Les derniers événements survenus au Liban l’été 2006, durant lequel l’armée israélienne a délibérément pris pour cible la population et les infrastructures libanaises pendant 33 jours, ont une fois de plus mis en évidence l’importance de l’action des communautés libanaises et des descendants de Libanais à travers le monde, dont le nombre atteint plus de 12 millions, soit trois fois plus que les Libanais dans leur propre pays.
En effet, les Libanais de l’émigration ont réagi d’une voix unie pour soutenir, à l’instar des habitants sur place, l’action de la Résistance et réclamer l’arrêt des bombardements israéliens qui, comme en avril 1996, n’aurait pas abouti sans l’intervention énergique de la France. C’est ainsi qu’a été votée, sous l’impulsion du président Chirac, une nouvelle résolution des Nations unies imposant un cessez-le-feu, le 14 août, et permettant de parvenir à un règlement renforçant l’armée libanaise, dans lequel les pays de l’Union européenne en particulier sont en train de s’investir militairement, en envoyant leurs troupes au Liban sud.
Un mouvement analogue s’était produit en mars 2005 suite à l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, les grandes manifestations au Liban réclamant le départ des troupes syriennes du pays ayant été fortement soutenues par les Libanais de l’étranger, pour obtenir effectivement le retrait demandé, un mois plus tard, ainsi que l’ouverture d’une enquête internationale qui poursuit son cours.
Pour renforcer la stature du Liban à la lumière d’une conjoncture internationale favorable, il convient aujourd’hui de restructurer l’émigration libanaise en réactivant les diverses associations et clubs d’émigrés, comme l’Union libanaise culturelle mondiale, en proie à des différends internes, reflétant la situation politique locale telle qu’elle était durant les trente années d’occupation ainsi que le clivage confessionnel qui parfois ralentit l’élan de la reconstruction. Le réseau des ambassades et consulats libanais peut fortement aider dans ce sens, en se montrant particulièrement actif comme l’ambassade du Liban en France ou le consulat du Liban à San Diego aux Etats-Unis, ainsi que les universités au Liban, en ouvrant des départements consacrés à l’émigration comme celui de la NDU (Notre Dame University).
Le Liban peut également bénéficier d’un support de haute importance : il s’agit de la filière francophone, englobant en premier lieu les pays francophones eux-mêmes à commencer par la France, ainsi que toutes les institutions qui lui sont liées comme l’Alliance Française. En effet, une élite non négligeable de l’émigration libanaise, de par les relations historiques liant le Liban à la France, fréquente ces établissements répartis sur tous les continents, et pourrait ainsi créer une dynamique de rassemblement des Libanais d’origine autour de leur cher pays.
La Francophonie servira ainsi de mode de transmission de l’information (journaux, revues, livres, sites Internet, émissions radio et télévision) et de l’action culturelle libanaise (conférences, concerts, dîners-débats, soirées de gala, spectacles grand public, cinéma, théâtre, échanges universitaires) à travers le monde, et ouvrira la porte à une renaissance du Liban en s’associant aux pays anglophones, hispanophones, lusophones et autres, où sont bien implantés et intégrés les descendants de Libanais.