 |
| Crédit photo: AFP |
"Notre étendard c'est notre foi et nous n'avons pas peur de leurs armes. C'est une partie décisive qui va se jouer entre nous et Hassan Nasrallah", (le chef du Hezbollah) affirme à l'AFP un homme qui a Tripoli se présente comme un ancien militaire "expérimenté au combat", jurant aussi qu'il est "prêt à trancher la tête de quiconque touche à un cheveu de sunnite". Les combats au lance-grenades, au mortier et au fusil ont éclaté la semaine dernière dans des quartiers du nord de la ville, à Bab al-Tebbaneh, un secteur sunnite, et à Jabal Mohsen, où vivent les Alaouites. Ici, la rue de Syrie fait figure de ligne de démarcation. Avant la guerre civile (1975-90), c'était le cœur battant d'une ville où les populations étaient mélangées. Le "tri" s'est alors effectué automatiquement, dit Tarek Djoudi, un sunnite de 56 ans. Les Alaouites, venus bien longtemps auparavant de Syrie, ont pris possession de la colline de Jabal Mohsen et les sunnites se sont regroupés dans la plaine à Bab al-Tebbaneh.
De part et d'autre de la rue de Syrie, les traces de la guerre civile s'affichent encore, avec des immeubles en ruines jamais reconstruits. Aujourd’hui, à ces traces s’ajoutent celles des affrontements de la semaine dernière. Raed Osman, 28 ans, n'a pas balayé les débris de verre qui jonchent l'entrée de son épicerie et dont la vitrine porte des impacts de balles. Syrien mais sunnite, il doit vivre avec ce cruel dilemme. "Les Alaouites se méfient de moi parce que je suis sunnite, et les sunnites parce que je suis Syrien", explique-t-il.