Les frictions s’accentuent
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Maha, 36 ans, serre le bras de son fils alors qu'elle s'aventure dehors pour la première fois depuis des jours. Elle regarde les dégâts dans la rue. "Tout ce que je ressens, c'est l'injustice de tout ça, dit-elle. Qu'est-ce qu'on leur a fait? On ne les a jamais attaqués". Les équipes de nettoyage balaient les bris de verres et de fenêtres qui jonchent les trottoirs devant les échoppes endommagées.
L'armée a été largement déployée dans les zones sunnites touchées par les combats. Nombre de routes, dont celle conduisant à l'aéroport, restent bloquées avec des monticules de sacs de sable et des barrages routiers installés par des partisans de l'opposition, soutenue par la Syrie et l'Iran. Une femme chiite, mariée à un sunnite, se dit tellement dégoûtée par les actes de la fin de la semaine passée qu'elle est prête à se convertir. Parlant sous le couvert de l'anonymat, elle raconte sa peur quand des partisans de l'opposition circulant en voiture ont ralenti à sa hauteur dimanche, tandis que les haut-parleurs du véhicule diffusaient un discours d'Hassan Nasrallah, leader du Hezbollah.
Tout comme elle, beaucoup craignent qu'il faille longtemps aux Libanais pour dépasser le ressentiment causé par les récents évènements. "Les tensions et les frictions s’accentuent entre les différentes communautés", estime Abdel Karim Sherri, 78 ans, qui vit dans le quartier mixte de Ras el-Nabeh. Comme pour illustrer cette opinion, Rajaa exprime un avis tranché : "Nous étions des frères. Maintenant, nous sommes ennemis."
Ali, 61 ans, un chiite originaire du sud du Liban, partage les inquiétudes de ses compatriotes sur le besoin de trouver une manière de s'entendre. Mais il estime qu’il ne faut pas perdre de vue que l’ennemi "le plus important, c’est l'ennemi sioniste", faisant allusion à la guerre livrée par le Hezbollah contre Israël à l'été 2006, qui avait laissé le pays détruit.