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Après le clash, la tension couve à Beyrouth entre sunnites et chiites
BEYROUTH, Par Rima Abushakra
Le 11 mai 2008
 
Alors que le calme était revenu dimanche dans les rues de l'ouest de la capitale, une colère sourde était palpable et les craintes d'une rupture irrémédiable entre sunnites et chiites visibles.
 

reportage
Crédit photo: AFP
Depuis 30 ans, Rajaa, une Libanaise sunnite de 55 ans habitant le quartier Caracol el-Druze, s'approvisionnait en fruits et légumes en face de chez elle, auprès d'Hassan, un épicier chiite. Aujourd'hui, après la flambée de violence, elle a décidé qu’elle ne traverserait plus cette rue de l'ouest de Beyrouth, et qu’elle ne lui achèterait plus rien. "Je ne vais plus traiter avec eux (les chiites), lâche-t-elle. Tout a changé. Ils nous ont terrifiés et assiégés, ils ont insufflé la haine dans nos cœurs", dit-elle.

"Le feu couve sous les cendres", estime l'avocat Malek Owaydat, 72 ans, en allusion à la haine grandissante entre les deux communautés musulmanes au lendemain des violences qui ont fait trente-cinq morts et qui ont vu l'opposition, menée par le puissant parti chiite Hezbollah, prendre le contrôle de Beyrouth-Ouest. "Dites au monde entier de nous envoyer des bateaux pour quitter le pays. Nous ne pouvons plus vivre ici à présent", ajoute son ami, Nabil Zaydan, qui confie : "Nous avons peur de parler maintenant. C'est comme au temps où les Syriens étaient ici". Zaydan vit dans le quartier à majorité sunnite de Tarik al-Jdidé, aux rues aujourd’hui désertées.

Alors que les militants armés semblent s'être volatilisés, des groupes de jeunes hommes paradent dans les rues, sans arme apparente. "Ils sont toujours là. A la minute où on leur en donnera l'ordre, ils se précipiteront à nouveau dans les rues", affirme Toufik Itani, 70 ans, assis au coin d'une rue, dans le quartier de Mar Elias, théâtre mercredi de violents affrontements entre sunnites et chiites.
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