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La grève attise la querelle politique libanaise
BEYROUTH, Par Rima Abushakra
Le 07 mai 2008
 
Pneus et poubelles brûlés, routes bloquées, premiers heurts et interventions de soldats: l'activité a presque cessé mercredi à Beyrouth en raison d'une grève générale qui s'est transformée en confrontation entre partisans des camps politiques rivaux.
 

reportage
Crédit photo: AFP
Dans le district de Corniche al-Mazraa, des partisans d'un pilier de la majorité antisyrienne, Saad Hariri, et ceux du mouvement Amal (opposition) se font face, séparés par trois blindés et plusieurs véhicules militaires. Les deux camps, où apparaissent des jeunes cagoulés, s'échangent insultes et slogans hostiles. "Ce n'est pas une manifestation d'ordre économique, c'est une tentative de renversement du gouvernement", accuse Osman, 27 ans, qui soutient le cabinet du Premier ministre Fouad Siniora. "S'ils essayent de renverser le gouvernement, c'est la guerre civile. Nous devons protéger notre quartier", assure-t-il.

Mais, en face, on explique cette grève générale par la hausse des prix et le besoin de revaloriser le salaire minimum. "Les prix sont trop élevés, nous ne pouvons plus vivre et nous devons faire quelque chose", explique Ali, 21 ans, assurant qu'"ils (les partisans de la majorité) gagnent plus d'argent que nous". "Une boîte de lait pour bébé, qui valait 17.000 livres libanaises (un peu plus de 11 dollars) coûte désormais 31.000 livres (20 USD)", souligne le jeune homme. "En fait, on attend la bagarre", lâche son ami Hussein, 19 ans, car sous l'inquiétude économique percent les tensions entre majorité et opposition, dans un pays paralysé par la crise politique depuis plus d'un an.

Dans divers quartiers, de premiers heurts ont été signalés par des correspondants de l'AFP, ainsi des jets de pierres dans le secteur mixte de Corniche al-Mazraa, où l'armée est intervenue en tirant en l'air. Dans les quartiers de Ras el-Nabeh et Noueiri, près du centre-ville, des coups de feu ont été tirés. Des tirs de roquettes de type RPG ont été entendus, selon les télévisions. Même si les magasins ont laissé leur rideau baissé, certains Beyrouthins tentaient de rejoindre leur travail.
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