolérance et la démocratie libérale. |